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22/12/2014

Au ciel - L'angelus

c'est ici

07:17 Publié dans Marie, vidéos | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

21/12/2014

Pater chanté en araméen

c'est ici

Je dédie ce chant aux chrétiens orientaux persécutés par Daech. Que le Seigneur les assiste dans cette épreuve. Que ces frères persécutés prient pour nous, chrétiens tièdes d' Occident.

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20/12/2014

Litanies à la Vierge

C'est ici

09:12 Publié dans Avent, Marie, Prières | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : litanies, ave maria | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

18/12/2014

Thérèse de Lisieux et la Grande Guerre - 09 suite et fin

Textes tirés du livre :" Thérèse de Lisieux ou La Grande Saga d'une Petite Sœur "Auteurs : Bernard GOULEY - Rémi MAUGER - Emmanuelle CHEVALIER - Éditions Fayard 1997

 

94-96

L'exhumation est l'un des derniers actes de procédure et le procès apostolique peut être clos par Mgr Lemonnier le mardi 30 octobre 1917 dans la cathédrale de Bayeux.

"Au bas du chœur, précise La Dépêche de Lisieux du 3 novembre, une grande table de chêne sculpté. Tout autour, 17 sièges au dossier de velours vert sont réservés aux membres du tribunal. A la croisée du transept, le grand séminaire et un certain nombre d'invités ; dans la grande nef, une centaine de fidèles viennent s'asseoir. C'est le public. La scène est curieuse et grandiose. Sous les hautes voûtes gothiques d'où la lumière blafarde descend à profusion, jamais pareil tribunal n'avait siégé...

Il s'agit de juger la vie et les vertus de sœur Thérèse dont la gloire est devenue mondiale et qui, en cette guerre, a joué un rôle insoupçonné du grand public et pourtant affirmé par tant de témoins... C'est une morte qu'on juge. Devant les tribunaux laïques, le décès interrompt l'action judiciaire. Ici, c'est le contraire..."

Dans cette cérémonie, il s'agit de vérifier et de sceller le dossier du procès - deux mille cinq cents pages ! - qui va être porté solennellement à Rome. La chose faite, Mgr Lemonnier précise, dans son allocution finale, qu'il a désiré que la séance de clôture ait lieu dans sa cathédrale, témoin depuis neuf cents ans des grands événements de la vie religieuse diocésaine. Et de conclure : "Il ne m'appartient pas d'appeler sœur Thérèse une "sainte" ; mais c'est tout au moins une âme fort agréable à Dieu. Qu'elle veuille employer son crédit auprès du Seigneur pour obtenir le progrès de la religion dans ce diocèse ! D'une manière toute spéciale je lui recommande  le recrutement et la formation de mon clergé, ainsi que la conservation, pour le corps et pour l'âme, de ceux de mes prêtres et de mes séminaristes que le malheur de cette terrible guerre retient si longtemps sous les armes..."

Une semaine plus tard, le mardi 7 novembre 1917, Mgr Lemonnier quitte Paris pour Rome via Modane. Le 11 il est reçu en audience privée par Benoît XV. " Le Pape, annonce La Semaine religieuse de Bayeux, s'est montré très bienveillant, très affectueux pour l'évêque de Bayeux. Celui-ci n'a pas manqué, au cours de l'audience, de parler avantageusement de la France et d'appeler sur notre pays la sympathie, acquise d'avance d'ailleurs, du Souverain Pontife".

A vrai dire, les appels répétés du Pape en faveur de la paix étaient l'objet de vives critiques en France. 1917, " l'année terrible", est l'année de la saignée du chemin des Dames, des mutineries de l'armée française, des procès pour trahison. Le pays est à bout de forces et parler de paix n'est pas bon pour le moral... D'où l'insistance de La Semaine religieuse à mentionner que le climat est au beau fixe entre Benoît XV et la France.

Cinq jours après l'audience pontificale, Clemenceau est appelé à la présidence du Conseil. Il redressera la nation et la mènera à la victoire.

Mgr Lemonnier visitera les cardinaux, s’entretiendra avec Camille Barrère, ambassadeur de France auprès du roi d'Italie (les relations diplomatiques entre la République et le Saint-Siège ne seront établies qu'après la guerre), remettra le dossier du procès à la Congrégation des rites, sera de nouveau reçu par le Pape, puis regagnera Bayeux, où il arrivera le mardi 20 novembre.

Ainsi se termine la partie française du procès. Elle aura duré 10 ans et aura été remarquablement courte...tant la ferveur populaire aura pressé les procédures !

 

 

Liens :

Thérèse de Lisieux ou La Grande Saga d'une Petite Sœur : ici

Nous les Poilus. Plus forte que l'acier (Éditions du Cerf, mai 2014)  : ici

 

 

 

 

07:00 Publié dans Thérèse de Lisieux | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

17/12/2014

17-23 décembre : Grandes "O" de l'Avent

Venant du grec αντιφωνη, le mot « antienne » signifie chant alternatif. Les grandes antiennes « Ô », en latin antiphonae majores, en anglais Great O antiphons et parfois « anthems1 », appelées aussi Antiennes de Magnificat (antiphonae super magnificat) parce qu'elles sont chantées avant et après le Magnificat, après le Rorate aux Vêpres dans la semaine précédant la nativité ou fête de Noël2. Lire la suite de cet article ici (wikipedia)

 

 

17 décembre : O Sapientia

   pour écouter : ici

18 décembre : O Adonai

   pour écouter : ici

19 décembre : O Radix lesse

   pour écouter : ici

20 décembre : O Clavis David

   pour écouter : ici

21 décembre : O Oriens

   pour écouter : ici

22 décembre : O Rex gentium

   pour écouter : ici

23 décembre : O Emmanuel

   pour écouter : ici

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Faire oraison 03. Le conseil du vieux curé

Texte tiré de "Présence à Dieu" Henri Caffarel - 100 lettres sur la prière - Éditions Parole et Silence. pp 15-16

Le livre sur le site de l'éditeur : ici

 

 

J'ai rencontré voici peu un paysan savoyard qui, outre son travail professionnel, assume d'importantes responsabilités dans les organismes agricoles. On m'avait parlé de son rayonnement chrétien assez exceptionnel. Nous faisons connaissance, nous nous présentons mutuellement  nos activités. Quand je lui parle des Cahiers sur l'oraison, son intérêt visiblement redouble. Devinant que sa réaction m'intrigue, il vient au-devant de ma curiosité.

"Quand j'étais jeune, je servais souvent la messe du vieux curé de notre village. Un curieux homme, rude, bourru, silencieux, qu'on redoutait un peu, qu'on aimait ou plutôt qu'on vénérait beaucoup. Qu'on hésitait à aborder dans la vie courante, mais qu'on allait aussitôt consulter en cas d'épreuve, dans son presbytère plus dépouillé qu'une cellule de moine. Il passait des heures entières à l'église, en prière. Un jour - j'avais environ quatorze ans - je lui dis :

- Moi, aussi je voudrais savoir prier, monsieur le Curé.

Il a dû alors se passer quelque chose d'extraordinaire en lui car il a souri d'une façon que les mots ne peuvent traduire, lui qu'on ne se rappelait pas avoir vu sourire. J'ai pensé depuis qu'il avait prié toute sa vie pour qu'un jour quelqu'un lui posât cette question. Tellement il paraissait heureux, j'ai cru qu'il allait me parler un long moment, là, dans la sacristie, où flottait une vague odeur d'encens. Je ne peux malheureusement pas vous rendre son regard clair, d'une intense pureté ; du moins vous citerai-je textuellement sa réponse ; elle tient en quelques mots :

- Quand tu vas vers Dieu, petit, pense très fort qu'il est là et dis-lui : Seigneur, je me mets à votre disposition.

Et sur un ton bourru habituel il enchaîna :

- Allons, dépêche-toi de ranger ta soutane.

J'ai compris par la suite que sa brusquerie, c'était de la pudeur.

Ce jour-là j'avais appris à prier. Et il va y avoir quarante ans que chaque jour je fais oraison en me mettant "à la disposition de Dieu."

 

Avouez que ce récit vaut bien toute une conférence sur l'oraison. Alors, dispensez-moi de vous écrire plus longuement aujourd'hui. Mais essayez de comprendre ce que signifie : être à la disposition de Dieu. Ça va loin. Il faut commencer par renoncer à disposer de soi. Puis se déposséder de soi-même. S'abandonner tout entier  à Dieu, remettre à sa discrétion, à son pouvoir, à son pouvoir discrétionnaire, son corps, son intelligence, son cœur, sa volonté, sa vie, afin qu'il en dispose à son gré. 

Mais à quoi bon tenter d'expliquer ? Ce ne sont pas les mots qui peuvent faire comprendre. Priez le vieux curé, qui ne doit plus être bourru maintenant qu'il a trouvé Celui qu'il cherchait, de vous obtenir la grâce d'être à la disposition de Dieu.

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14/12/2014

3e dimanche de l'Avent - année B

Homélie du Père M-J Le Guillou, O.P (Ordre des frères Prêcheurs)

Réf  des textes : Is 61, -2a. 10- 11  1 Thess 5, 16-24     Jn 1, 6-8.19-28

Ce texte est extrait du livre "Seigneur, rien n'est plus vrai que ta parole" (Éditions Parole et Silence) Homélies pour l'année B. Ce livre est malheureusement épuisé.

Un livre pour connaître le père Le Guillou ici

 

Les trois lectures que l’Église, en ce dimanche, nous demande de méditer sont comme trois appels à la joie. Saint Paul nous dit : " Frères, soyez toujours dans la joie, priez sans relâche, rendez grâce en toutes circonstances : c'est ce que Dieu attend de vous dans le Christ Jésus". C'est le cri de Paul, c'est le cri d'un homme qui a passé sa vie sur les routes du monde et qui a subi tant de difficultés et de souffrances.

