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Préliminaires à la prière - 14/14

Conclusion

En terminant ces rubriques sur les préliminaires à l'oraison, n'y aurait-il pas quelques réflexions à souligner ?

Assurément, le découpage auquel nous avons soumis l'entrée en prière risque de paraître factice, compliqué. Disons d'abord qu'il s'agit d'une prise de vues au ralenti. Dans le courant  de notre oraison, l'application de ces conseils sera plus ou moins longue selon la grâce, l'inspiration, l'expérience de chacun. Pour certains même, ils auront l'impression de sauter par-dessus ce seuil. Si Dieu accorde cette grâce comment chercher ailleurs ! Mais là encore, d'une manière ou d'une autre, certainement l'Esprit du Seigneur les poussera à s'unir à Lui par une foi plus vive, à s'humilier, à solliciter avec plus d'insistance la lumière du cœur. 

Confondus au rythme d'un dialogue dont le Tout-Puissant se rend pleinement Maître, ces trois temps [à savoir : 1°) se placer sous le regard de Dieu, 2°) purifier son cœur, 3°) invoquer l'Esprit Saint ]  réapparaîtront ici où là et se mêleront à la trame même  de la prière. Mais le plus souvent pour un bon nombre de chrétiens, il n'en sera pas ainsi. Le moment de prier devient pour eux un instant laborieux. Ils ne savent trop comment s'y prendre. Par ailleurs, les voilà déconcertés par les préoccupations, les distractions. Peut-être même la prière leur paraît  un exercice trop élevé ou inutile. Plaise à Dieu que ces quelques indications soient providentielles ? Il suffit d'une poignée de brindilles pour allumer une grande flamme. A qui voudra se recueillir, lire l' Écriture, ouvrir les premières heures d'une retraite spirituelle, ces quelques conseils voudraient offrir un moyen élémentaire d'attiser l'Amour de Dieu. L’expérience enrichira  ces directives sommaires. La mise en présence de Dieu pourra se prolonger dans l'adoration et la louange des Trois Personnes divines  ou dans un silence paisible devant le Saint Sacrement . Le cœur s'humiliera d'autant plus que l'âme subira une crise violente  ou bien pour obtenir une grâce urgente, le priant s'abaissera davantage, à l'image de la Cananéenne. Rien ne rebute le malheureux qui "comme le petit chien se rassasie des miettes de la table" (Mc 7,28).

Enfin, ne restera-t-il pas vrai selon l'enseignement des mystiques, très spécialement de sainte Thérèse d'Avila, que dans les voies de l'oraison nous demeurons toujours commençants ? On ne passe pas une fois pour toute par les salles basses, obscures du château. On ne s'installe pas à demeure dans les appartements du roi. Sans cesse, il faut recommencer ce laborieux pèlerinage : de la connaissance de nous-mêmes à la connaissance de Dieu, des rudiments de la vie spirituelle aux états plus élevés que Sa Majesté accorde quand bon Lui semble. C'est alors que l'assistance de l'Esprit s'imposera. Jusqu'ici on croyait s'en tirer tout seul. La lumière divine montrera quel orgueil diffus commandait ces démarches. Nous pensions être quelqu'un, en réalité nous n'étions rien : nous ne pouvions même pas dire " le Nom de Jésus sans l'inspiration  du Saint Esprit" (1 Co 12,3). Tout d'un coup, le Seigneur déchire l'illusion. Vanité de l'effort sans "Celui qui renouvelle la face de la terre" (Ps 104,30). N'a-t-on pas découvert la vraie prière, celle où l'Esprit Saint lui-même intercède pour nous ? A suivre ces très modestes conseils, inspirés de l’Écriture et de l'expérience des Saints, nous avons permis au Seigneur  de se lever comme un grand aigle : 

"tel il veille sur son nid,

Plane au-dessus de ses petits,

Déploie ses ailes et les prend.

Yahvé est seul pour les conduire." (Dt 32,11)

                                       

                                        Pierre Lauzeral s.j

                                        La Guardia (Espagne) 20 août 1959

                               Préliminaires à la prière , Ed Apostolat de la prière

                               coll. du Mirail, 1961     

 

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