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Traversées christiques

  • 40 jours sur le chemin de la prière (7)

    Le recueillement n'est pas un acte isolé à côté d'autres actes ; c'est le seul état intérieur qui soit bon ; c'est ce qui rend l'homme capable de s'établir dans les rapports qui conviennent avec les hommes et les choses. On peut donc envisager le recueillement sous des angles très divers, et ce que nous en avons dit jusqu'ici ne fait que mettre en lumière quelques-uns de ces aspects.

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  • 40 jours sur le chemin de la prière (6)

    [25] On peut aussi rappeler le sens étymologique du mot et dire qu'être "recueilli" signifie être ramassé sur soi-même. Un regard sur notre existence montre combien nous le sommes peu. Nous devrions avoir en nous un axe ferme qui serve de support à la diversité de notre vie, un centre d'où parte et où revienne toute activité ; une règle qui discrimine l'essentiel et le futile, le but et le moyen, et qui assigne sa place à chaque activité et à chaque expérience.

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  • Invitatoire à la Louange

    Aujourd'hui si vous entendez ma voix

    N'endurcissez pas votre cœur. 

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  • 4e Dimanche de Carême (de Laetare) - année B -

    La page que nous allons lire constitue la section finale de l'entretien de Jésus avec Nicodème. Ce Pharisien, "un des notables juifs" (3,1), doit, selon un procédé courant dans le Quatrième Évangile, incarner l'attitude spirituelle qui vient précisément d'être décrite : celle de ces gens qui, à Jérusalem, ont cru en Jésus "à la vue des signes qu'il faisait" ; mais l'insuffisance de cette démarche était aussitôt signalée : " Jésus, lui, ne se fiait pas à eux" (2,23-24).

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  • 40 jours sur le chemin de la prière (5)

    Recueillement signifie d'abord apaisement. D'ordinaire l'homme est tiraillé en tous sens par une multiplicité d'objets et excité par des contacts hostiles ou bienveillants ; il est tourmenté par le désir et la crainte, les soucis et les passions. Il s'efforce constamment à conquérir ou à se défendre, à acquérir ou à se défaire de quelque chose, à édifier ou à détruire. L'homme veut toujours quelque chose, et vouloir signifie être en mouvement  vers un but ou en défense contre un danger.

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  • 3e Dimanche de Carême - année B -

    Elle ne s'attendait pas à cette rencontre, elle n'y était pas préparée.  La Samaritaine rencontre au puits de Jacob Jésus fatigué par la route. Elle trouve quelqu'un, un juif, qui lui demande à boire. Cela surprend car les Juifs n'ont rien en commun avec les Samaritains. Et Jésus lui dit : " Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te demande à boire, c'est toi qui l'aurait prié et il t'aurait donné de l'eau vive ". C'est le Seigneur qui a l'initiative. C'est le Seigneur qui pose le premier les questions.  C'est lui qui oriente tout le débat et qui oriente toute la conversation. Il veut dévoiler à cette samaritaine le mystère de Dieu.

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  • 40 jours sur le chemin de la prière (4)

    Il y a dans l'attitude de l'homme vis-à-vis des réalités religieuses une inquiétante contradiction. L'homme a besoin de Dieu ; il le sait, et il cherche celui qui l'a créé et dont la puissance le fait vivre ; et cependant il veut ignorer cette relation essentielle; il cherche à fuir Dieu ; il s'oppose à lui. Cette contradiction se manifeste aussi dans son attitude envers la prière. Aussitôt que l'homme reconnaît et accomplit le service sacré de la prière, il se sent dans le vrai, il est heureux, et malgré cela il esquive la prière chaque fois qu'il le peut. Il y a bien des raisons à cela ; avant tout celle qu'on ne perçoit pas Dieu, ou plus exactement qu'on ne le perçoit pas de la même manière que les choses et les hommes.

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  • 40 jours sur le chemin de la prière (3)

    L'homme a besoin de la prière pour conserver la santé de l'âme. Or, il ne peut prier qu'en s'appuyant sur une foi vivante. Inversement - et ainsi se referme le cercle - sa foi ne reste vivante que s'il prie. Car la prière n'est pas une activité qu'on puisse exercer ou abandonner sans que la foi en soit touchée ; elle est l'expression la plus élémentaire de la foi, elle est un commerce [au sens de dialogue] avec Dieu, vers qui la foi est orientée. On peut traverser une période pendant laquelle la prière est paralysée ; à la longue toutefois, on ne peut croire sans prier - pas plus qu'on ne peut vivre sans respirer.

