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abandon

  • notre vocation

     

    [126] (...) son orientation fondamentale [l'orientation du christianisme] qui incarne le commandement de l'amour de Dieu dans l'amour du prochain. Un prochain qui est n'importe qui. Ce n'est pas mon frère, ce n'est pas ma famille, ce n'est pas quelqu'un de ma race, ni le croyant de ma religion, ce n'est pas l'homme de ma culture. C'est n'importe qui que je rencontre et qui est dans le besoin. Avant tout l'homme dans le besoin ! C'est ça pour moi qui est caractéristique de l'esprit évangélique. Même quand on vise Dieu, on le vise à travers la communauté humaine qui est en voie de se façonner dans l'universalité. Dieu n'est pas au bout simplement de mon Eglise : Dieu est au bout de l'histoire.

    Et c'est là que le chrétien prend conscience de sa vocation qui est d'aider l'humanité à réaliser, à accomplir ses fins transcendantes. L'Eglise n'a pas sa fin en elle-même. Alors déjà elle doit renoncer à être le lieu du salut de tous les [127] hommes, car elle n'a pas dénoncé son ancienne formule " Hors de l'Eglise pas de salut". Pratiquement, aujourd'hui, elle est bien forcée d'admettre que des gens se sauvent en dehors d'elle, des gens qui ne veulent pas entendre parler d'elle. Elle ne peut pas le refuser et dire qu'ils sont damnés, sous peine de porter condamnation contre elle-même en reconnaissant qu'elle n'est pas vraiment universelle, ou qu'elle est en défaut de catholicité.

    L'Eglise doit prendre conscience de sa vocation à l'universalité, pas comme elle l'a fait dans le passé, quand elle prétendait enfermer en elle tout ce qui peut être sauvé. Dans son état actuel, où elle s'éprouve désertée ou rejetée par tant de gens, elle peut se sentir abandonnée de Dieu. Mais comme le Christ. Il n'est guère de chrétiens aujourd'hui qui n'éprouvent ce sentiment d'abandon. Situation assurément inconfortable, comme une pérégrination à travers des pays étrangers, une errance, mot remis en vogue à la suite de Vatican II : tout chrétien se reconnaît comme un "araméen errant". Il y a un sens humaniste profond là-dedans, universaliste ; c'est là où je dis : tout homme est mon frère.

     

    Joseph Moingt - Croire quand même, libres entretiens sur le présent et le futur du catholicisme.  Editions Tempsprésent  coll Semeurs d'Avenir 2010.

     

     

     

     


     


  • l'esprit d'abandon

    Seul l'abandon divin peut permettre de retrouver la paix intérieure. Mais nous ne pouvons pas être abandonnés à Dieu sans l'adoration. Autrement, nous confondons l'abandon psychologique et l'abandon divin. Or il faut bien comprendre que l'abandon psychologique n'est pas une vertu, alors que l'abandon divin, lui, est vraiment le fruit de l'amour de Dieu en nous. L'abandon psychologique revient à manquer de vertèbres : on prend la forme de la cuillère qui nous ramasse... ce qui n'est pas une qualité. Il se peut que, quand nous étions jeunes, on nous ait cassé les vertèbres, et que nous restions figés dans cette situation ; mais si nous savons qu'il y a en nous cette faiblesse psychologique, il faut demander au Saint esprit de nous transformer du dedans et il le fera. 

    Il y a aussi ceux qui ont trop de vertèbres et qui sont déterminés depuis le berceau, jusqu'à la fin de leur vie. Ceux-là ont des vertèbres, mais d'une dureté extraordinaire ; il leur faut donc demander au Saint Esprit de les assouplir. Ces deux extrèmes restent au niveau psychologique, alors que l'abandon divin, étant le fruit de l'amour et de l'adoration, est tout à fait autre chose. Il est au-delà de notre tempérament, même s'il prend des notes particulières chez celui qui manque de vertèbres et chez celui qui en a trop. L'abandon divin dépasse ces différences, en assouplissant ou en fortifiant, suaviter et fortiter (cf. Sg 8,1) L'abandon divin est donc quelque chose d'essentiel, c'est la nappe profonde de notre vie. Il faut tout le temps y revenir, par l'adoration. (...)

    Nous travaillons souvent d'une façon trop humaine, pour notre gloire ou tout simplement parce que nous avons peur, et cela n'est pas divin. Il faut arriver à travailler dans ce climat d'abandon divin. Cela ne veut  pas dire qu'on travaille avec nonchalance ; au contraire, on travaille avec une très grande ténacité, parce que c'est Dieu qui nous le demande. Nous faisons alors notre travail le mieux possible pour être des serviteurs fidèles, dans un climat d'adoration, si bien que notre travail ne peut pas s'opposer au mystère de l'oraison. 

    M.D Philippe - Suivre l'Agneau t.II - Ed. St Paul 1999 / p. 76 - ISBN : 2 85049 7819

  • Comme le parachutiste

    Le comportement de l'homme vis-à-vis de la croyance est proprement incohérent. Il y a tout un ordre de choses dans lequel nous accordons notre croyance avec une facilité déconcertante.

    Quand nous sommes piétons au bord de la chaussée, et que pour les automobiles les feux passent au rouge, nous croyons que toutes les voitures qui viennent vont s'arrêter, mais enfin nous ne le savons pas.

    Les livres d'histoire m'affirment que Napoléon a gagné la bataille d'Austerlitz le 2 décembre 1805 en Moravie : je me garderai bien  de contester tout cela dont je ne sais rien, mais je le crois sur la foi de cet immense trésor de témoignages qu'est l'histoire. Va pour Napoléon ! Va pour la Moravie ! Va pour le 2 décembre 1805 ! Qu'est-ce que cela peut bien me faire aujourd'hui, même si cette bataille a changé le sort de l'Europe. (...)

    Que mon médecin m'affirme que j'ai un cancer incurable et qu'il ne me reste que quelques mois à vivre, la foi que j'accorde à son témoignage prend un tout autre caractère. C'est que ce témoignage-là est susceptible de bouleverser ma vie.

    Le témoignage de Jésus est du même type de témoignage : on ne peut plus vivre de la même façon selon qu'on accepte ou refuse le témoignage de Jésus-Christ. Cela va si loin, l'injonction est si impérieuse que, plutôt que de changer de vie, beaucoup rejettent purement et simplement le témoignage. (...)

    La foi chrétienne est inséparable d'un risque personnel et total. Le parachutiste, au moment du saut, croit que, quand il aura sauté, le parachute s'ouvrira. Il le croit, il l'espère, à la vérité il n'en sait rien. Il risque véritablement sa vie sur cette foi et sur cette espérance. Telles sont la foi et l'espérance chrétiennes. 

    R.L. Bruckberger - La Révélation de Jésus-Christ - Grasset 1983