Et pourtant c'est le même qui nous dit : " Soyez toujours dans la joie " La joie est le signe que la nature a atteint son but et alors tout s'éclaire à sa lumière divine : " Que le Dieu de la paix lui-même vous sanctifie tout entiers et qu'il garde parfaits et sans reproche votre esprit, votre âme et votre corps pour la venue de notre Seigneur Jésus Christ."

Nous sommes en marche vers Noël et nous devons comprendre qu'au plus profond de ce mystère, il nous faut recevoir la connaissance de Dieu que Jésus Christ veut pour nous. " N'éteignez pas l'Esprit, ne repoussez pas les prophètes, mais discernez la valeur de toute chose. Ce qui est bien, gardez-le ; éloignez-vous de tout ce qui porte la trace du mal... Il est fidèle le Dieu qui vous appelle : tout cela il l'accomplira."

Le Seigneur nous demande la joie de la fidélité qui jaillit de notre adhésion à la volonté de Dieu, à la volonté toute puissante qui repose dans le cœur du Christ et qu'il nous a transmise.

Le Seigneur nous demande de nous appuyer sur la vérité de Dieu. Et l’Église veut nous dire ce que Jean-Baptiste dit clairement : il n'est pas le Seigneur : " Voici quel fut le témoignage de Jean-Baptiste quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander : " Qui es-tu ? " Il le reconnut ouvertement, il déclara : " Je ne suis pas le Messie." Ils lui demandèrent : "Qui es-tu donc ? es-tu le prophète Élie ? il répondit : Non. Alors, es-tu le grand prophète ? Il répondit : Ce n'est pas moi." On constate facilement la force de son non : il dit la vérité.

Jean-Baptiste est une figure extraordinaire du début du christianisme. Il est chargé d'annoncer la venue du Seigneur et de l'Esprit-Saint : " Moi, je baptise dans l'eau. Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas : c'est lui qui vient après moi, et je ne suis même pas digne de défaire la courroie de sa sandale." C'est là qu'éclate la grandeur de Jean-Baptiste. Il disparaît derrière son Maître, celui qu'il annonce afin que la vraie présence du Christ se manifeste.  

Jean-Baptiste ne baptise pas comme le Christ baptisera dans l'Esprit- Saint et le feu. L'Esprit-Saint est toute lumière et toute fidélité. Nous avons à découvrir avec Jean-Baptiste la vérité de Dieu. Jean-Baptiste est le témoin de la lumière mais il n'est pas la lumière. Jésus baptisera d'une tout autre manière avec l'Esprit-Saint que le Père lui donne, avec l'amour même de Dieu. 

C'est ce qui fait que le texte d' Isaïe, que nous avons en première lecture, est si important : " L'Esprit du Seigneur Dieu est sur moi parce que le Seigneur m'a consacré par l'onction. Il m'a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres... Je tressaille de joie dans le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu." Ce que le Seigneur nous demande, c'est d'avoir au cœur cette paix, cette joie immense qui est la joie de Dieu. Tout s'oriente vers la joie.  L’Évangile est un évangile de joie car c'est la bonne nouvelle, oui c'est la joie de la bonne nouvelle. Dans l’évangile, "ne crains pas" revient souvent. C'est la présence de Celui qui est le Tout-Puissant et qui veut nous manifester son amour. " Il m'a enveloppé du manteau de l'innocence, il m'a fait revêtir  les vêtements du salut, comme un jeune époux se pare du diadème, comme une mariée met ses bijoux." Il ne peut y avoir pour chacun d'entre nous plus beau souhait que celui-là.

Nous avons à demander au Seigneur la transformation de notre être  mais à condition d'accepter  l'amour de Dieu tel qu'il se manifeste. C'est un abaissement de l'être de Jésus-Christ en notre faveur. De cette reconnaissance jaillit la joie, la joie qui ne se donne pas comme si on pouvait l'acheter mais la joie qui se donne gratuitement et librement, la joie qui  absorbe toutes nos inquiétudes et qui fait, comme le dit saint Paul, que nous rendons grâce en toutes circonstances. Cela peut paraître insensé, c'est pourtant la vérité.

Nous attendons de vivre cette action de grâce en plénitude mais toute Eucharistie est la préfiguration de cette action de grâce. En ce temps préparatoire à Noël, je ne puis vous dire qu'une chose  : soyez dans la joie de Dieu malgré la souffrance du monde, malgré les difficultés quotidiennes, malgré tout ce qui peut se passer. Le Seigneur est là, dans sa transparence, dans sa paix qui est au-delà de tout et qui garde notre cœur et notre intelligence dans le Christ Jésus.

"Le Seigneur vient !" Ce n'est pas une formule littéraire. Il s'est engagé, il est venu dans le Christ, il reviendra dans la gloire. Et nous serons avec lui. Pensez-vous souvent à cette rencontre que nous aurons chacun d'entre nous avec le Seigneur ? Elle doit commencer dès maintenant. Demandons au Seigneur d'entrer dans sa paix qu'on ne peut imaginer, qui dépasse toute espérance. Le Seigneur est plein de bonté et de miséricorde. Il nous aime et nous donne d'être fidèles. Que notre sérénité soit connue de tous les hommes. Le chrétien est un signe par sa simplicité et sa vérité dans le mystère de Dieu. Nous connaissons Dieu, nous avons fait l'expérience de Dieu. A nous de nous laisser emporter par ce don du Seigneur, alors nous rendrons grâce à Dieu en toutes circonstances et nous ne serons inquiets de rien. Amen.

07:34 Publié dans Année liturgique B, M-J Le Guillou | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

09/12/2014

Faire oraison 02. Vous êtes attendu

Texte tiré de "Présence à Dieu" Henri Caffarel - 100 lettres sur la prière - Éditions Parole et Silence. 

Livre chez l'éditeur ici

[9-10]

Une sensation de détresse nous saisit lorsque, à notre arrivée dans une ville inconnue (au port, à la gare, à l'aéroport), personne n'est là pour nous attendre. En revanche, si un visage joyeux vous accueille, si des mains se tendent vers nous, nous voilà aussitôt merveilleusement réconfortés, délivrés de la cruelle impression d'être égarés, perdus. Qu'importe, alors, ces coutumes, cette langue, toute cette grande ville déconcertante : nous supportons très bien d'être pour tous un étranger du moment que, pour quelqu'un nous sommes un ami.

Réconfortant aussi de découvrir chez nos hôtes qu'ils nous attendaient. Parents et enfants n'ont pas à dire grand chose pour que nous devinions : leur accueil, une certaine qualité d'empressement suffisent. Et dans notre chambre ces quelques fleurs, ce livre d'art (parce qu'on connaît nos goûts) achèvent de nous en persuader.

Je voudrais, cher ami, qu'en allant à l'oraison vous ayez toujours la forte conviction d'être attendu par le Père, par le Fils et par l'Esprit Saint, attendu dans la famille trinitaire. Où votre place est prête : rappelez-vous en effet, ce que le Christ a dit : "Je vais vous préparer une place." Vous m'objecterez peut-être qu'il parlait du ciel. c'est vrai. Mais l'oraison, justement, c'est le ciel, du moins ce qui en est la réalité essentielle : la présence de Dieu, l'amour de Dieu, l'accueil de Dieu à son enfant. Le Seigneur toujours nous attend.

Mieux : à peine avons-nous fait  quelques pas que, déjà, il vient à notre rencontre. Souvenez-vous de la parabole : "Comme il était encore loin, son père l'aperçut, fut touché de compassion, courut se jeter à son cou et l'embrassa longuement." Et pourtant ce fils avait gravement offensé son père. Il n'empêche qu'il était attendu, impatiemment.

 

07:00 Publié dans Henri Caffarel, Prier | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

06/12/2014

Deuxième dimanche de l'Avent - année liturgique B

Homélie du Père M-J Le Guillou, O.P (Ordre des frères Prêcheurs)

Réf  des textes : Is 40, 1 - 11    2 Pierre 3, 8-14       Mc 1, 1-8

Ce texte est extrait du livre "Seigneur, rien n'est plus vrai que ta parole" (Éditions Parole et Silence) Homélies pour l'année B. Ce livre est malheureusement épuisé.

(Un livre pour connaître le Père Le Guillou : lien ici)

 

 

L’Église nous donne aujourd'hui des textes de l’Écriture qui nous mettent dans un climat de fête et de joie. Ceux-ci nous rappellent tout de suite la joie que le Seigneur nous donnera et nous demandera d'avoir dans nos cœurs quand il nous quittera pour aller vers son Père.

Dans le livre d'Isaïe, il y a un appel à dépasser tout ce qu'il y a de négatif pour retrouver la splendeur du mystère de Dieu : " Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu. Parlez au cœur de Jérusalem et proclamez que son service est accompli, que son crime est pardonné " ou encore : " Comme un berger, il conduit son troupeau : son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son cœur". Il n'y a pas de plus belles formules qui puissent nous donner la joie.

Le temps de l'Avent n'est pas un temps de tristesse mais un temps de joie qui s'ouvre sur la fête de Noël et le retour du Christ qui mettra en pleine lumière la gloire de Dieu au cœur du monde, comme nous l'annonce Isaïe : " La gloire du Seigneur se révèlera et tous en même temps verront que la bouche du Seigneur a parlé." Il faut donc que notre joie soit vivante et qu'elle  se développe constamment. Cette joie est personnifiée par Jean Baptiste qui proclame un baptême de conversion pour le pardon des péchés.

Un baptême de conversion. Conversion et joie vont ensemble. La conversion consiste à retourner son cœur comme un gant pour pouvoir, comme nous dit saint Marc : " Préparez le chemin du Seigneur et rendez droits ses sentiers". Cette invitation  est un appel à répondre au salut que le Seigneur vient nous apporter. Car si tout nous est donné merveilleusement par le Seigneur, il nous est demandé de nous engager dans son mystère. Il faut engager le tout de nos êtres, le tout de nos possibilités.