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  • 2e Dimanche de Carême - année B - Cette Parole à nulle autre pareille

    Nos vies sont des montées à Jérusalem, nos vies sont des chemins de croix : l’Évangile de ce jour nous invite à le reconnaître. Pierre a confessé le Christ comme le Messie, le Fils du Dieu vivant. Tout le contenu de la plénitude de la foi est donné là et pourtant dès que le Seigneur lui apprend sa montée à Jérusalem, sa mort et sa résurrection, le scandale est là.

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  • 40 jours sur le chemin de la prière (2)

    En général, l'homme n'aime pas prier. Il éprouve facilement à l'égard de la prière de l'ennui, de l'embarras, de la répugnance, et à proprement parler de l'hostilité. Tout le reste lui semble alors plus attirant et plus important. Il dit qu'il n'a pas le temps, que ceci ou cela est urgent, et pourtant, dès qu'il a abandonné la prière sous ce prétexte, il est capable de faire des choses les plus superflues.

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  • 40 jours sur le chemin de la prière (1)

    On entend souvent dire que la prière authentique ne dépend ni d'un vouloir ni d'un ordre, mais qu'elle doit jaillir spontanément de l'intérieur de l'âme, comme le fleuve de sa source. Si ce n'est pas le cas, si le cœur ne s'y porte pas, on devrait s'en abstenir, sous peine de tomber dans l'inauthentique et l'artificiel.

     

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  • 1er Dimanche de Carême - année B

    Texte tiré de " Seigneur, rien n'est plus vrai que Ta Parole. Méditations et homélies dominicales pour l'année B "  Éditions Parole et Silence de Marie Joseph Le Guillou.

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  • L' apparition mariale à Pontmain le 17 janvier 1871 (3)

    Ce texte est extrait du livre "Dictionnaire des Apparitions" pages 746 et sv. (lien ICI) paru aux éditions Fayard.

     

    (suite)

    Il arrive avec ses deux filles et, dans ses bras, le troisième, Auguste, âgé de quatre ans. Comme les deux autres petits, il regarde vers la maison Guidecoq et dit tout bas : " Je vois."

    - Qu'est-ce que tu vois ?

    - Une belle dame, une robe bleue, avec des étoiles comme dans l'église , [...] belles !

    - Tu ne sais pas seulement ce que c'est que du bleu.

    - Si, le dimanche j'ai un gilet à manches bleues.

    Cela conforte l'opinion générale, mais le charpentier n'est pas convaincu.

    - Est-ce qu'on peut se fier à un enfant de cet âge ! Il est comme tous les enfants, il répète ce qu'il entend.

    Et à l'enfant dans ses bras :

    - Regarde, mais ne dis plus rien.

    L'apparition n'a pas parlé. Elle n'ouvrira pas la bouche, mais le message d'actualité est entré dans les cœurs. Les enfants sautent de joie, battent des mains et répètent plusieurs fois : " Oh ! quelle est belle ! " " Ah ! si j'avais des ailes !" Ils sautent de joie  comme pour s'envoler vers le ciel.  " Jamais on a rien vu de pareil, ni en personne, ni en image", conclura l'un d'eux.

    Le message est terminé, mais voici un nouveau signe : les enfants le décrivent : " Un grand crucifix apparaît dans le ciel. Notre-Dame le tient devant elle, à deux mains, légèrement incliné. Une croix d'environ 40 centimètres", ont-ils évalué. En haut, un écriteau est fixé : " JÉSUS-CHRIST "; rouge, couleur du sang versé durant la Passion et aujourd'hui dans la guerre qui déferle. La foule chante le Parce Domine : Épargne, Seigneur !

    C'est le moment le plus poignant. La tristesse devient plus profonde sur le visage de l'apparition. Une étoile monte dans le ciel. Elle vient allumer successivement les quatre bougies de la mandorle. Notre-Dame salue cette lumière d'un nouveau sourire.

    Il est environ vingt heures trente : " Faisons tous ensemble la prière du soir" demande le curé.

    Pendant l'examen de conscience, avant l'acte de contrition, une dernière phase commence. Les enfants la décrivent au fur et à mesure : un grand voile blanc apparaît aux pieds de la Vierge. Il monte lentement  devant elle et la cache progressivement, de bas en haut  : " Comme si elle était entrée dans une poche ", dit Eugène (il prononce "pouche"). 

