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blaise pascal

  • il y a humanisme et humanisme

    " (...) 42. C'est un humanisme plénier qu'il faut promouvoir. Qu'est-ce à dire sinon le développement intégral de tout l'homme et de tous les hommes ? Un humanisme clos, fermé aux valeurs de l'esprit et à Dieu, qui en est la source, pourrait apparemment triompher. Certes l'homme peut organiser la terre sans Dieu, mais sans Dieu il ne peut en fin de compte que l'organiser contre l'homme. L'humanisme exclusif est un humanisme inhumain. Il n'est donc d'humanisme vrai qu'ouvert à L'Absolu, dans la reconnaissance d'une vocation, qui donne l'idée vraie de la vie humaine. Loin d'être la norme dernière des valeurs, l'homme ne se réalise lui-même qu'en se dépassant. Selon le mot si juste de Pascal : "l'homme passe infiniment l'homme"

    Extrait de la  Lettre Encyclique "Populorum Progressio" Paul VI -  26 mars 1967

  • Ne t'inquiète pas

    35. (...) Ami, pour la vie d'union avec Dieu, il faut à la fois 36. beaucoup compter sur Dieu - car tout, absolument tout, vient de lui, gratuitement - et agir avec beaucoup de ténacité - car les grâces ne sont données qu'aux généreux, aux sacrifiés, aux avides.

    Donc, toujours, à la fois, deux attitudes : premièrement, implorer avec soumission : " Sans vous, rien n'aura lieu, Seigneur !" (Saint Jean de la Croix) ; deuxièmement, déployer "cette obstination douce" en laquelle le cher abbé Bremond reconnaît une caractéristiques des vrais mystiques".

    Remarque très importante, très encourageante : les efforts qu'on fait en vue de l'intimité divine sont un signe que Dieu veut nous donner cette intimité ! C'est évident puisque ces efforts eux-mêmes nous sont donnés par Dieu. Chaque pas que nous faisons nous prouve que le chemin est déjà préparé par Dieu. Chaque acte de volonté par lequel nous choisissons l'union avec Dieu est un signe que nous sommes déjà désignés pour le divin privilège.

    C'est ce qu'exprime Pascal en une formule très solide : " Console-toi, tu ne me chercherais pas, si tu ne m'avais trouvé !" Ou la variante ci-après : " Tu ne me chercherais pas, si tu ne me possédais. Ne t'inquiète donc pas."

     

    Père Jérôme, Ecrits monastiques, Ed du Sarment, 2002 ISBN - 2-866-79343-9

  • Accueillir une présence qui nous précède

    Selon Pascal, la supériorité de l'être humain sur toute autre créature tient à cette conscience qu'il a de sa misère. La grandeur de l'homme est de pouvoir éprouver l'angoisse et il ne doit donc en aucun cas chercher à nier cette réalité par le divertissement : « Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre. » Cet humour, marqué au coin d'un pessimisme janséniste, est en fait un acte de foi en l'homme capable de courage intérieur. Celui-ci consiste à permettre le surgissement en soi-même d'une puissance de vie plus certaine que la mort, le péché ou la perdition. Il ne s'agit pas, en effet, de combattre l'angoisse par des raisonnements, ni de la fuir dans des actions extérieures, mais d'accueillir comme des enfants une Présence qui nous précède, car le Royaume de Dieu est à celles et ceux qui leur ressemblent (cf. Mc 10,14). La persévérance dans la prière au sein de la nuit donne de découvrir cette gratuité de l'existence, dont l'issue ultime ne dépend pas de l'homme qui veut ou qui court, mais de Dieu qui fait grâce (cf. Rm 9,16). Elle sauve de l'angoisse, non par la lumière de la raison ou un acte de la volonté, mais par la relation fondée sur la Parole. Mais il faut bien du temps et parfois bien des épreuves pour laisser naître en soi cet enfant du Royaume. Le chemin de cette naissance nous est inconnu, car le jaillissement originel de la vie nous échappe. Il nous appartient cependant d'assumer dans la lucidité de la foi l'irruption inattendue de la menace. Quelque chose peut venir là de Dieu qui n' advient pas ailleurs. La liberté consiste à pouvoir se risquer dans un tel acte de foi. 

    Olivier Rousseau - L'inconnu en chemin - DDB 2008, pp. 162-163