Nous avons à dire au Seigneur que nous le suivons et que nous sommes à lui : " Moi, je vous ai baptisé dans l'eau ; lui vous baptisera dans l'Esprit-Saint". Quelle formule étonnante ! Mais quelle merveilleuse aventure que celle du chrétien qui découvre le salut de Dieu et l'action du Seigneur dans sa vie ! Nous sommes des êtres habités par Dieu qui ne demande qu'à venir habiter en nous encore encore plus profondément. Nos difficultés doivent disparaître pour qu'apparaisse le mystère du Seigneur.

C'est à cette  condition que la joie du Seigneur transparaîtra dans nos  vies, qu'elle s'épanouira  comme elle l'a fait en Pierre qui montre dans sa lettre une tendresse infinie pour les membres de sa communauté.

Pierre emploie une formule étonnante pour que tous entrent dans la vraie connaissance du Seigneur et la parfaite clairvoyance de ce qu'ils doivent faire : " Frères  bien aimés, il y a une chose que vous ne devez pas oublier : pour le Seigneur un seul jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un jour. Le Seigneur n'est pas en retard  pour tenir sa promesse, comme le pensent certaines personnes ; c'est pour vous qu'il patiente : car il n'accepte pas d'en laisser quelques-uns se perdre ; mais il veut que tous aient le temps de se convertir... Dans l'attente de ce jour, frères bien-aimés, faites donc tout pour que le Christ vous trouve nets et irréprochables, dans la paix."

Nous sommes des êtres habités par Dieu et nous avons besoin de la connaissance de tout son amour qui nous emporte dans son cœur : c'est à ce niveau qu'il nous faut vivre. 

Nous marchons vers le jour du Christ c'est-à-dire vers le jour où Dieu nous délivrera totalement de ce corps de mort pour nous livrer à sa plénitude et à sa joie. Dès maintenant, il nous faut devenir des êtres nouveaux comme le dit saint Irénée : " En s'apportant lui-même, il a apporté toute plénitude". C'est cette plénitude de justice, cette plénitude d'amour, cette plénitude de connaissance que nous demanderons au Seigneur. 

J'aime souligner l'amour de Dieu qui habite  ces témoins vivants que sont les apôtres Pierre, Paul, Jacques ou Jean : ils doivent être pour nous plus proches que tout au monde dans le Christ. Il faut les découvrir dans la lumière du Seigneur car nous faisons partie du même mystère. 

 

Oui, nous sommes engagés dans le même mystère et la gloire du Seigneur se révèlera. Nous avons à chanter Dieu, à le louer, à le bénir. Béni soit le Père de notre Seigneur Jésus-Christ qui nous a bénis de toutes sortes de bénédictions spirituelles dans les cieux (cf Eph 1).   Bénissons en ce temps d'Avent. Bénissons le Seigneur pour tout ce qu'il a fait, tout ce qu'il va faire en en sa venue ici-bas et pour sa seconde venue lorsqu'il viendra nous prendre pour transformer nos corps. 

Demandons au Seigneur le pardon de nos péchés et ouvrons-nous à la miséricorde infinie de Dieu qui dépasse  tout ce qu'on peut imaginer en nous révélant son vrai visage. Tout ravin sera comblé. Tout homme verra le salut de Dieu. On ne peut mieux dire.

Que le Seigneur nous aide à prier pour le salut du monde, pour le triomphe de son amour qui nous appelle à une intelligence plus vraie du mystère du Christ. Nous dépendons de son mystère ; notre vocation est d'aimer le Christ du plus profond de notre cœur.

Que la joie et la paix du Christ soient dans votre cœur et vous verrez que le Seigneur est là dans une présence infinie, celle même de l'amour. Amen !

 

19:37 Publié dans Année liturgique B, M-J Le Guillou | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

03/12/2014

Thérèse de Lisieux et la Grande Guerre (8)

Textes tirés du livre : " Thérèse de Lisieux ou La Grande Saga d'une Petite Sœur " Auteurs : Bernard GOULEY - Rémi MAUGER - Emmanuelle CHEVALIER - Éditions Fayard 1997

 

 suite du post 7

 

93-94

La procédure exigeait, comme le premier procès, la "reconnaissance anatomique" des restes de Thérèse. La seconde exhumation eut lieu de vendredi 10 et samedi 11 août 1917. Bien qu'elle n'eut pas été annoncée publiquement, la foule envahit le cimetière : la rumeur s'était répandue dans la ville, des fossoyeurs et des menuisiers préparant la châsse ayant parlé. Mgr Lemonnier et les membres du tribunal, tous en habits de chœur, arrivèrent le vendredi en fin d'après-midi, sous une pluie d'orage, rythmée par le tonnerre et les éclairs. La tombe avait été ouverte jusqu'au mur de briques fermant le caveau. L'évêque fit constater que la sépulture n'avait pas été violée, enfin les fossoyeurs prêtèrent le serment d’exécuter fidèlement  leur travail et ouvrirent complètement le caveau. Avant de sortir le cercueil, le prélat fulmina au nom du Pape une sentence d'excommunication contre quiconque oserait "enlever ou ajouter quelque chose au corps, aux vêtements ou au cercueil de la servante de Dieu".

Le cercueil hissé sur le terre-plein (la pluie s'arrêta à ce moment précis, disent les témoins) portait des traces de sept années de séjour dans la terre : il était bruni mais pas endommagé. Le couvercle enlevé, on aperçut le cercueil de plomb scellé en 1910 par Mgr Lemonnier et Mgr de Teil (photo ici). "A ce moment, rapporte La Semaine religieuse de Bayeux, un jeune Canadien mobilisé put, en qualité d'Allié lui dit Mgr Lemonnier, photographier la scène. Aussitôt après le cercueil fut transporté jusqu'à la sortie de l'enceinte réservée où l'attendait le riche corbillard des premières classes. Alors ce fut un spectacle touchant, digne des plus beaux âges de la foi. On vit la foule, très calme jusqu'alors... se porter avec ardeur vers  le cercueil pour lui faire toucher à l'envi : chapelets, médailles, objets de piété de toutes sortes, et même casques de soldats, tout en ne cessant de garder (fait remarquable !) une attitude  religieuse irréprochable."

Le cercueil est placé sous une tente disposée dans la petite chapelle-dépositoire du cimetière dont la porte est scellée. A l'entrée, une toile abrite des gardiens chargés de veiller toute la nuit à la sécurité. Le samedi, la foule étant écartée, et en la seule présence de l'évêque et des juges, commence l'examen des restes par deux médecins assermentés, les Drs de Cornière et Loisnel. Le travail médical dure toute la journée : il faut reconstituer le squelette et apprécier l'état de chacun des ossements. Il manque une vertèbre, une côte et quelques petits os. 

Céline est présente. Elle est chargée, accompagnée d'une autre carmélite, de recueillir les ossements de sa sœur, de les envelopper dans des étoffes de lin ouvragées, liées par des rubans de soie, puis de les déposer dans le nouveau cercueil. 

Deux autres cercueils furent employés, précise La Semaine religieuse de Bayeux, "le second en plomb garni de draps blancs et le troisième, en bois de palissandre, de plusieurs centimètres d'épaisseur. Les carmélites avaient chargé la maison de Borniol de faire ce dernier cercueil en chêne mais, pour honorer sœur Thérèse, les fournisseurs voulurent lui faire hommage d'un cercueil en palissandre, moins orné que le coffre intérieur mais d'un travail fort apprécié et d'un goût très pur. " Rien n'est trop beau pour la sœur Thérèse" dit en le voyant, un ouvrier de Lisieux. Le mot traduit l'impression générale..." [note des auteurs : "Les informations de La Semaine religieuse ne sont pas rigoureusement exacte. En réalité, les ossements ont été déposés dans un coffret sculpté en chêne, capitonné de satin blanc ; le coffret a été placé dans un cercueil de plomb tapissé de drap blanc et le tout mis dans un sarcophage de palissandre."]

Le nouveau cercueil de Thérèse porté à bras d'hommes et suivi des autorités ecclésiastiques, de Mme La Néele (cousine de Thérèse) et d'une foule très nombreuse, fut ensuite inhumé dans le même caveau...

 

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01/12/2014

Faire oraison 01. En la maison du Seigneur

Texte tiré de "Présence à Dieu"  Henri Caffarel - 100 lettres sur la prière - Éditions Parole et Silence. 

 

[11-13]

Le Christ est venu. Il manifeste son amour pour Jérusalem, son respect pour la Maison du Père, mais en même temps il déclare que le temple de Salomon a perdu sa signification, qu'il doit disparaître. A l'heure de sa mort en croix, le voile du Saint des Saints se déchire, comme pour bien signifier que ce temple est maintenant désaffecté. Un temple nouveau, impérissable, "rebâti en trois jours", va le remplacer, le Temple de son Corps, de son Corps mystique. Là, et là seulement, les hommes désormais peuvent trouver Dieu.

Mais, qui est entré dans ce temple, à son tour devient la demeure de Dieu, Jésus nous l'a assuré : " Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole et mon Père l'aimera, et nous viendrons à lui et nous ferons chez lui notre demeure". (Jn 14,23)

Étonnante révélation : Dieu aurait déserté le temple de Salomon pour venir habiter l'âme des fidèles ? Oui. Saint Paul le dit explicitement : " Ne savez-vous pas que vous êtes un temple de Dieu ?" (1 Co 3,16) ; " C'est nous qui sommes le temple du Dieu vivant" (2 Co 6,16) Et ce terme de temple qui, pour nous, n'est guère évocateur, prenait sous la plume de l'Apôtre, élevé dans la vénération et l'amour du temple de Jérusalem, la plénitude de son sens. - A noter d'ailleurs que dans ces textes le mot traduit par temple le serait encore mieux par "Saint des Saints", ce centre du Temple, lieu de la présence divine.