    Le voile s'arrête au bas de la couronne qui reste un moment seule visible et disparaît d'elle-même sans être recouverte, tandis que le cercle  et les quatre bougies s'évanouissent à leur tour.

    - Voyez-vous encore ? dit l'abbé Guérin

    - Non, monsieur le curé, c'est tout fini.

    Il est près de vingt et une heures. Chacun rentre chez soi, dans le recueillement et l'espérance. l'angoisse de la guerre s'est évanouie. Les Allemands ne viendront pas jusqu'à Pontmain. Tous les soldats du village  reviendront successivement sains et saufs. La joie est profonde et discrète. (...) 

     

  • L' apparition mariale à Pontmain le 17 janvier 1871 (2)

    Ce texte est extrait du livre "Dictionnaire des Apparitions" pages 746 et sv. (lien ICI) paru aux éditions Fayard.

     

    (suite)

    Il y a maintenant plus de cinquante personnes : " V'là qu'elle tombe en humilité " (c'est-à-dire en tristesse), dit Eugène. Une discussion commence avec une femme qui conteste, au détriment de la prière, car elle ne voit rien...

    " Silence, dit le curé. S'il n'y a que les enfants à voir, c'est qu'ils en sont plus dignes que nous. Prions !" conclut-il.

    L'apparition semble grandir ainsi que la mandorle. L'étoile qui entoure l'apparition semble s'écarter ou même se poser sous ses pieds, tandis que les étoiles de la robe grandissent.

    "Ça se tape sû sa robe, c'est comme une fourmilière. Elle est bientôt toute dorée." Ils s'efforcent de distinguer "les étoiles du temps" (les constellations) des étoiles de l'apparition, sans y bien parvenir. Tandis que sœur Édouard entonne le Magnificat "sur le grand ton de Bretagne", les enfants s'écrient ensemble : "V'là cor de qué qui s'fait ! V'là un bâton !"

    Dans l'intervalle, entre les pieds de l'apparition et le toit de la maison, une banderole apparaît dans le ciel, horizontalement, "aussi longue que la maison Guidecoq : d'une cheminée à l'autre." Sur ce fond clair, un trait vertical se forme lentement et se prolonge en forme de lettre : " C'est un M !" disent les enfants. Puis : " V'là un A !"

    Ils déchiffrent ensemble, synchroniquement. C'est trop beau pour être vrai : " Il faut les séparer" dit un témoin méfiant. Aussitôt dit, aussitôt fait, car la foule, partagée, s'étonne de ne pas voir.

    Arrive le charretier Joseph Babin, de retour d'Ernée, avec une triste nouvelle : " Vous n'avez qu'à prier les Prusses sont à Laval." La foule continue sa prière. Dans le ciel, un premier mot est achevé : "MAIS".

    Sœur Vitaline proteste au nom de la grammaire : "Une phrase ne peut commencer par "mais", s'il n'y a rien avant.

    - Si, ma sœur, quand nous nous agitons, vous nous dites bien : "Mais étudiez donc, les enfants !"

    Les voyants continuent à déchiffrer lettre par lettre, en parfait accord, sans savoir où ils vont : "Mais priez mes enfants, Dieu vous exaucera en peu de temps. Mon Fils..." Tout le monde avait compris. On salue la confirmation : c'est bien la Vierge ! Le déchiffrement continue : "se laisse...

    Sœur Vitaline connaît l'apparition de La Salette où  la Vierge disait : "Mon Fils se lasse".

    Elle corrige :

    - "Se laisse" ça ne veut rien dire.

    - Si ma sœur, il y a un I. 

    D'autres lettres viennent résoudre l'illogisme : "MON FILS SE LAISSE TOUCHER."

    L'apparition confirme la phrase d'un sourire : "V'là qu' è rit..."

    Il n'y a qu'un mot en patois pour dire "rire" et "sourire".

    La phrase consolante s'achève par un point conclusif : " gros comme un soleil ", disent les enfants.

    La prière est fervente, mais la contestation a son mot à dire dans ce village pourtant unanime dans le fond. Marie Guidecoq élève la voix dans la foule : "Le curé ne voit rien, ni les sœurs, ni moi ; les enfants non plus ! La vue leur beluette " (du patois "belot" qui signifie "éblouissement" ; autrement dit : ils ont la berlue).

    Mais soudain ses jambes fléchissent : elle tombe à genoux, clouée sur place, prie et pleure.

    Alors arrive le charpentier Basile Avice ; on vient de l'alerter : "Venez vite, des enfants voient la Sainte Vierge."

     

    A suivre...

