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Initiation par François Roustang

  • Une initiation à la vie spirituelle (12)

    Lorsque nous considérons Jésus-Christ, le juste par excellence, et la manière dont il nous a rachetés, les paradoxes évoqués ici s’éclairent de façon décisive. Plus que Moïse, il s’est solidarisé avec nous, il a pris sur lui nos péchés, lui qui était sans péché, et il s’est laissé conduire au gibet comme un malfaiteur. Il n’a pas fait de théorie sur les origines du mal, il n’a fourni aucune explication sur le fait du péché originel et sur les circonstances de son apparition, mais il s’est fait péché pour nous (cf. 2 Co 5,21). Les éclaircissements abstraits pourraient satisfaire nos intelligences, mais ils ne nous seraient d’aucun secours pratique. Ce que nous demandons, c’est d’être délivrés réellement du mal, nous-mêmes, nos semblables et le monde. À cette supplication, le Christ Jésus apporte le seul remède efficace : il nous invite à nous placer parmi les pécheurs qui sont devenus ses amis, à l’exclusion des autres qui s’estiment justes et qui cherchent à se distinguer du vil peuple sans foi ni loi.

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  • Une initiation à la vie spirituelle (11)

    Sens du péché et action de grâces (suite)

    La démarche qui précède n’est pas encore suffisante, car bien souvent il nous arrive, sans avoir voulu ces effets, de poser des actes dont les conséquences proches ou lointaines sont désastreuses. Bien plus, cherchant à unir des hommes entre eux sur le plan familial, politique, économique, etc., avec les meilleures intentions et une grande bonne volonté, nous aboutissons parfois à des résultats opposés. Peut-être sommes-nous coupables d’ignorance et de maladresse, mais puisque nous avons agi pour le mieux, dans les circonstances présentes et  avec les moyens dont nous disposions, nous ne pouvons penser avoir commis un péché, car nous n’avions aucune volonté consciente de mal faire. Si donc pourtant les actes que nous avons posés ont brisé des liens au lieu d’en créer, c’est que la source des divisions est plus profonde que notre vouloir et que notre jugement, qu’elle est en nous à un niveau où nous ne la percevons pas et qu’en un sens elle nous dépasse.

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  • Une initiation à la vie spirituelle (10)

    Sens du péché et action de grâces (suite)

    Tout ceci qui conduit, sous une forme très abstraite sans doute, à l’affirmation d’une évidence (le péché, parce qu’il est refus du Dieu amour, est essentiellement séparation), peut aussi amener, si l’on en tire toutes les conséquences, à élargir, et en même temps à mieux rapporter à son centre, l’expérience religieuse. Il faudrait s’exercer à voir le péché en toutes les circonstances où la division s’établit et surtout là où elle s’établit par nous. Sous la multiplicité des conseils qu’elle prodigue aux hommes, l’Église ne fait que détailler indéfiniment, selon tous les niveaux et dans tous les ordres en lesquels se manifeste l’activité humaine, les normes à suivre pour que règnent en chaque individu, en chaque cellule sociale, dans les communautés plus vastes et enfin dans l’univers entier, la paix et l’unité que le péché vient détruire.

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  • Une initiation à la vie spirituelle (9)

    Sens du péché et action de grâces

    Si le dialogue avec Dieu est souvent interrompu et menacé, si les réalités terrestres et humaines ne peuvent s'y introduire et se muer en durable amour, il faut en chercher la raison, non pas du côté du Créateur, car il se communique et livre, sans compter, la surabondance de ses richesses, mais du côté de l'homme qui ne souhaite pas recevoir, parce qu'il ne veut ni obéir ni dépendre de la gratuité divine. 

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  • Une initiation à la vie spirituelle (8)

    Nous pouvons tenter une définition plus précise de la vie spirituelle. Elle comporte  tout d'abord la certitude d'une présence. Je ne suis plus enfermé en moi-même, mais je sais qu'un Autre intervient pour m'ordonner ce qu'il veut. Impossible de le confondre avec mes pensées et mes sentiments, puisqu'il m'atteint , au-delà des émotions et des velléités passagères, en ce domaine du vouloir le plus libre où ma personne se pose dans son autonomie. 

