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Préliminaires à la prière - 12

[suite de : préliminaires à la prière - 11 ]

 

Les trois conditions requises pour prier :  troisième condition

 

Pour entrer en prière (en oraison), trois conditions sont requises :

- se placer sous le regard de Dieu, [billets 01 à 06 ]

- purifier son cœur,  [billets 07 à 11 ]

- invoquer l'Esprit-Saint [billets 12 et 13 ]

- conclusion : billet 14

 

L'invocation du Saint-Esprit

 

Une fois en présence de Dieu, une fois approfondie la conscience de notre petitesse et de notre péché, il reste un dernier préliminaire à l'oraison : c'est l'invocation du Saint-Esprit.

En réalité, tous ces actes dont nous nous sommes attardés à développer le contenu constitue le début de l'oraison. La principale besogne qui s'impose maintenant consiste à s'exercer soi-même à la prière sur un sujet donné. Or, il est impossible de mener à bien cette activité sans l'aide spéciale de l'Esprit-Saint. Vérité, à notre sens, trop peu enseignée, encore moins pratiquée, dont saint Paul, pourtant, nous fournit une affirmation solennelle.

Le texte sur lequel nous voulons nous attarder est tiré de la Lettre de saint Paul aux Romains. Au chapitre 8, l'Apôtre décrit d'une manière vigoureuse la vie du chrétien. Avant tout, elle est spirituelle, non au sens psychologique, mais parce que l'Esprit-Saint lui-même en devient l'âme. Il provoque en nous des réactions de fils de Dieu. En définitive, c'est Lui qui anime nos relations les plus personnelles avec le Père, dans le Christ Jésus. Serait-il surprenant que l'Esprit ne pénètre pas notre prière, qu'il n'en fasse pas un peu son affaire ?

"... L'Esprit-Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons que demander pour prier comme il faut, mais l'Esprit lui-même intercède pour nous  en des gémissements indicibles et Celui (Dieu le Père) qui sonde les cœurs sait quel est le désir de l'Esprit et que son intercession pour les saints correspond aux vues de Dieu." (Rm 8,26-27)

Nous ne savons pas prier, car nous ignorons dans quel sens nous devons orienter notre prière. Notre condition de créature accuse notre faiblesse. Nous recevons tout de Dieu. Il est le seul qui se suffit. Nous sommes en indigence de Lui. De plus, même "lavés" au baptême, "sanctifiés", "justifiés par le Nom du Seigneur Jésus-Christ et par l'Esprit de notre Dieu (1 Co 6,11), nous constatons que le "péché habite en nous" (Rm 7,20), c'est-à-dire la convoitise, cet instinct du mal, non effacé par l'eau baptismal, toujours en rébellion et prêt, une fois libéré, à donner la mort. Les vertus reçues de Dieu au début de notre vie filiale demeurent fragiles en nous, sans cesse attaquées par notre égoïsme, le tentateur et le monde : foi inconstante, espérance facilement déconcertée, charité trop timide...

Mais voilà quelqu'un qui sait de quel limon la "main" divine nous a suscités. L'Esprit-Saint, Dieu comme le Père et le Fils avec qui Il partage même puissance, même éternité, même beauté, même divinité, l'Esprit dont notre cœur accueille la présence par l'état de grâce, l'Esprit plein de douceur et de force qu'attire notre impuissance radicale, provoque en nous comme une nouvelle haleine du Créateur et nous apprend à prier, à respirer en Dieu.

"Nous ne savons que demander".  Notre prière s'égare sur l'objet de ses demandes. Combien sommes-nous enclins à gémir auprès du Seigneur pour des avantages, des chances matérielles, des bagatelles, pour une sainteté encore trop intéressée. Mais, lui, l'Esprit de feu, purifie l'âme  de ses projets et désirs égoïstes. Il redresse l'intention. Il l'oriente vers le Royaume. Il ouvre le cœur à la "sollicitude de toutes les Églises". Il l'incline vers une oraison plus conforme aux demandes du Pater : la sanctification du Nom à jamais béni, la prompte venue de Son Règne, l'accomplissement de sa Volonté.

"L'Esprit-Saint lui-même intercède pour nous en des gémissements ineffables." L' Esprit ne se tient pas à l'intérieur de notre prière comme un pédagogue ou un conseiller. Il est lui-même notre intercession, son âme la plus authentique. Et parce qu'il l'anime  du dedans, Il lui insuffle un élan puissant et la persévérance  nécessaire pour la faire remonter jusqu'au Père. D'un mot, saint Paul décrit cette intervention de l'Esprit.  Elle s'exprime "en gémissements ineffables". Qu'est-ce à dire ? Peut-être la véritable oraison se réalise-t-elle au-delà de notre imagination, de la formulation de mots intérieurs. Il s'agit d'un contact simple, non exprimé - d'un regard, d'une présence, d'un silence. Sans doute, la Vierge Marie priait-elle ainsi en contemplant l'Enfant de la Crèche. (...) A suivre...

 

                                           Pierre Lauzeral s.j

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