     

  • L' apparition mariale à Pontmain le 17 janvier 1871 (1)

    Ce texte est extrait du livre "Dictionnaire des Apparitions" pages 746 et sv. (lien ICI) paru aux éditions Fayard.

     

    L'apparition de Pontmain est à certains égards la plus populaire et la plus limpide des apparitions, dans sa sobriété et sa brièveté harmonieuse à l'heure où l'armée allemande approchait du village.

    C'est arrivé le 17 janvier 1871. L'invasion allemande déferle vers la Loire. Le village de Pontmain, à cinquante kilomètres au nord de Laval, est menacé. On est sans nouvelles des villageois mobilisés. Une épidémie de typhoïde et de variole sévit par-dessus le marché. Vers midi, ce 17 janvier, la terre tremble, mais le travail paysan continue après dix-huit heures, dans la longue nuit d'hiver déjà commencée. Dans la grange des Barbedette, ce soir, on pile des ajoncs : les piquants ainsi désarmés font une nourriture substantielle pour les vaches, durant l'hiver. Eugène et Joseph Barbedette, enfants de chœur à la messe paroissiale, aident leur père au "pilage" à la lumière d'une torche de résine. Peu avant dix-huit heures, Jeannette Détais, l'ensevelisseuse (c'est son métier d'indigente), apporte aux Barbedette des nouvelles des soldats. Eugène en profite pour faire la pause et observer "les signes dans le temps" : le ciel est limpide , étoilé, et la neige couvre les toits. Va t-il revoir l'aurore boréale du 11 janvier ? 

    Non, mais tout autre chose qui l'intrigue et l'attire : du côté de la Grande Ourse, au-dessus du toit de la maison Guidecoq, voici une silhouette humaine : robe bleue parsemée d'étoiles d'or (analogue à celles du plafond de l'église) ; un sourire dans le ciel ; les mains de cette femme sont un geste d'accueil. Eugène est saisi et déconcerté : " Je la regarde et elle me regarde", dira t-il. Elle semble heureuse de le voir. Un voile noir, assorti au deuil de l'invasion encadre la figure "petite et blanche"  : " il couvre le front aux deux tiers et tombe derrière jusqu'à la taille." Sur la tête, une sorte de couronne "sans fleurons", plutôt une sorte de toque dont les bords s'écartent en trapèze vers le haut. Les étoiles sont plus lumineuses que ciel du ciel. Eugène fait part de sa découverte : " Jeannette, voyez-vous ce qu'il y a de beau ?" L'ensevelisseuse ne voit rien, le père non plus, mais Joseph s'exclame : " J'vè bin, mé !" (Je vois bien, moi !)

    Eugène l'interroge pour vérifier s'il voit bien la même chose, ce que les autres ne voient pas. Le père les ramène au travail et invite Jeannette à la discrétion, pour qu'on ne jase pas au village : " N'en dites rien, cela ferait du scandale."

    Les enfants obéissent, malgré l'attrait fascinant du ciel. Ils pilent consciencieusement, mais c'est le père qui s'inquiète : " Gàs Ugèn', va donc voir si tu vè encore. "Oui, c'est cor pareil", répond Eugène au premier coup d’œil. On vérifie avec la mère : seuls les deux garçons voient. Du coup, le village se rassemble. On appelle sœur Vitaline, l'institutrice qui loge dans l'école. Elle ne voit pas davantage, malgré les explications des voyants : " Mais si ! Les trois étoiles qui sont comme un trépied (la Grande Ourse)... eh bien, la tête de la Dame est juste au milieu."

    Arrivent Françoise Richer et Jeanne-Marie Lebossé : deux filles de l'école. Elles voient et battent des mains, joyeuses, comme les garçons  : " Oh ! la belle Dame !" On avertit le curé : l'abbé Guérin  (soixante-neuf ans). Il arrive inquiet, avec sa gouvernante munie d'une lanterne. La prière s'est déjà improvisée , y compris le chapelet des martyrs japonais, connu de sœur Vitaline. Une litanie alterne. Deux tout-petits regardent aussi avec un sourire ravi : Eugène Friteau (deux ans), infirme, enveloppé dans le châle de sa maman et Augustine Boiteau, encore plus petite, qui gazouille  avec enthousiasme : " Le Zésus ! Le Zésus !" " Que lui avez-vous dit ?" demande le Curé. " Je ne lui ai rien dit, et elle ne m'a rien dit."