Ainsi donc, Dieu est en nous, au cœur de notre être. Présent, vivant, aimant, actif. Là il nous appelle. C'est là qu'il nous attend pour nous unir à lui.

Dieu est là, mais c'est nous qui n'y sommes pas. Notre existence se passe à l'extérieur de nous-mêmes, ou du moins à la périphérie de notre être, dans la zone des sensations, des émotions, des imaginations, des discussions...dans cette banlieue de l'âme, bruyante et inquiète. Et s'il nous arrive de penser à Dieu, de désirer le rencontrer, nous sortons de nous-mêmes, nous le cherchons au-dehors, tandis qu'il est au-dedans. Nous ignorons les sentiers de notre âme qui nous conduiraient en la crypte souterraine et lumineuse où Dieu réside. Ou, si nous les connaissons, nous manquons de ce courage qui lançait les Juifs fervents sur les chemins de la Ville Sainte. Se rendre au centre de soi-même serait-il une entreprise plus ardue que d'aller à Jérusalem ?

L'oraison, c'est quitter cette banlieue tumultueuse de notre être, dont je parlais, c'est recueillir, rassembler toutes nos facultés et nous enfoncer dans la nuit aride vers la profondeur de notre âme. Là, au seuil du sanctuaire, il n'est plus que de se taire et de se faire attentif. Il ne s'agit pas de sensation spirituelle, d'expérience intérieure, il s'agit de foi : croire en la Présence. Adorer en silence la Trinité vivante. S'offrir et s'ouvrir à la vie jaillissante. Adhérer, communier à son Acte éternel.

Peu à peu, d'année en année, la pointe de notre être spirituel affinée par la grâce deviendra plus sensible à la "respiration de Dieu" en nous, à l'Esprit d'amour. Peu à peu nous serons divinisés, et notre vie extérieure alors sera la manifestation, l'épiphanie de notre vie intérieure. Elle sera sainte parce qu'au fond de notre être nous serons étroitement unis au Dieu Saint, elle sera féconde et des fleuves d'eau vive s'échapperont de nous parce que nous serons branchés sur la source même de la Vie.

Chers amis, voilà le "conseil essentiel" que vous réclamiez. Puisse t-il dans votre lointaine brousse vous guider à l'heure de l'oraison. Je le résumerai en quelques mots : faire oraison c'est se rendre en pèlerinage au sanctuaire intérieur pour y adorer le vrai Dieu.

Et si vous voulez que votre vie tout entière devienne une longue oraison, une vie en présence de Dieu, une vie avec Dieu, si vous voulez devenir des âmes d'oraison, sachez, au long du jour, rentrer souvent en vous-mêmes pour adorer le Dieu qui vous attend. Pas n'est besoin d'un long moment : une plongée d'un instant et vous revenez à vos tâches, à vos interlocuteurs, mais rajeunis, rafraîchis, renouvelés. 

Un humble frère convers carme du XVIIe siècle, Laurent de la Résurrection, qui avait atteint une haute vie spirituelle, aimait dire à ceux qui venait le consulter qu'il n'y a pas de moyen plus efficace pour arriver sûrement à une vie d'oraison continuelle et, ensuite, à une haute sainteté, que d'être fidèle à cette pratique. Écoutez-le : " Nous devons pendant notre travail et autres actions, même pendant nos lectures et écritures, quoique spirituelles, je dis plus : pendant nos dévotions extérieures et prières vocales, cesser quelque petit moment, le plus souvent même que nous pourrons, pour adorer Dieu au fond de notre cœur, le goûter quoique en passant et comme à la dérobée." 

 

 

 

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29/11/2014

1 er dimanche de l'Avent - Année liturgique B

Homélie du Père M-J Le Guillou, O.P (Ordre des frères Prêcheurs)

Réf  des textes : Is 63, 16 - 64,7    1 Co 1, 3-9       Mc 13, 33-37

Si vous voulez commander le livre c'est ici

 

"Le temps de l'Avent n'est pas un temps de tristesse"

 

Aujourd'hui, je voudrais vous délivrer un message de joie. Saint Paul nous y invite ainsi: "Que la grâce et la paix soient avec vous, de la part de Dieu notre Père et de Jésus-Christ le Seigneur." Nous avons donc à rendre grâce. Le temps de l'Avent n'est pas un temps de tristesse. C'est un temps d'attente de toutes les richesses du Seigneur, celles de la Puissance de sa Parole et celles de sa connaissance. Tout nous est donné dans le Christ  et par le Christ : aucun don spirituel ne nous manque et tout se révèlera au dernier jour. Mais en attendant, à l'évidence, nous bénéficions de la fidélité du Seigneur : elle est totale, elle est absolue. Dieu ne nous abandonne jamais puisqu'il nous a appelés à vivre en communion avec son fils Jésus-Christ notre Seigneur. Le temps de l'Avent nous demande de mieux percevoir la joie dans la fidélité du Seigneur, la joie dans son amour qui nous enveloppe et nous précède de partout.

Le Livre d'Isaïe met en relief la conscience  que nous devons avoir du péché : " Tu étais irrité par notre obstination dans le péché et pourtant  nous serons sauvés. Nous étions tous semblables à des hommes souillés, et toutes nos belles actions étaient comme des vêtements salis".

Pour être joyeux, il faut avoir en soi la conscience de notre péché et en même temps la conscience de l'Amour du Seigneur qui, dans sa fidélité, nous enveloppe de son amour. Nous avons besoin de lui pour découvrir notre misère, notre faiblesse, sinon, comme le dit Pascal : "Si tu voyais ton péché tu perdrais cœur". Il a raison. Voilà pourquoi Isaïe fait une demande à Dieu qui jaillit du fond de son cœur : "Ah ! si tu déchirais les cieux, si tu descendais". Et bien, le Seigneur a déchiré les cieux et il est descendu parmi nous. Il nous prend dans son mystère d'amour et de joie dont nous allons découvrir la profondeur dans la mesure où nous nous découvrons, comme le dit l’Écriture avec une certaine brutalité, des hommes souillés. Le Seigneur a besoin de venir en nous. Il vient à notre rencontre car c'est lui qui nous transforme.

Lorsque le Christ parle de sa venue, il insiste sur la veille : "Veillez donc, car vous ne savez pas quand le maître de la maison reviendra... Ce que je vous dis là, je le dis à tous : " Veillez". Nous pouvons nous appuyer sur les paroles du Seigneur pour découvrir à quel point nous avons à lui être présents, d'une présence d'amour, de joie et de paix. En ce temps d'Avent, je vous convie à découvrir la joie paradisiaque qui est dans le cœur du Seigneur. C'est celle du Christ allant à la Croix pour aller vers le Père. Il nous laisse avec ces paroles : "Je vous laisse la paix ; c'est ma paix que je vous donne" (Jn 14,27) et " Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète." (Jn 15,11) Il n'y a pas de plus beau témoignage que celui-là : le Seigneur nous  donne la joie de Dieu, la joie intérieure de la communion avec Dieu et il nous fait tenir solidement jusqu'au bout. Nous devons demander au Seigneur la grâce de lui faire don de notre liberté pour tenir solidement  puisqu'il nous donne sa grâce et sa paix, son amour et sa tendresse avec une prodigalité invraisemblable, dans un don toujours renouvelé. Le Seigneur n'est que don et amour : nous devons être là présents pour tous les hommes.

En ce temps d'Avent je voudrais que nous ayons dans le cœur la présence du monde entier et particulièrement des hommes qui ne sont pas chrétiens. Ceux-ci n'ont pas la Parole que le Seigneur a prononcée dans le monde et il dépend, peut-être de nous qu'ils l'entendent. Pour cela, il faut que les chrétiens témoignent de la Parole du Seigneur.

Demandons au Seigneur dans l'Eucharistie, une ouverture incessante à sa Parole, une découverte renouvelée de ce qu'il est. Veillez, réveillez-vous ! C'est le moment de découvrir ce qui fait la joie du Seigneur. Il est là, il est vivant, il aime chacun d'entre nous avec une tendresse incomparable puisque c'est celle de Dieu, donc de l'Amour. Chantons au Seigneur notre reconnaissance et demandons-lui la grâce  de communiquer le témoignage de sa paix, le témoignage de son don, le témoignage de son amour.

Soyons des hommes libérés par la Parole de Dieu, des hommes transfigurés par sa Parole, des hommes marqués par la Parole de Dieu au plus profond de leur être.

Dieu nous appelle et vient chercher chacun de nous à sa façon. Laissons-nous faire, intercédons les uns pour les autres.

Nous pouvons tout demander pour nos frères et nous sommes assurés que le Seigneur nous exaucera, je vous le promets. Alors soyons dans la joie et dans la paix. Amen !

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26/11/2014

Thérèse de Lisieux et la Grande Guerre (7)

Textes tirés du livre : " Thérèse de Lisieux ou La Grande Saga d'une Petite Sœur " Auteurs : Bernard GOULEY - Rémi MAUGER - Emmanuelle CHEVALIER - Éditions Fayard 1997

 

 suite du post 6

 

88-92

Second procès diocésain

17 mars 1915 : l'offensive de Champagne lancée par l'armée française dans l'espoir de percer le front figé dans les tranchées depuis l'automne 1914 est en passe d'échouer. Les fantassins, lancés sans préparation d'artillerie suffisante contre les barbelés et les mitrailleuses, ont subi de lourdes pertes dont l'opinion ne connaît pas le chiffre...

Ce même jour, un mercredi, Mgr Lemonnier ouvre dans la sacristie de la cathédrale de Bayeux le procès apostolique, nouvelle étape de la béatification de Thérèse.

