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2e Dimanche de Carême - année B - Cette Parole à nulle autre pareille

Nos vies sont des montées à Jérusalem, nos vies sont des chemins de croix : l’Évangile de ce jour nous invite à le reconnaître. Pierre a confessé le Christ comme le Messie, le Fils du Dieu vivant. Tout le contenu de la plénitude de la foi est donné là et pourtant dès que le Seigneur lui apprend sa montée à Jérusalem, sa mort et sa résurrection, le scandale est là.

Pierre s'insurge : " Non, cela ne t'arrivera pas !" Nous sommes au cœur de toute foi humaine, nous sommes tous comme Pierre, nous refusons tous ce chemin, chemin qui mène à Jérusalem et qui mène à la croix et à la gloire. Nous le refusons parce que nous avons peur de bien des manières, parce que nous nous demandons vraiment où le Seigneur veut en venir et parce que nous sommes toujours face à ce scandale du mal, ce scandale de la souffrance, ce scandale du chemin que le Seigneur a choisi pour nous. Mais le Seigneur nous aime, il est plein de tendresse. Il ne veut pas nous laisser dans cette faiblesse. Il veut que notre foi grandisse, que notre foi s'épanouisse, qu'elle prenne toute sa dimension.

" Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, il les emmène eux seuls, à l'écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux." Jésus dévoile à ses Apôtres qui il est, il dévoile qu'il habite cette gloire depuis toujours auprès du Père, il dévoile qu'il est le Seigneur présent et qu'il suffit de le regarder pour le trouver. Il nous invite aussi à le contempler. C'est vraiment son visage que nous avons à découvrir, ce visage à nul autre pareil, ce visage que le Seigneur nous donne de contempler dans la foi avec les yeux illuminés du cœur.  Cet homme qui marche vers le croix, c'est l'homme qui est le Fils de Dieu, c'est la splendeur du Père, c'est la splendeur de la vie éternelle manifestée.

Mais, même là encore notre foi est faible. Comme Pierre nous sommes tentés de dire : " Maître il est heureux que nous soyons ici ; dressons donc trois tentes : une pour toi, une Moïse et une pour Élie." Oui, nous sommes tentés de fixer l'instant inouï où ils ont été devant le Seigneur, non plus sous son aspect d'humilité, mais sous son aspect de gloire. Nous avons la tentation de fixer les moments du Seigneur, ceux que nous aimons, ceux qui ont touché notre sensibilité, ceux où nous nous sommes trouvés avec le Seigneur sous sa tente, pris dans son mystère, pris dans son amour.

"De la nuée une voix se fait entendre : Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoutez-Le." Tout est là. Il suffit d'écouter, il s'agit d'entendre la Parole. C'est la même parole dite au Baptême. C'est la parole qui dit tout le mystère du Seigneur. Celui-ci est le Fils qui se livre tout entier pour nous et nous avons à l'écouter. Nous devons écouter cette Parole à nulle autre pareille, cette Parole qui nous dit tout, tout de nous-mêmes, tout de Dieu. Nous avons à l'écouter pour l'entendre.

Il faut bien reconnaître qu'écouter et entendre cette Parole fait mal. La Parole de Dieu éclaire, pénètre la chair, est comme un glaive à deux tranchants  ; elle nous engage jusqu'au tréfonds de nous même. Souvent nous avons peur d'écouter cette Parole comme nous avons peur de monter à Jérusalem, nous avons peur d'écouter cette Parole si étonnante qui nous trace pour chacun un chemin que nous ne connaissons pas.

Le Seigneur est un chemin. Il faut rentrer dans ce chemin si difficile. Nous savons que ce chemin nous invitera à aller toujours plus loin dans le mystère du Christ. Vous savez ce qui est arrivé à Pierre : il a renié son Seigneur puis il a reçu l'assurance qu'il passerait par la même voie que lui. Pierre a entendu cette Parole étonnante qui dit tout le mystère de Dieu. Il faut que nous l'écoutions nous aussi, d'autant plus que c'est l'expression même de l'amour du Père, l'expression de cet amour infini qui est là, qui est tout présent et qui triomphe de toutes les difficultés.

Le scandale. Le scandale de la croix. Il ne faut pas biaiser devant lui, il est immense, il est au cœur de toutes nos vies et il nous prend tous à un moment où à un autre. Le Seigneur a eu son heure. Nous aurons notre heure aussi, nous aurons des moments où il faudra tenir dans la foi nue, dans la foi où l'on ne sent rien, dans la foi qui est le mystère de Dieu qui s'ouvre à nous, qui découvre la splendeur de l'amour. Il faut entrer dans le Mystère de Dieu mais pour cela, il faut laisser la Parole de Dieu nous y introduire. Cette rentrée du Seigneur dans nos vies par sa Parole q quelque chose d'étonnant, qui nous bouleverse tous un peu. Il rentre comme il lui plaît, de façon unique pour chacun. Il y a un regard du Seigneur sur chacun de nous, un regard qui nous construit, qui nous donne d'aimer, qui nous donne de le rencontrer, mais ce regard est différent pour chacun. Il nous invite à aller toujours plus en avant.

Nous risquons de faire comme Thomas, de dire au Seigneur que nous le suivrons partout et à chaque instant.  Le Seigneur est capable de nous faire comprendre qu'il n'en est rien, que nous ne le suivons  pas vraiment !  Le fond de notre prière doit consister à demander au Seigneur d'être fidèles à l'infini, cet infini qui nous est donné par sa Parole, par le Fils bien-aimé qui nous entraîne dans la vérité de son amour.

Chacun d'entre nous est appelé par le Seigneur par son petit nom. Cet appel est unique pour chacun, c'est vraiment l'appel du Seigneur qui nous demande de venir près de lui et de demeurer près de lui. Il n'y a rien de contradictoire entre le désir de Pierre, Jacques et Jean d'avoir une tente et la demeure que nous promet saint Jean. La demeure que nous promet saint Jean, c'est celle que le Seigneur promet à tous les disciples qui lui sont fidèles. Il s'agit pour nous d'entrer dans cette demeure de l'amour, demeure du mystère de l'Esprit-Saint.

Dans l'eucharistie que nous allons célébrer, nous demanderons au Seigneur d'entrer dans ce mystère qui nous enveloppe de partout, qui nous scandalise bien souvent mais qui est ouverture au mystère de Dieu. Le Seigneur ne veut qu'une chose, nous donner son Fils, nous livrer son Esprit, nous livrer à l'Amour. Pour que nous le suivions comme les saints l'ont suivi, comme tous les témoins innombrables l'ont suivi, nous avancerons à pas d'amour dans la foi et le Seigneur nous fera comprendre qui il est. Nous le connaîtrons comme on ne peut connaître personne, nous le connaîtrons de manière intime et nous chanterons la gloire de Dieu car nous l'aurons découvert vivant, Fils bien-aimé. Nous serons, nous aussi, des fils bien-aimés qui écoutent la Parole, la mettent en pratique, c'est-à-dire laissent la Parole déchirer leur cœur pour lui ouvrir leur porte et que nos cœurs broyés, humiliés découvrent la splendeur de Dieu.

Que la splendeur de Dieu pénètre dans votre cœur et qu'elle vous ouvre à l'amour du Père. Amen ! 

 

 

Texte tiré de " Seigneur, rien n'est plus vrai que Ta Parole. Méditations et homélies dominicales pour l'année B "  de Marie-Joseph Le Guillou. Éditions Parole et Silence 

 

 

 

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