    Les voyants signalent alors : " V'là d'qué qui s'fait" (quelque chose se fait). Un cadre s'est formé autour de l'apparition, une sorte de mandorle, ornée de quatre bougies, à l'intérieur. Une petite croix rouge est apparue à l'endroit du cœur.

     

    A  suivre...

  • converser avec le Maître (06) : cinquième méthode

    Extrait du livre : "Pour converser avec le Maître" de G. Courtois (Éditions Fleurus 1949)

     

    LE FEU

     

    C'est l'illustration de la phrase de Notre Seigneur : " Je suis venu apporter le feu sur la terre, et que puis-Je vouloir sinon qu'il s'allume (Lc 12,49). Cette méthode a l'avantage de mettre l'accent sur la vertu essentielle du christianisme qu'est la charité. Vous pouvez prier de la manière suivante :

    1°) Faites un acte de foi en l'amour infini de Dieu pour vous. Pensez que Dieu vous a aimé jusqu'à la folie de la crèche, jusqu'à la folie de la croix, jusqu'à la folie de l'hostie, d'un amour personnel, s'adressant vraiment particulièrement à vous.

    " J'ai pensé à toi dans mon agonie. J'ai versé telle goutte de sang pour toi." (Pascal) Et cela malgré vos négligences et vos fautes : " Je t'aime plus ardemment que tu n'as aimé tes souillures." (Pascal) "Si l'on pouvait se rendre compte, disait sainte Thérèse, de l'intensité de l'amour de Jésus pour nous, nous serions comme anéantis."

    2°) Après Lui avoir demandé pardon de si peu L'aimer, suppliez-Le de vous accorder la grâce de L'aimer davantage. Ne craignez pas d'insister :

    "Seigneur, Vous qui savez tout, Vous savez bien que je suis loin de Vous aimer comme Vous méritez de l'être. Vous savez bien que je Vous ai souvent déçu et que je Vous déçois encore. Je Vous en supplie, mettez le feu à mon cœur, pour que toute ma vie soit dominée par votre amour."

    3°) Communiez à l'amour de Marie pour Jésus. Personne ne L'a aimé comme elle. Il n'y a pas de plus grande joie à lui faire que de lui demander de faire passer en nous quelque chose de son amour pour Jésus. (...)

    4°) C'est le point culminant de cette méthode : il s'agit pendant quelques instants, sans rien dire à Jésus, de Lui faire sentir l'intensité de votre amour pour Lui.  Il ne s'agit pas de vous forcer, mais, très paisiblement et très loyalement, de concentrer sur Lui toute votre volonté d'amour.

    5°) L'amour de Jésus doit avoir comme principale expression une plus grande charité vis-à-vis du prochain, aussi importe t-il de faire grandir en votre cœur quelque chose de l'amour de Jésus pour le monde entier et plus spécialement pour les personnes de votre entourage. (...)

    6°) Efforcez-vous de vous faire poste émetteur, et d'envoyer comme des ondes de charité, de bienveillance, de sympathie, à toutes les personnes auxquelles vous avez affaire et, d'une manière générale, à toute l'humanité. Prévoyez les personnes avec lesquelles vous serez en contact, et d'avance adressez-leur des pensées de bienvenue, des souhaites de bonheur et de vie meilleure.

    Alors, finalement, en esprit offrez toute l'humanité actuellement sur la terre, et offrez-la aux rayons du Cœur de Jésus, pour qu'Il daigne les embraser du feu de sa divine charité.

     

  • converser avec le Maître (05) : quatrième méthode

    Extrait du livre : "Pour converser avec le Maître" de G. Courtois (Éditions Fleurus 1949)

     

    LES TROIS OFFERTOIRES

     

    Cette méthode des trois offertoires consiste :

    1. A s'offrir soi-même à Jésus pour se remplir de lui.

    2. A lui offrir l'humanité pour qu'il puisse la guérir et la sanctifier ;

    3. A l'offrir lui-même à son Père comme l'hostie parfaite de louange et d'amour, au nom de toute l'humanité.

     

    Reprenons ces trois points.

    1. S'offrir soi-même à Jésus

    Dans la vie du moine Dom Marmion il nous est rapporté que son père, fervent Irlandais, avait pris la résolution de ne jamais rester plus de dix minutes sans faire à Dieu l'offrande de tout lui-même. Sans arriver à cette performance spirituelle, il est bien certain que tout chrétien trouverait un enrichissement spirituel extraordinaire à s'offrir plus fréquemment à Notre Seigneur.