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  • Une initiation à la vie spirituelle (7)

    La rencontre avec Dieu (suite)

    Notre aventure ne se termine pas à cette négation. On a vu que Dieu ne nous rencontrait jamais sans que ce contact avec Lui prenne la forme d'une injonction. L'accueil de son amour est toujours réponse et obéissance à son vouloir. Le Seigneur qui vient ne nous sort donc pas du monde ni du temps, mais il veut nous y insérer davantage. Ce qu'il nie en s'approchant, c'est notre indépendance ; tant qu'il la verra sur la terre de nos cœurs, de nos corps et de nos actions, il y descendra pour nous l'arracher. Ce Maître, qui ne veut rien trouver d'autre que lui, ne tente pas d'abolir, mais de transformer, de fonder à nouveau, et de changer la source polluée en la limpidité de son seul amour. Plus Dieu nous fait entrer dans l'étrange solitude du dialogue avec lui, plus il nous fait descendre dans les profondeurs de l'homme pour que nous acceptions qu'il y règne comme l'Unique.  

     

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  • Une initiation à la vie spirituelle (6)

    La rencontre avec Dieu (suite)

    Accueillir Dieu, c'est découvrit au bout du compte que son amour pour nous est toujours à son commencement et qu'il n'aura donc jamais de fin. 

    Mais dans son essence même, cet amour est exclusif de tout autre. Si Dieu n'était pas "jaloux" [analogie], absolument "jaloux", ce serait la preuve que sa bonté à notre égard n'est pas divine, qu'elle est incapable de nous contenter et de nous suffire, que son mouvement même ne tend pas à nous combler. 

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  • Une initiation à la vie spirituelle (5)

    La rencontre avec Dieu (suite)   

    Aussi faut-il parler maintenant de l'attitude qui doit précéder ou suivre l'action divine, imprévisible dans sa gratuité, afin d'y correspondre pleinement et de la reconnaître quand elle nous atteindra. Elle est accueil de la présence divine qui vient vers nous.  

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  • Une initiation à la vie spirituelle (4)

       La rencontre avec Dieu (suite)

    Ce qui est premier et dernier dans l'existence, c'est l'initiative de Dieu, car en lui se trouve l'origine et l'absolu commencement de toutes choses. Il est donc compréhensible que la vie spirituelle, en laquelle nous voyons l'épanouissement de la vie humaine et bien plus encore de la vie chrétienne, n'ait d'autre but que de percevoir, de peser et de mesurer ce fait primordial. Mais autre chose est de comprendre cette vérité au terme d'un raisonnement bien charpenté et, en apparence décisif, autre chose de découvrir que, pour moi, aujourd'hui et à jamais, il en est bien ainsi. 

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  • Une initiation à la vie spirituelle (3)

       La rencontre  avec Dieu (suite)

     

       A l'opposé de ceux pour qui le christianisme n'est rien de plus qu'une morale, il s'en trouve d'autres qui le réduisent à une vie secrète, dont le seul domaine est l'intimité de l'âme. Le Dieu que nous adorons n'est pas, en effet, seulement celui qui énonce des devoirs, mais le "Dieu sensible au cœur". 

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  • Une initiation à la vie spirituelle (2)

    La rencontre avec Dieu (suite)

    Les chrétiens qui s'en tiennent à la défense des valeurs morales, même s'ils ignorent les prolongements qu'elles permettent ou préparent, n'en sont pas moins les auxiliaires anonymes de ceux qui seront appelés à une vie chrétienne plus transparente à ses fondements et à ses fins. Par l'application de la loi transmise par révélation, c'est Dieu, en effet, qui se répand dans la communauté et qui diffuse en elle son amour. Les règles de vie sont le lien du peuple, l'éduquent à recevoir le Seigneur qui veut transformer les siens en lui-même. Sans le maintient de cet aspect collectif, la vie spirituelle risquerait de se dissoudre dans un effort individuel qui n'aurait plus de chrétien que le nom. Au contraire, le respect des lois objectives, valables pour tous, rappelle que, si la foi vient par l'intermédiaire de la communauté et ne peut croître qu'en elle, il faut servir celle-ci afin de devenir pour elle un ferment nouveau. C'est pourquoi, à tant de faux spirituels qui s'enferment dans leur solitude, les hommes qui s'en tiennent à la morale ont le droit de dire : l'efficacité sociale de la loi vaut davantage que la stérilité d'une croyance prétendue supérieure à celle du commun. 

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  • Une initiation à la vie spirituelle (1)

     La rencontre avec  Dieu.   

    La volonté de connaître Dieu, non plus par l'intermédiaire de livres ou de discours, mais par soi-même, voilà ce qui est au point de départ de toute vie spirituelle. Un désir nous brûle d'atteindre directement, de voir, de toucher, de sentir celui qui est venu parmi nous et dont le souvenir nous a été conservé. Il doit se présenter à nos yeux comme quelqu'un de vivant et d'agissant, de telle sorte que la certitude de son existence ne s'appuie plus sur les preuves et les commentaires, mais sur l'expérience d'une rencontre, qui se suffise à elle-même et qui n'ait plus besoin pour être reconnue et acceptée d'un garant extérieur à elle. 

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