On se souvient que le premier procès, dit "procès informatif ordinaire", s'était tenu en 1910 et 1911. Ses conclusions avaient été adoptées par Pie X, le 10 juin 1914, peu de jours avant sa mort. Un télégramme du Vatican en avait informé mère Agnès, qui écrivait aussitôt à ses amis romains : " Nous avons maintenant reçu toutes les pièces nécessaires au procès. J'espère que notre évêque ne va pas aller moins vite que Rome. Notre chère petite servante continue à faire beaucoup de bruit, elle qui était si cachée, si modeste sur la terre !!!"

Pourquoi un nouveau procès ? Celui de 1910 n'était qu'un préliminaire. Il s'agissait pour l'évêque du diocèse de présenter à Rome un dossier solide, établi dans les règles canoniques, prouvant qu'il y avait lieu, pour le Siège pontifical, d'entreprendre lui-même l'étude des mérites de sœur Thérèse. La signature de Pie X signifiait que la cause était ouverte à l'échelon suprême et que le Saint-Père prenait directement la direction de l'affaire. D'où le nom de "procès apostolique", le Pape étant le successeur de Pierre, "chef" des apôtres.

Le 15 août, la Sacrée Congrégation des rites demande officiellement à Mgr Lemonnier d'ouvrir le procès, en commençant par interroger les témoins "vieux ou malades". Six mois plus tard, c'est chose faite et l'évêque de Bayeux peut dire, dans son discours inaugural : " C'est comme représentant de la Sainte Église , et pour lui fournir les éléments du jugement  qu'elle prononcera peut-être un jour, que je préside ce tribunal. Comment, en pensant à la sublimité de cette fonction qui m'est en ce moment donnée, ne serais-je pas ému par sa grandeur ?"  On procède ensuite solennellement à la confirmation des juges, à leur prestation de serment, à la nomination des greffiers, et l'on fixe le lieu des séances : la cathédrale de Bayeux et la chapelle du Carmel à Lisieux.

Le procès durera trente mois - avec de longues interruptions - et quatre-vingt-onze séances, sans apporter beaucoup de surprises par rapport à celui de 1910-1911. La plupart des témoins entendus l'ont déjà été, certains comprenant mal qu'on leur fasse répéter ce qu'ils ont déjà dit. Le plus remarquable est l'accent mis, davantage que durant le premier procès, sur la doctrine de Thérèse.

Mère Agnès : "Tout se ramène à ce qu'elle appelait sa "voie d'enfance spirituelle". C'est là un point si important que j'ai cru devoir en préparer un exposé par écrit et à tête reposée : je le présente au tribunal... cette petite voie est simplement une voie d'humilité, revêtant un caractère spécial d'abandon et de confiance en Dieu ; rappelant ce que l'on voit chez les tout-petits enfants qui sont eux-mêmes dépendants, pauvres et simples en tout... Elle appuyait sa "petite doctrine" [sur l’Évangile]... Instruite et fortifiée par ces divins enseignements, comment pourrait-on croire que sœur Thérèse avait une piété mièvre et puérile, une piété enfantine, comme on l'a dit quelque fois ?"

Mère Agnès prend tout de même le soin de dire que Thérèse mettait sur le même plan l'amour et la justice de Dieu et qu'elle désirait la souffrance, "parce qu'elle est une occasion de prouver l'amour qu'on a pour Dieu..."

Autre novation par rapport au premier procès, mère Agnès, décrivant le milieu "dans lequel s'est sanctifiée sœur Thérèse", critique très sévèrement le caractère et les agissements de mère Marie de Gonzague, prieure au moment de la mort de Thérèse : " Elle donnait de très bons conseils, mais avec de mauvais exemples. Pour obtenir d'être "en cours" auprès d'elle, il fallait la flatter ou agir en diplomate. Ce qui faisait dire à M. l'abbé Youf, notre aumônier pendant vingt-cinq ans : " N'est-ce pas bien triste que des âmes croyant trouver au Carmel la simplicité soient obligées d'y faire de la politique ? " (...) 

D'autres abus moins graves...se produisaient. Par exemple, la pauvre mère avait un chat qu'elle nourrissait de foie de veau et de lait sucré. S'il prenait un oiseau, on le lui faisait rôtir avec une sauce exquise. Jusque là ce n'était que ridicule, bien qu'il y ait une faute contre la pauvreté. Mais quelquefois le chat était perdu et le soir, pendant l'heure de grand silence, la prieure partait à sa recherche avec les sœurs de voile blanc, l'appelant de tous côtés... Manquant ainsi à la régularité et mettant  toute la communauté en émoi..."

Ces déclarations de mère Agnès ne manqueront pas de susciter des polémiques. Les adversaires de la "version officielle" de Thérèse - on verra qu'il n'en manquera pas tout au long du siècle [XXe] - s'appuieront sur ce témoignage pour décrire le carmel où la sainte a vécu comme un lieu où régnait l’hystérie. Le père Jean Vinatier, prêtre de la Mission de France et auteur d'une biographie complète (lien) de mère Agnès, pense que la prieure ne pensait pas que ses déclarations de 1915 seraient publiées. Elle ne se rendait pas compte que son réquisitoire, manquant de perspective historique - quarante de la vie d'un carmel ! -, pouvait donner à penser que les faiblesses  et les erreurs de quelques individus occulteraient le sérieux et la ferveur de l'ensemble d'une communauté. D'autant que les carmélites avaient élu et réélu mère Marie de Gonzague, en dépit de ses défauts de caractère, et  que les supérieurs du Carmel, qui ne pouvaient pas ignorer la situation, n'avaient pas réagi.

"Mère Agnès de Jésus, écrit Jean Vinatier, et avec elle tout le carmel de Lisieux, devait beaucoup souffrir  de ce qu'il faut bien appeler un "faux pas". C'est le rôle des historiens rigoureux  de lire ces pages en les restituant dans leur contexte  et dans le climat précis d'une époque baignée dans les ombres du jansénisme et d'une certaine conception de l’obéissance. Sœur Geneviève [Céline], dans un témoignage très soigneusement préparé, revient sur la doctrine de sa sœur, qui, pour elle, se ramène à deux idées générales : l'abandon et l'humilité. " Je l'ai particulièrement étudiée sous ce dernier aspect qui m'a le plus frappée. Dans les instructions de sœur Thérèse à ses novices, elle disait : " Pour marcher dans la petite voie, il faut être humble, pauvre d'esprit et simple..." Le fond de son enseignement était de nous apprendre à ne pas s'affliger en se voyant la faiblesse même, mais plutôt à nous glorifier de nos infirmités...

Interrogée sur la foi de sa sœur, Céline déclare : "Son union à Dieu était ininterrompue, rien ne pouvait l'en distraire... Cet esprit de foi qui éclairera toute la vie de la servante de Dieu fut cependant soumis à une longue suite d'épreuves. D'abord la majeure partie de sa vie religieuse se passa dans des sécheresses presque ininterrompues... Mais surtout elle fut éprouvée par une  effroyable tentation  qui l'assaillit deux ans avant sa mort et ne se termina qu'avec sa vie. Ces attaques visaient particulièrement l'existence du Ciel... Sa fidélité  et sa ferveur n'en étaient d'ailleurs aucunement diminuées." 

Du témoignage de sœur Marie du Sacré-Coeur [novice de Ste Thérèse] on retiendra les précisions sur la publication des manuscrits : " Ni elle [Thérèse] ni nous ne pensions que ces souvenirs seraient jamais  publiés : c'était des notes de famille. Dans les derniers mois de la vie de sœur Thérèse seulement, mère Agnès de Jésus pensa que la publication  de ces souvenirs pourrait être utile à la gloire de Dieu. Elle le dit à sœur Thérèse qui accepta cette idée avec sa simplicité et sa droiture ordinaires. Elle désirait que le manuscrit fût publié parce qu'elle voyait un moyen de faire aimer le Bon Dieu, ce qu'elle considérait comme sa mission."

Quant à Léonie [une des sœurs de Thérèse qui est, elle aussi, religieuse mais à la Visitation], la visitandine, elle insiste sur l'humilité et la discipline de Thérèse : " Quand je venais voir mes sœurs au parloir, je constatais que sœur Thérèse se montrait particulièrement humble et discrète, laissant volontiers la parole aux autres. Elle était aussi d'une régularité très exacte, se retirant la première lorsque le sablier indiquait que le temps concédé pour le parloir était dépassé."

Ce second procès avait été l'occasion pour les quatre sœurs Martin [Marie (1860-1940), entre au carmel de Lisieux en 1886 et prend le nom de Marie du Sacré-Coeur ; Pauline (1861-1951), entre au carmel de Lisieux en 1882 et prend le nom d'Agnès ; Léonie (1863-1941), entre à la Visitation de Caen en 1899 et prend le nom de Françoise-Thérèse ; Céline (1869-1959), entre au Carmel de Lisieux en 1894 et prend le nom de sœur Geneviève de la Sainte-Face et Thérèse (1873-1897), entre au carmel de Lisieux le 9 avril 1888] de se retrouver et de vivre ensemble quelques jours. A la vérité, Léonie n'avait pas désiré quitter son couvent de la Visitation et elle avait demandé à Mgr Lemonnier l'autorisation de témoigner à Caen et de ne pas se déplacer à Lisieux. Le prélat avait refusé sèchement : on ne va pas déranger tout un tribunal pour vous ! Et il lui avait ordonné d'aller séjourner le temps nécessaire au carmel, avec ses trois sœurs. 