    Ce qui empêche peut-être certaines âmes de s'offrir à Dieu, c'est, pour les unes, la peur : "Songez donc, Dieu pourrait m'enlever ce que je vais Lui offrir !" ; pour les autres, une humilité pusillanime : " Que puis-je offrir à Dieu ? Je n'ai rien, et je ne suis rien."

    Si Dieu désire que nous nous offrions à Lui, ce n'est pas pour nous enlever ce que nous Lui présentons, mais pour nous remplir de tout ce qu' Il est, de tout ce qu'Il a. Infiniment respectueux de notre liberté humaine, Il ne pénètre en nous que dans la mesure où nous nous ouvrons à Lui, ou, en d'autres termes, dans la mesure où nous nous offrons à Lui. Il est tout don, toujours disposé à se répandre en chacun de nous et à dilater notre âme en intensifiant notre désir de nous laisser envahir par Lui.

    Le sentiment de notre misère, loin de ralentir l'élan de notre offrande, doit au contraire le stimuler. Et c'est précisément parce que nous sommes pauvres et misérables que nous avons besoin des richesses divines.

    Pour vous aider à faire ce premier offertoire, vous pouvez utiliser des phrases comme celles-ci (mais en veillant à ce qu'elles correspondent à votre véritable mouvement intérieur, car il n'y a de prière véritable que là où il y a loyauté du désir) :

    " Seigneur, je Vous offre mon esprit, remplissez-le de Vos pensées, pour que j'arrive à pensez comme Vous." (Arrêtez-vous quelques instants et précisez même les sujets sur lesquels vous désirez que le Christ fasse passer en vous son idée divine).

    " Seigneur, je Vous offre mes yeux, remplissez-les de votre regard pour que j'arrive à voir les gens, les événements et les choses comme Vous les voyez Vous-même."

    " Seigneur je Vous offre mon cœur, remplissez-le de votre amour, afin que j'arrive à aimer comme Vous."

    " Seigneur, je Vous offre ma volonté, remplissez-la de vos énergies, pour que j'arrive à vouloir comme Vous."

    " Seigneur, je Vous offre ma vie, remplissez-la de votre grâce, pour qu'elle serve à votre gloire."

    " Je Vous offre mon être tout entier, remplissez-le de tout Vous-même, pour que Vous puissiez Vous servir de moi, à volonté, en vue de la réalisation de vos desseins d'amour."

    Dans le même esprit, on peut offrir ce que l'on fait, ce que l'on souffre, ce que l'on espère, afin que tout cela, uni aux travaux de Jésus, aux souffrances de Jésus, aux désirs de Jésus, serve efficacement à la rédemption du monde.

    On peut même offrir l'heure de notre mort, afin qu'unie à la mort de Jésus en Croix, elle contribue, pour son humble part, au salut de l'humanité.

     

    2. Offrir l'humanité à Jésus pour qu'il puisse la guérir et la sanctifier

    En vertu de la communion des Saints, vous avez le droit, dans un grand élan de charité, de Lui offrir tous nos frères et sœurs de l'humanité. Vous pouvez aussi Lui offrir les prières de ceux qui prient, les douleurs de ceux qui souffrent, les combats de ceux qui luttent, les fatigues de ceux qui peinent, pour que tout cela, se coulant dans son oblation incessante, puisse prendre valeur de rédemption.

    Vous pouvez également Lui offrir les âmes découragées pour qu'Il les réconforte, les âmes en détresse pour qu'Il les console, les âmes courageuses pour qu'Il les soutienne, les âmes dans l'épreuve pour qu'Il les fortifie.

    Vous pouvez Lui offrir les péchés du monde pour qu'Il les pardonne, les efforts et les actes de vertu pour qu'Il les fasse fructifier, les défauts et les misères morales pour qu'Il y apporte le remède salutaire.

    "Seigneur, j'offre aux rayons de votre humilité toutes les âmes orgueilleuses, aux rayons de votre pureté toutes les âmes sensuelles, aux rayons de votre amour tous les égoïsmes et toutes les haines de la terre... etc..."

    Vous pouvez à ce moment-là renouveler le geste de ces disciples dont nous parle l’Évangile, qui n'hésitaient pas à présenter à Jésus tous les malades et tous les infirmes de leur voisinage. " Une force sortait de lui qui les guérissait tous " relate saint Luc (Lc 6,19). Vous pouvez prendre tous les malades du monde et les offrir ainsi aux radiations salutaires du Christ Sauveur.

