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foi - Page 2

  • Le Vivant

    Par la foi, je ne rejoins pas seulement sur le témoignage des apôtres quelqu'un de bien réel sans doute, mais qui vécut très loin de moi, dans le passé. Par mon acte de foi je rejoins quelqu'un qui vit, qui à l'instant même entend les pauvres mots par lesquels j'essaie de vous mettre en contact avec lui, car c'est dans ce contact actuel avec le Christ que consiste la foi. Cet homme auprès de qui Marie-Madeleine, Thomas et tous les autres se sont prosternés, c'est quelqu'un qui ne meurt plus, c'est quelqu'un d'éternellement vivant. Le témoignage qu'ils lui ont rendu est sans doute loin derrière moi, mais ce Christ qu'ils ont vu, touché, sur qui ils ont compris tout à coup que la mort ne pouvait plus rien, c'est le Verbe de Vie. Il est là maintenant devant moi aussi réel, aussi vivant, aussi tendre qu'au matin de Pâques : " Marie ! - Rabbouni ! "

    Il m'appelle comme cela. Il vous appelle, chacun d'entre vous comme cela, en ce moment même, par votre petit nom.

    (...)

    " Ce que nous avons vu, entendu..." Mais qu'est-ce qu'ils ont vu ? Qu'est-ce qu'ils ont entendu ? Qu'est-ce qu'elle nous dit cette parole des apôtres ? Elle nous dit la réalité de Dieu. Non pas un rêve, non pas le produit d'une imagination surchauffée, non pas une chimère que nous nous serions créée pour trouver dans l'au-delà une compensation à nos misères d'ici-bas, mais quelqu'un. Quelqu'un que nos premiers frères dans la foi ont touché dans son corps glorifié et dont ils nous crient, par-dessus les siècles, la réalité désormais immortelle. Quelqu'un d'aussi réel aujourd'hui pour moi, qu'il le fut hier pour eux.

    Pierre-Jourdain Houyvet - Jésus, que ma joie demeure - Cerf, 1994

  • Paradoxes 01

     

     

    La foi ne nous apporte pas une théorie plus belle que ne font les philosphes : elle nous élève au-dessus des théories. Elle nous en fait briser le cercle. Elle nous fait évader des limites de notre propre esprit. Par-delà toutes les vues sublimes sur Dieu, elle nous fait atteindre Dieu. Elle nous établit dans l'Etre. Or cela, qui seul importe, elle seule le fait.

    Henri de Lubac - "Paradoxes" - Cerf 2007 p.10

  • L'homme passe l'homme

    Dès que la foi est sollicitée,  les malentendus peuvent s'introduire à tous les échelons du savoir humain. Demandez à un chimiste de définir l'homme, il vous répondra oxygène, hydrogène, azote, calcium, fer et je ne sais quoi d'autre. Sans aucun doute il aura raison, l'homme est bien tout cela. N'empêche qu'il est quelque chose en plus, et ce quelque chose est hors des prises de la chimie.

    Que l'homme soit aussi une âme immortelle, et pourquoi pas ? Fils de Dieu, qu'importe au chimiste, ce n'est plus son affaire. Ce serait là une fausse querelle, dont nul n'aurait la solution, qui peut se  reprendre et se poursuivre au sujet de n'importe quelle semence vivante. Le chimiste peut parfaitement énumérer, analyser, peser tous les ingrédients chimiques qui composent un grain de blé : l'addition de tous ces éléments ne comportera jamais la chose la plus importante, la programmation biologique de ce grain, sa prédestination de moisson, son être futur déjà inscrit au plus secret de lui-même et qui le fera produire, "reproduire", trente, cinquante ou cent pour un.

    De même, toutes les sciences additionnées - la physique, la chimie, la psychologie, la sociologie, les sciences humaines, la psychanalyse, plus l'intuition du romancier - peuvent nous révéler ce qu'est l'homme ; le résultat de toutes ces connaissances peut être tout ce qu'il y a de plus exact, la révélation de Jésus est au-delà, elle porte sur l'origine première de l'homme et sur sa destination ultime et mystérieuse au-delà du monde. (...)

    S'il le veut, il peut aussi participer à une Vie autre, plus haute et plus profonde, que Jésus a appelée la Vie éternelle. Jésus est venu non seulement pour nous parler de cette Vie, pour nous assurer qu'elle existe...mais pour nous engendrer à cette Vie et nous y faire naître. (...) La seule condition qu'il mette....c'est la foi.

    R.L Bruckberger - La Révélation de Jésus-Christ - Grasset 1983. pp. 156-157

  • Comme le parachutiste

    Le comportement de l'homme vis-à-vis de la croyance est proprement incohérent. Il y a tout un ordre de choses dans lequel nous accordons notre croyance avec une facilité déconcertante.

    Quand nous sommes piétons au bord de la chaussée, et que pour les automobiles les feux passent au rouge, nous croyons que toutes les voitures qui viennent vont s'arrêter, mais enfin nous ne le savons pas.

    Les livres d'histoire m'affirment que Napoléon a gagné la bataille d'Austerlitz le 2 décembre 1805 en Moravie : je me garderai bien  de contester tout cela dont je ne sais rien, mais je le crois sur la foi de cet immense trésor de témoignages qu'est l'histoire. Va pour Napoléon ! Va pour la Moravie ! Va pour le 2 décembre 1805 ! Qu'est-ce que cela peut bien me faire aujourd'hui, même si cette bataille a changé le sort de l'Europe. (...)

    Que mon médecin m'affirme que j'ai un cancer incurable et qu'il ne me reste que quelques mois à vivre, la foi que j'accorde à son témoignage prend un tout autre caractère. C'est que ce témoignage-là est susceptible de bouleverser ma vie.

    Le témoignage de Jésus est du même type de témoignage : on ne peut plus vivre de la même façon selon qu'on accepte ou refuse le témoignage de Jésus-Christ. Cela va si loin, l'injonction est si impérieuse que, plutôt que de changer de vie, beaucoup rejettent purement et simplement le témoignage. (...)

    La foi chrétienne est inséparable d'un risque personnel et total. Le parachutiste, au moment du saut, croit que, quand il aura sauté, le parachute s'ouvrira. Il le croit, il l'espère, à la vérité il n'en sait rien. Il risque véritablement sa vie sur cette foi et sur cette espérance. Telles sont la foi et l'espérance chrétiennes. 

    R.L. Bruckberger - La Révélation de Jésus-Christ - Grasset 1983