On lui fait fête pendant sept jours (du 11 au 18 septembre 1915). Au réfectoire, elle siège à la place de la sous-prieure, elle peut s'entretenir longuement avec ses sœurs et évoquer les souvenirs de jeunesse [Marie a alors 55 ans, Pauline 54, Léonie 52 et Céline 46, leur sœur Thérèse est morte depuis 18 ans]. Sœur Marie du Sacré-Coeur (Marie) s'en fait l'écho dans une lettre : "Nous étions assises toutes les quatre sur le perron, près de l'infirmerie. Le ciel était bleu, sans aucun nuage. En un instant le temps a disparu pour moi : le temps de notre enfance, les Buissonnets, tout m'a semblé un seul instant. je voyais Léonie religieuse, auprès de nous, et le passé et le présent se confondaient en un moment unique. Le passé me paraissait un éclair : il me semblait déjà vivre dans un éternel présent et j'ai compris l'éternité qui est tout entière en un seul instant."

 

 

 

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22/11/2014

Dimanche du Christ Roi - année liturgique A

Références scripturaires de la liturgie de ce dimanche :

Ez  34, 11-17   /  1ère Corinthiens 15, 20-26.28

Évangile selon st Matthieu chapitre 25 versets 31 à 46

Texte tiré de (ci-dessous) : P. Marie-Joseph Le Guillou, o.p.  -  L'Amour du Père révélé dans sa Parole, homélies année A - Éditeur : Parole et Silence, 1998

 

255-257

Le texte de Matthieu que nous venons de proclamer nous met devant la venue du Fils de l'homme, pasteur, roi et juge de tout l' univers. Hier, je parcourais une enquête dans le journal Le Monde sur la croyance des chrétiens à la vie éternelle et au jugement. Dans ce sondage, vingt pour cent seulement des chrétiens catholiques croyaient au jugement. Il y a, en effet, une sorte d'allergie dans notre monde à l'idée du jugement, une sorte d'allergie qui nous empêche de comprendre le sens profond de ce que signifie le jugement.

En Matthieu, le Seigneur nous présente le jugement comme une glorification des petits. Matthieu insiste constamment sur les petits des communautés, sur les petits du monde, sur tous les petits qu'il faut aider. Ici spécialement, le Christ se présente comme le roi des petits, non pas comme un roi grandiose, un roi loin de nous, mais un roi qui prend sur lui le péché du monde et qui appelle tous les hommes à la rencontrer. "Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le royaume préparé pour vous depuis la création du monde." Le visage du Seigneur que nous présente cet évangile est une image merveilleuse. C'est l'image du Seigneur qui a eu faim, qui a eu soif, qui a été étranger, qui était nu, qui était malade, qui était en prison, c'est-à-dire le visage de tous les hommes qui souffrent, qui sont opprimés, qui sont bafoués dans leur dignité la plus profonde. Le Seigneur est là dans tous ces hommes.

L’ Évangile nous découvre cet dignité invraisemblable de tout homme appelé à rencontrer le Seigneur dans la vérité. Le Seigneur insiste aussi sur le fait que les justes ne se rendent pas compte de ce qu'ils font. " Quand donc t'avons-nous vu avoir faim et nous t'avons nourri, avoir soif et nous t'avons donné à boire ? Quand sommes-nous venus jusqu'à toi ?" Et le Seigneur leur répond : " Vraiment, je vous le dis, chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait." C'est cela le mystère du christianisme, la rencontre avec la miséricorde de Dieu, avec la vérité de l'amour qui nous met à nu dans la vérité de nos vies. Ce que le Seigneur veut, c'est que nous soyons, à son image, des êtres constamment au service de leurs frères qui ont faim, qui ont soif, qui sont étrangers, qui sont nus, qui sont malades. C'est à leur service que nous sommes et c'est le Christ que nous servons en eux. 

Il faut découvrir cette profondeur de l'amour de Dieu qui est venu prendre sur lui le jugement et nous en libérer car il est évident que le Seigneur nous libère du jugement. Si nous suivons la loi de liberté, nous nous rions du jugement. Le jugement disparaît parce qu'il n'y a plus que la joie de Dieu, que la miséricorde de Dieu. Vous allez me rétorquez : mais il y a ceux qui refusent. Oui, il y a une seconde partie du texte où le Seigneur dit : "Allez-vous en loin de moi, maudits, dans le feu éternel." C'est tout simplement parce que l'amour nous engage jusqu'au bout, tout entiers ; il nous engage jusqu'au tréfonds de nous-mêmes dans la miséricorde de Dieu.

Nous avons à découvrir la miséricorde de Dieu qui nous sauve de tout péché. Elle est notre délivrance. Cette scène si déconcertante est au cœur de l’ évangile parce qu'il est un choix, il est une option. L' évangile nous oblige à prendre partie pour le Seigneur, pour tous les pauvres, pour tous les malades, pour tous ceux qui sont nus. Nous avons à faire connaître au monde la miséricorde infinie du Seigneur. Les chrétiens ont un rôle de révélateurs de la miséricorde de Dieu. Agir pour l'un de ces petits, c'est agir pour le Christ et le Christ nous donne tout ce qu'il est. Le Seigneur nous demande de devenir des petits, le Seigneur est le roi des petits, non pas le roi majestueux mais le roi qui s'identifie à tous les pauvres du monde, à tous ceux qui souffrent, à tous ceux qui sont dans la peine. Le Seigneur a connu cela, il s'est engagé jusqu'au bout pour nous apprendre l'amour. Il s'est humilié jusqu'au bout, il nous a lavé les pieds, il est monté sur la croix pour répondre, dans la joie de son cœur, à l'amour de son Père, et il nous demande de rentrer dans ce même mystère.

Alors nous n'avons pas à craindre de ne pas être sauvés. Notre seule crainte est de ne pas obéir à la Parole de Dieu, mais si nous écoutons cette Parole, elle nous sauvera et pénétrera jusqu'au cœur de notre être. Notre liberté répondra à la liberté de l'amour. Nous avons besoin de cette liberté, nous avons besoin de cet amour. Au plus profond de notre être, il y a l'appel de Dieu à rencontrer son mystère dans sa joie, dans sa miséricorde, à rencontrer ce visage penché sur le monde pour nous sauver. Nous avons à le découvrir pour en vivre ; nous n'avons pas à nous interroger  sur notre salut, nous avons à nous livrer à la miséricorde de Dieu qui fera de nous des sauvés. Nous sommes des êtres sauvés en espérance et Paul, Jacques, Jean et tous les apôtres sont des témoins de ce sauvetage grâce à la miséricorde infinie de Dieu.

Je ne voudrais pas que vous lisiez ce texte comme s'il vous brisait. C'est un texte qui ouvre le cœur, qui nous oblige à choisir, qui nous oblige à prendre position. Le Seigneur ne joue pas, l'amour ne joue pas, l'amour est vrai, l'amour est profondeur de la Trinité, l'amour est la vérité de toute notre vie.

Nous avons à chanter du fond du cœur la venue du Seigneur jusqu'à nous et si nous ne l'avons pas encore reconnu, le Seigneur nous fera connaître son visage à travers tout ce que nous aurons fait, même sans le savoir. Tous les hommes seront pris dans les filets du Seigneur, tous les hommes sont engagés dans le salut de Dieu. Le Seigneur n'est pas pour nous un étranger. Nous le connaissons personnellement. Demandons-Lui de lui être fidèles, d'une fidélité qui aille jusqu'au bout. Il est le fidèle.

Demandons au Seigneur d'être fidèles et de ne pas travestir la notion de jugement. Le Seigneur nous jugera, cela veut dire qu'il nous délivrera si nous écoutons sa Parole et si nous le laissons agir en nous et nous transfigurer. Il est capable de cela. Il est cette miséricorde infinie qui nous transfigure et nous avons à attendre dans la joie le royaume préparé pour nous  depuis la création du monde et que nous recevrons en héritage. Croyez-vous que vous êtes les bénis du Père, les bénis par l'amour infini de Dieu ? C'est cela que que je vous demande de croire et nous allons le demander ensemble. Découvrons cet héritage de bénédiction, d'amour qui est en Dieu, laissons nous faire par lui. L'amour triomphera de toutes nos misères, de toutes nos faiblesses. Il est l'amour et c'est pour cela qu'il juge. Il n'y a pas d'amour sans jugement, sans mise en question de tout notre être, dans une réponse positive de tout notre être. Que chacun d'entre nous réponde au plus profond de son cœur et que notre joie éclate dans l'amour au cœur de l'Eucharistie ! Le Christ a pris sur lui le jugement : c'est le moment de la révélation de l'amour. Amen !

 

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19/11/2014

Thérèse de Lisieux et la Grande Guerre (6)

Textes tirés du livre : " Thérèse de Lisieux ou La Grande Saga d'une Petite Soeur " Auteurs : Bernard GOULEY - Rémi MAUGER - Emmanuelle CHEVALIER - Éditions Fayard 1997

 

 suite du post 5

 

 

86-87

Retour à l'image

La guerre n'est cependant pas la seule préoccupation du carmel. On a vu que Céline s'était attachée à illustrer la présence de Thérèse dans les combats... Dès 1915, mère Agnès demande à sa sœur de représenter, sous  forme de tableaux et de dessins, les principaux épisodes de la vie "anthume" de la vénérable. Pour ce faire, Céline requiert la collaboration de plusieurs artistes, notamment Pascal Blanchard et Charles Jouvenot, qui travaillent d'après les souvenirs des sœurs Martin.

Ce travail, qui se prolonge bien au-delà de la guerre, aboutit à une série de tableau et de lavis qui serviront à différents ouvrages. On y voit notamment Thérèse priant dans le jardin de l’Étoile tandis que Céline arrose les fleurs, Thérèse priant avec son père dans la chapelle du carmel, Thérèse enfant faisant oraison dans sa chambre, Thérèse avec ses novices jetant des fleurs au pied du crucifix ou Thérèse prenant l'habit de carmélite

De partout on demande des médailles, ce qui pose des problèmes car il ne saurait être question, en 1915, d'un culte reconnu par l’Église, Thérèse n'étant pas encore béatifiée. Mgr de Teil aide les carmélites à résoudre cette question et Benoît XV, le 10 juin 1915, donne l'autorisation de faire frapper une médaille dont il a "déterminé la composition et l'inscription". Le Saint-Père spécifie que cette médaille ne pourra pas être bénite et il proscrit les modèles où l'image de Thérèse serait associée à celles du Christ, de la Vierge ou des saints.