     

    3. Offrir Jésus à son Père

    Jésus, Verbe incarné, est la parfaite Hostie de louange. C'est par Lui, avec Lui et en Lui que sont rendus au Père des cieux une gloire véritable et un honneur total, c'est-à-dire digne de Lui. Lui seul est capable d'adorer le Père autant qu'il est adorable, de L'aimer autant qu'il est aimable, de Lui demander pardon autant qu'Il a été offensé, de Le remercier autant qu' Il a été bienfaisant.

    Or, au baptême, en devenant membre du Christ, vous avez acquis le droit d'offrir au Père Celui qui est l'oblation parfaite.

    Pour réaliser ce troisième offertoire, vous pouvez, en union avec Marie, procéder ainsi :

    "Père éternel, en union avec Marie Vous présentant Jésus à Bethléem, au temple de Jérusalem, au Calvaire, à la descente de Croix, je Vous offre la prière incessante de Jésus pour tous les besoins du monde. Je vous offre ses humiliations, en réparation de toutes les fautes d'orgueil ; ses jeûnes au désert, en réparation des fautes de gourmandise ; ses fatigues, en réparation des fautes de paresse ; sa flagellation, en réparation des fautes d'impureté; sa charité totale, en réparation de tous les égoïsmes de la terre."

    Vous pouvez également vous unir à Lui dans l'acte incessant d'offrande qu'Il ne cesse de faire Lui-même à son Père, par ses prêtres, sur tous les autels de la terre.

     

     

     

  • Seigneur notre secours

     

    Seigneur, mon secours : psaume 120 cliquer ici

    en union de prière avec les victimes des attentats terroristes des 7, 8 et 9 janvier

    en union avec nos frères chrétiens persécutés dans le monde en particulier au Nigeria et au Proche Orient

  • converser avec le Maître (04) : troisième méthode

    Extrait du livre : "Pour converser avec le Maître" de G. Courtois (Éditions Fleurus 1949)

     

    LES PHRASES D’ÉVANGILE

     

    Vous possédez certainement un Évangile ; pas simplement les passages d’Évangile qui sont dans votre missel, mais les quatre récits évangéliques complets de saint Matthieu, saint Marc, saint Luc, saint Jean. 

    Constituez-vous une anthologie, ou, si vous préférez, des morceaux choisis, à votre usage personnel, des phrases d’Évangile, et surtout des phrases de Notre Seigneur qui vous touchent davantage.

    Et maintenant, voici comment vous pouvez procéder :

    Après avoir adoré Notre Seigneur, imaginez que Jésus vous adresse telle parole - et ce n'est pas une imagination factice, car en prononçant cette phrase, Il savait qu'un jour vous la noteriez, et Il y a caché un sens spécial pour vous. Demandez-Lui de vous la faire comprendre, et répétez-la plusieurs fois, savourez-la pour en extraire tout le suc caché. 

    Peut-être ces simples mots seront-ils le point de départ d'une conversation cœur à cœur avec Lui ? Alors, ne cherchez pas plus loin, et laissez-vous aller avec une grande simplicité à cette conversation intérieure qui facilite la mystique étreinte de l'âme avec son Dieu où, par le don mutuel, s'opère en nous une imprégnation plus profonde des vertus divines. 

    Si, au contraire, telle phrase s'est vite usée, et aujourd'hui ne vous dit rien, prenez-en une autre, puis une troisième. Vous en tirerez au moins une prière courte et fervente que vous pourrez murmurer, méditer tout au long de votre journée.

    En tout cas, on ne perd jamais à "presser" l’Évangile. Et même si, sur le champ, on ne semble rien en retirer, plus tard, dans le travail, à l'heure de la lutte ou de la souffrance, on s'aperçoit que les idées de Jésus ont pénétré notre substantifique moelle.

    Vous pourriez d'ailleurs faire la même chose avec les psaumes, les lettres de saint Paul, les textes de la liturgie du jour.

  • converser avec le Maître (03) : deuxième méthode

    Extrait du livre : "Pour converser avec le Maître" de G. Courtois (Éditions Fleurus 1949)

     

    GETHSEMANI

     

    Cette méthode convient surtout en cas de fatigue, de manque de temps ou de goût à prier, d'absence d'idées.

    Rappelez-vous ce que l’Évangile nous rapporte de la prière de Jésus au Jardin des Oliviers : "Entrant en agonie, Il prolongeait sa prière" (au lieu de la raccourcir comme nous serions tous tentés), répétant toujours la même chose : " Père, s'il est possible, que ce calice s'éloigne de Moi, mais que votre volonté soit faite, et non la mienne !" (Lc 22,42). 

