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jean de la croix

  • Ne t'inquiète pas

    35. (...) Ami, pour la vie d'union avec Dieu, il faut à la fois 36. beaucoup compter sur Dieu - car tout, absolument tout, vient de lui, gratuitement - et agir avec beaucoup de ténacité - car les grâces ne sont données qu'aux généreux, aux sacrifiés, aux avides.

    Donc, toujours, à la fois, deux attitudes : premièrement, implorer avec soumission : " Sans vous, rien n'aura lieu, Seigneur !" (Saint Jean de la Croix) ; deuxièmement, déployer "cette obstination douce" en laquelle le cher abbé Bremond reconnaît une caractéristiques des vrais mystiques".

    Remarque très importante, très encourageante : les efforts qu'on fait en vue de l'intimité divine sont un signe que Dieu veut nous donner cette intimité ! C'est évident puisque ces efforts eux-mêmes nous sont donnés par Dieu. Chaque pas que nous faisons nous prouve que le chemin est déjà préparé par Dieu. Chaque acte de volonté par lequel nous choisissons l'union avec Dieu est un signe que nous sommes déjà désignés pour le divin privilège.

    C'est ce qu'exprime Pascal en une formule très solide : " Console-toi, tu ne me chercherais pas, si tu ne m'avais trouvé !" Ou la variante ci-après : " Tu ne me chercherais pas, si tu ne me possédais. Ne t'inquiète donc pas."

     

    Père Jérôme, Ecrits monastiques, Ed du Sarment, 2002 ISBN - 2-866-79343-9

  • Creuser profond la Parole

    L'incarnation du Verbe engage toute la vie de Jésus et s'achève sur la Croix, Dieu glorifiant sa Parole par sa résurrection d'entre les morts. D'une certaine manière, il en va de même pour tout auditeur de la Parole. Celle-ci prend chair dans sa propre vie dans la mesure où elle lui donne sens et l'oriente vers sa fin ultime. Elle le fait tout à la fois en confirmant l'humain dans sa dignité de créature et en l'appelant à une relation filiale avec Dieu. Ainsi la condition humaine prend-elle sens comme Parole de Dieu dans le Christ. La Bonne Nouvelle est un appel à entendre cette Parole d'élection que Dieu adresse à chacun(e) comme à un enfant unique et bien-aimé.

    Mais accueillir une telle parole, c'est entrer dans une relation de foi singulière face à laquelle l'être humain ne peut que ressentir plus profondément sa misère : " Eloigne-toi de moi Seigneur, car je suis un homme pécheur " (Lc 5, 8b). Si certains en reçoivent la grâce, ce ne peut être en vertu de mérites particuliers, mais en vue d'une mission. Le chrétien est apôtre s'il a fait  l'expérience de sa propre impuissance au regard de l'Amour. Il peut alors témoigner de la gratuité divine et aider les autres à découvrir leur liberté filiale dans le Christ. Plus le croyant sera descendu profondément dans ses propres ténèbres intérieures, plus il aura conscience du caractère absolument gratuit de son élection.

    L'écoute de la Parole à ce niveau de  profondeur suppose tôt ou tard l'expérience d'un jugement, la mise en lumière du péché, pour devenir en vérité source de salut et recréation dans le Christ. Jean de la Croix, docteur mystique de la nuit, a situé au coeur de l'expérience spirituelle la traversée du négatif. Nous le rejoignons ici sur l'autre rive, là où la Parole a transformé en lumière le mal de la vie. Dans le commentaire de son poème, "la Vive Flamme d'Amour", il décrit cette Parole devenue feu d'amour filial. Comme dans l'évangile johannique, cette expérience est l'oeuvre conjointe du Christ et de l'Esprit.

    Olivier Rousseau - L'inconnu en chemin - DDB 2008, pp. 273-274