En 1917, le père Bernard Chevalier, abbé de la Trappe à Soligny, dans l'Orne, vient en pèlerinage à Lisieux et rend visite au carmel. Il est reçu par mère Agnès qui lui confie son souci de ne pas trouver de sculpteur pour étudier une statue de Thérèse. 

"Aucun problème, lui répond le trappiste, un de mes moines est habile de ses mains, je vais lui confier cette mission." Ce moine, c'est le père Marie Bernard, qui sculptera plusieurs modèles de statues de Thérèse, dont l'une, Thérèse aux roses, sera tirée à des dizaines de milliers d'exemplaires et ornera les églises du monde entier. Le père Marie Bernard a découvert sœur Thérèse bien des années auparavant, exactement en mars 1904, lorsqu'il était en classe de philosophie au séminaire de Sommervieu. Il a 21 ans lorsqu'il lit l'Histoire d'une âme. C'est le début d'un attachement et d'une dévotion qui dureront toute sa vie. 

Le trappiste se met donc au travail et façonne, entre 1917 et 1919, le premier buste de Thérèse et les premières médailles. Passionné d'inventions et de mécanique, il met au point dans les celliers de la Trappe d'étonnantes machines à graver et à reproduire. Elles tourneront nuit et jour pendant près de cinquante ans. Elles dorment aujourd'hui sous la poussière de l'abbaye, vaincues par le progrès.

 

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15/11/2014

Année A - 33e dimanche du temps ordinaire

Références scripturaires de la liturgie de ce dimanche :

Proverbes 31, 10-31  / 1 Thessaloniciens 5, 1-6

Évangile selon st Matthieu chapitre 25 versets 14 à 30

Texte tiré de (ci-dessous) : P. Marie-Joseph Le Guillou, o.p.  -  L'Amour du Père révélé dans sa Parole, homélies année A - Éditeur : Parole et Silence, 1998

 

Cette parabole des talents scandalise certains d'entre nous car le serviteur qui n'a reçu qu'un talent est jeté dehors avec sévérité. Il semble qu'il y ait une immense injustice à son égard. Mais ce n'est pas du tout le sens de la parabole. Celle-ci indique une autre perspective, celle du don de Dieu qu'il faut faire fructifier. Le Seigneur veut nous faire comprendre que tout don de Dieu est une responsabilité, que tout don de Dieu nous engage à construire le Royaume de Dieu. Le don de Dieu n'est pas un absolu en lui-même : il faut nous tourner vers les autres. Il s'agit donc de construire dans l'amour le royaume.

Aimer est ce à quoi nous engage cette parabole et c'est ce que le Seigneur fait comprendre lorsque les serviteurs qui ont eu cinq ou deux talents entendent le Seigneur leur dire : " Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle en peu de choses, je t'en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître." Ils ont compris que le Seigneur leur demandait de faire fructifier les talents qu'il leur avait donnés, que leur responsabilité était immense et ils se sont engagés finalement à répondre à l'amour de Dieu. Mais nous constatons du dépit chez celui qui n'a pas fait fructifié le seul talent confié. Au lieu de faire fructifier le don merveilleux de la grâce et de la charité, il va l'enfouir : " J'ai eu peur et je suis allé enfouir ton talent dans la terre, le voici ; tu as ce qui t'appartient". J'ai eu peur. Nous le disons souvent dans notre vie. Nous avons peur du mystère de Dieu, nous avons peur de sa conduite dans notre vie, nous avons peur de ce qu'il est. Le serviteur infidèle, finalement, renvoie au Seigneur une image qu'il s'est faite lui-même : " Maître, je savais que tu es un homme dur; tu moissonnes là où tu n'as pas semé, tu ramasses là où tu n'as pas répandu le grain." C'est vraiment le visage de Dieu que s'est fait cet homme, un visage dur, cruel, un visage qui n'est pas celui de Dieu. Pour se faire comprendre, le Seigneur accepte de dire au serviteur : " Tu savais que je moissonne là où je n'ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l'ai pas répandu".  Le Seigneur veut redresser l'image que son serviteur se fait de lui. Il lui explique que nous avons à faire fructifier les dons reçus pour les mettre au service des uns des autres, que nous en ayons peu ou beaucoup, tout cela nous est commun  et tout est mis dans la miséricorde de Dieu. Quoiqu'il arrive, l'amour de Dieu est vainqueur. Cette parabole est une invitation à l'espérance. Dieu est bon, il n'est que bonté. Il faut découvrir le vrai visage de Dieu, ce merveilleux visage à travers celui de Jésus Christ à l'agonie ou sur la croix. C'est celui du Fils de Dieu donnant sa vie pour ses frères. Par cette parabole le Seigneur nous enseigne que que seul l'amour compte et l'argent lui-même est au service de cet amour. L'argent n'a de sens que pour être donné, distribué, l'argent ne sert qu'à aider nos frères à construire. Nous devons découvrir que l'argent n'a de sens que pour vivre avec des frères, les aider, les servir, leur permettre d'être eux-mêmes. Nous avons de lourdes responsabilités. 

Nous avons à méditer les textes de la femme vaillante que nous livrent les Proverbes. Il faut entrer dans l'activité de cette femme, toute entière au service de la charité, au service de l'amour, à la disposition du Seigneur pour manifester sa lumière. Nous sommes des fils de lumière, c'est-à-dire que nous sommes pris dans le mystère de la vérité et de l'amour du Seigneur. " Je savais que tu étais un homme dur." Il n'y a pas de plus grave offense au mystère de Dieu. Dieu n'est pas dur, Dieu est amour et la peur est une fuite. Nous avons souvent peur mais n'enfouissons pas notre talent dans la terre, faisons-le fructifier pour que la lumière apparaisse dans toute sa splendeur. Dieu crée un monde nouveau, un monde renouvelé par l'amour de Dieu. Le Seigneur n'a qu'un but :  construire des hommes libres, renouvelés par la charité de Dieu, fidèles à leur vocation. " Tu as été fidèle en peu de choses, je t'en confierai beaucoup. Entre dans la joie de ton maître."

Ce que nous attendons du Seigneur est une merveille, c'est un visage penché sur nous, un visage qui connaît notre vocation, qui nous connaît personnellement comme personne ne nous connaît, qui veut nous conduire  à cet amour désintéressé, à cet amour plein de pais et de joie, à cet amour de vérité et d'abondance. Dieu est prêt à tout donner et d'ailleurs, il nous donne tout.

Demandons au Seigneur dans l'Eucharistie, de découvrir son visage qui nous demande de faire fructifier ses dons en attendant son retour. Il nous faut construire le Royaume mais celui-ci ne peut se construire qu'avec des hommes pauvres, des hommes humbles. Il faut que nous fassions qu'un avec le mystère du Christ et que nous nous ouvrions à la splendeur de l'amour de Dieu. Dieu est Dieu, réjouissons-nous de son dessein d'amour. Entrons dans sa miséricorde et devenons des fils de lumière, alors nous comprendrons que celui qui demeure dans le Seigneur porte beaucoup de fruits. Amen !

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10/11/2014

Thérèse de Lisieux et la Grande Guerre (5)

Textes tirés du livre : " Thérèse de Lisieux ou La Grande Saga d'une Petite Soeur " Auteurs : Bernard GOULEY - Rémi MAUGER - Emmanuelle CHEVALIER - Éditions Fayard 1997 (lien ici)

 

 suite du post 4

 

 

84 à 86

Le carmel veille sur tous les "fronts"...

Mère Agnès et ses filles poursuivent les missions qui sont les leurs. Mission spirituelle : célébrer Dieu dans les offices, méditer sa parole, prier... Mission plus matérielle : répondre au courrier, envoyer les images dont les demandes sont de plus en plus nombreuses, veiller sur les éditions de l'Histoire d'une âme et de sa version abrégé, suivre les progrès de la cause à Rome...

Même séparées physiquement du monde, isolées dans leur clôture, les carmélites "vivent" cette guerre interminable. En témoignent ces extraits de lettres de mère Agnès (cités par Jean Vignatier dans son livre Mère Agnès de Jésus). Le 30 avril 1915, la prieure écrit à Mgr de Teil : " Quelle triste guerre et comme elle est longue ! J'ai reçu hier la lettre du colonel qui a consacré son régiment à sœur Thérèse. Il me dit : " Ici, dans un bois dont on parle beaucoup et tout imprégné de sang français, nous avons l'intention d'élever une petite chapelle au Sacré-Coeur ; mon intention est de faire figurer sur un vitrail l'image de notre admirable petite sainte. Cette chapelle sera élevée avec le sou de mes soldats et les offrandes de mes officiers." En attendant, j'envoie au colonel les trois mille reliques qu'il attend et j'y joins une petite brochure pour chaque soldat. Si cela continue, l'imprimerie Saint-Paul ne pourra pas suffire. "

Six jours plus tard - la veille du torpillage du Lusitania par les sous-marins allemands qui causa la mort de 1198 personnes, dont de nombreux citoyens américains -, mère Agnès s'adresse au père Rodrigue de Saint-François-de-Paule, le postulateur : " Ici les pèlerinages des soldats et des pauvres blessés ne discontinuent pas. Un petit soldat de 18 ans m'écrivait hier : " Comme je suis heureux d'être à Lisieux ! Quel bonheur de pouvoir m'agenouiller sur la tombe de sœur Thérèse où je vois toujours un nombre considérable de soldats !..." Et beaucoup de jeunes gens, même les plus grossiers, désirent connaître sa vie."