    Il n'y a rien de plus simple que cette méthode. Pour être toujours en mesure de l'utiliser, ayez habituellement avec vous, sur un petit carnet, une liste d'intentions qui vous tiennent à cœur, ou, si vous préférez, un catalogue personnel de courts versets bibliques correspondant à vos véritables besoins d'âme et aux désirs que vous avez au fond de vous-même concernant la gloire de Dieu, le bien de l’Église, le bonheur de tous ceux qui vous sont chers...

    Pour établir ce carnet on peut se servir de phrases prises dans l’Évangile : " Seigneur, je crois, mais augmentez ma foi. - Seigneur, Vous qui savez tout, Vous savez bien que je vous aime. - Seigneur, si Vous le voulez, Vous pouvez me guérir "; des différentes paroles du Notre Père, etc. ou bien de prières prises dans les psaumes ou dans la liturgie; ou plus simplement encore, de formules que l'on invente soi-même parce qu'elles correspondent vraiment à nos nécessités personnelles.

    Il est parfaitement licite d'introduire dans cette liste des intentions d'ordre temporel, comme la santé, la réussite de tel projet, le succès de telle entreprise, etc. Notre Seigneur s'intéresse à tout ce qui nous touche. Dans le Pater, Il nous fait demander le pain quotidien. Il ne Lui est pas plus difficile de donner beaucoup que de donner moins. C'est de la mesure de notre confiance qu'Il fait dépendre la mesure de sa puissance effective à notre égard.

    Ne vous laissez jamais arrêter par la stupide objection : " Le Seigneur sait mieux que moi ce dont j'ai besoin, pourquoi donc Lui préciser mes intentions ? "

    Certes, le Seigneur sait toutes choses mieux que nous, mais Il sait aussi qu'il nous est salutaire, pour nous garder dans l'humilité et stimuler notre prière, de nous rendre compte de nos besoins, et c'est pourquoi Il tient à ce que nous entrions dans les détails.

    L'essentiel c'est de Lui faire confiance pour qu'il trie dans nos désirs ceux qui s'harmonisent avec son dessein d'amour sur nous.

    Ce qui est certain, c'est qu'aucune de nos demandes ne reste sans la réponse que nous aurions donnée nous-même, en voyant les choses comme Il les voit. Et Il attend notre prière pour nous accorder ce qui nous convient le mieux. "Demandez et vous recevrez ! Frappez et l'on vous ouvrira ! " (Mt 7,7)

    Après avoir adoré Notre Seigneur et vous être humilié devant Lui, choisissez quelques unes de ces intentions, et répétez-les lentement dix ou vingt fois de suite. Mais, prenez garde, il ne s'agit pas de vous transformer en moulin à prières ou de battre un record de vitesse, comme certaines personnes qui récitent en s'essoufflant  chapelets ou litanies. Méfiez de ce que Notre Seigneur appelle "l'abondance de paroles" (cf. Mt 6,7).

    Voici comment il vous faut procéder :

    Exprimez clairement, à voix basse ou au fond de vous-même, la phrase que vous avez choisie, en vous adressant à Notre Seigneur. Puis faites une pause d'une ou deux minutes ; pendant ce temps, concentrez votre volonté sur l'intention que vous venez d'exprimer, et sans rien dire essayez de faire sentir l'intensité de votre désir. Ce qui fait la force de notre prière, ce n'est pas le nombre de nos paroles, mais la puissance de notre cri intérieur. Vos prières, souvent, ne sont pas exaucées parce qu'elles ne sont pas assez "violentes" (cf. Mt 11,12)

    Puis exprimez à nouveau la même phrase, et ainsi de suite. Pour varier, vous pouvez d'ailleurs la prononcer en union avec Notre-Dame, avec votre Ange gardien, avec tel saint qui vous est cher, en union avec tous ceux qui prient en même temps que vous sur la terre, ou au nom de tous ceux qui ne prient pas.

    Quand une intention vous semble avoir été suffisamment présentée au seigneur, prenez-en une autre. Mais surtout ne cherchez ni la complication, ni la multiplication.

    Terminez comme Notre Seigneur à Gethsémani, ou sur la Croix, par un acte de communion à la volonté du Père et d'abandon confiant entre ses mains. " Père, que votre volonté soit faite et non la mienne" (Lc 22,42) - "Entre vos mains je remets mon esprit et tout ce que je suis" (Lc 23,46).