La prieure ne manque pas, dans ses entretiens individuels avec ses "filles" et dans les réunions de chapitre, d'évoquer la guerre. L'arme des carmélites, ne cesse t-elle de répéter, c'est la prière. " Ne cessez pas vos oraisons, qui sont notre grâce particulière." Il faut prier sans cesse, prier pour tous les soldats, pour tous ceux qui souffrent, pour le pape Benoît XV, qui a succédé à Pie X - mort le 28 juillet 1914 - et qui est déchiré entre les belligérants puisqu'il y a des catholiques dans les deux camps.

De cette guerre si intensément vécue au carmel, mère Agnès tirera quelques leçons spirituelles au chapitre de la communauté le 20 décembre 1918, un peu plus d'un mois après l'armistice : " Les événements actuels pourraient nous tromper sur le sens véritable de la paix, apportée au monde par la naissance de Jésus. La paix, nous dit-on, sera signée dans quelques mois et nous sentons que notre paix, à nous, ne sera signée qu'au ciel...les anges n'ont pas menti en annonçant la paix sur le berceau de l'Enfant Jésus... La paix est pour nous dans l'accomplissement fidèle de nos obligations... Chacune de ces moindres pratiques nous fait faire comme un pas en avant, non pas vers ces entrées triomphales dans les villes reconquises, mais vers des âmes que notre victoire cachée et sans gloire...rend au Dieu de la paix."  

 

07:00 Publié dans Thérèse de Lisieux | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

20/10/2014

Thérèse et la Grande Guerre (4)

Textes tirés du livre : " Thérèse de Lisieux ou La Grande Saga d'une Petite Soeur " Auteurs : Bernard GOULEY - Rémi MAUGER - Emmanuelle CHEVALIER - Éditions Fayard 1997 (lien ici)

 

L'UNION SACRÉE

 

83 à 84

 Jeanne d'Arc et Thérèse ne se contentent pas d'adoucir les souffrances des "poilus" - et de soutenir leur moral. Elles sont aussi le symbole de la réconciliation française. 1914 efface trente ans de luttes religieuses. Même des incroyants anticléricaux militants entretiendront un culte laïque et patriotique pour Jeanne d'Arc.

Les catholiques se sentaient vraiment mis à l'écart de la communauté nationale, de la République. C'étaient des exilés de l'intérieur, des citoyens mineurs. Cette communauté nationale se refait dans les tranchées. C'est charnel : catholiques et anticléricaux souffrent et meurent dans la même terre de France. Les curés sont sac au dos. Ils combattent, ils sont brancardiers, infirmiers, ils confessent et donnent les sacrements. Leur intégration est totale. 

" Cette guerre, dit encore Annette Becker, est une guerre d'un très grand consentement patriotique et il est normal que l’Église catholique en prenne sa part, d'autant que les pertes vont être, dès le début, effroyables et que le culte des morts - important dans le catholicisme - va se mêler à celui de la patrie. Ce n'est pas pour rien que Raymond Poincaré utilise le mot "sacré" ("Union sacrée") pour définir ce moment de la conscience française. Le vocabulaire est d'ordre spirituel. La défense de la patrie est l'affaire de tous, opinions politiques et religieuses confondues. Cette dimension spirituelle, tout le monde va en avoir besoin, au fur et à mesure que l'on s'enfonce dans le massacre. Ceux qui appartiennent à une religion - catholiques, protestants ou juifs - connaissent une véritable renaissance de leur pratique, ceux qui ne pratiquaient pas avant la guerre mais qui avaient un fond de culture religieuse  se disent qu'après tout le spirituel peut les aider.

On trouve là une approche un peu utilitaire de la religion que l’Église ne voit pas d'un œil très favorable : on n'est pas loin de la superstition. Et il est vrai que certaines choses sont confuses : pour eux la médaille doit les protéger quelle que soit leur croyance. On peut accrocher indifféremment dans un abri une médaille du Sacré-Coeur ou un fer à cheval...ou les deux ensemble...

Il y a aussi les pratiquants d'avant-guerre, nombreux chez les officiers, autour desquels se produisent des brassages spirituels au profit de la foi et d'un certain retour à la pratique religieuse. Beaucoup de lettres reçues par le carmel mentionnent des exemples de conversions.  Nombreux sont les cas où l'on voit des soldats ne s'étant jamais intéressés à la religion et qui, pensant avoir été protégés de façon extraordinaire dans un moment périlleux, s'entendirent par un camarade que c'est grâce à la "petite sœur". Ceux-là prennent l'habitude de recourir à Thérèse."

A suivre...


 

 

 

 

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19/10/2014

O Mère bien Aimée - Prière de Marthe Robin

O Mère bien Aimée, vous qui connaissez si bien les voies de la sainteté et de l'amour, apprenez-nous à élever souvent notre esprit et notre cœur vers la Trinité, à fixer sur Elle notre respectueuse et affectueuse attention. Et puisque vous cheminez avec nous sur le chemin de la vie éternelle, ne demeurez pas étrangère aux faibles pèlerins que votre charité veut bien recueillir ; tournez vers nous vos regards miséricordieux, attirez nous dans vos clartés, inondez-nous de vos douceurs, emportez-nous dans la lumière et dans l'amour ; emportez-nous toujours plus loin et très haut dans les splendeurs des cieux.

Que rien ne puisse jamais troubler notre paix, ni nous faire sortir de la pensée de Dieu, mais que chaque minute nous emporte plus avant dans les profondeurs de l'auguste mystère, jusqu'au jour où notre âme pleinement épanouie aux illuminations de l'union divine, verra toutes choses dans l'éternel Amour et dans l'Unité.

Ainsi soit-il

Marthe Robin 

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Thérèse de Lisieux et la Grande Guerre (3)

Textes tirés du livre : " Thérèse de Lisieux ou La Grande Saga d'une Petite Soeur " Auteurs : Bernard GOULEY - Rémi MAUGER - Emmanuelle CHEVALIER - Éditions Fayard 1997

 

JEANNE ET THÉRÈSE, MÊME COMBAT

81 à 83

Dans le jardin du carmel s'élève une statue représentant un ange tenant dans ses mains une médaille de Thérèse. Sur le socle, une plaque de marbre : " Hommage de reconnaissance de soldats français et alliés, 1914-1916." Au milieu, un drapeau français et une croix. Les "poilus" qui ont offert cette statue n'étaient pas ingrats. Thérèse, il est vrai, leur avait apporté beaucoup.

Pourquoi cette amitié vraie entre une religieuse cloitrée et des soldats ?

"Thérèse est jeune, dit l'historienne Anne  Becker (La Guerre et la Foi, Armand Collin, 1994, lien ici); comme les soldats de la Grande Guerre souffrent, elle a souffert, elle s'est offerte comme eux s'offrent pour la patrie. Elle est aussi la "petite sœur" et ils ont tous une petite sœur qui est restée à l'arrière. Tout cela joue beaucoup. Thérèse est quelqu'un dont ils se sentent très proche... Dans la dévotion des soldats, Thérèse et Jeanne d'Arc - qui ne sont pas encore saintes - sont associées. On le voit dans la correspondance. Les soldats font tout naturellement comme si ces deux jeunes filles étaient déjà sur les autels. Ils les associent dans leur jeunesse et dans le sentiment de la patrie. D'autant que la guerre est réellement vécue par les soldats comme une passion, avec, pour les croyants, le sentiment d'un sacrifice. Ils s'offrent comme le Christ s'est offert, comme Thérèse s'est offerte... Jeanne d'Arc est une combattante, on la voit avec sa cuirasse et son épée. C'est à la pointe de son épée qu'elle aide les soldats de 1914 à tenir. Pas Thérèse, même si l'on baptise une escadrille et une batterie en son nom. Thérèse ne combat pas, elle prie et elle obtient des consolations pour ceux qui subissent les barrages d'artillerie ou les bombardements des batteries et des escadrilles d'en face. Tous les dessins de l'époque la montrent envoyant depuis le Ciel les rayons de grâces auxquels sont accrochées les roses qu'elle a promises. 

Il est remarquable que le culte de Thérèse soit présent chez les soldats des deux camps. Les catholiques allemands et autrichiens commencent, dès les premières années du siècle à vénérer Thérèse. Ils continueront dans les tranchées. Le carmel ne possède évidemment pas de courrier de combattants des empires centraux comme celui envoyé par les Français, les Anglais, les Canadiens, les Belges ou les Italiens : les relations épistolaires étaient interrompues.

La dévotion à Thérèse ne s'exprime pas de la même façon chez les Austro-Allemands et chez les Alliés. Chez les premiers, la piété est plus individuelle, plus secrète. Après tout, Thérèse appartient à une nation ennemie. Chez les Français, cette piété est plus collective, on insiste sur le fait qu'elle est comme Jeanne d'Arc, elle a donc une couleur patriotique que les Allemands, bien évidemment, ne lui donnent pas. Ce n'est qu'après la guerre et devant la mondialisation de sa renommée que les catholiques allemands multiplieront images et statues. Thérèse sera alors devenue universelle avant d'être française. Le culte de Jeanne d'Arc, qui existait en Allemagne avant 1914, disparaît complètement avec la guerre. Pour une raison évidente : c'est la sainte guerrière de la France. Alors que Thérèse, qui n'est pas guerrière, demeure dans la dévotion des catholiques allemands..."

Une correspondance de mère Agnès montre que les demandes d'images formulées par les soldats "ennemis" ont 83 été transmises à Lisieux par la Croix-Rouge et qu'elles ont été satisfaites : " On nous demande, par la Suisse, des reliques pour les Allemands. Nous en envoyons volontiers car, devant Dieu, les âmes ne sont ni françaises ni allemandes. les unes et les autres sont précieuses aux yeux de Dieu " (6 mai 1915)

A suivre...

07:00 Publié dans Thérèse de Lisieux | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook