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Comment prier le Rosaire (3) ? Avec Marie (2/2)

L'Ecriture ne dit là-dessus que peu de chose  ; elle est cependant éloquente pour celui qui veut comprendre, d'autant plus que, en dernière analyse, c'est la voix de Marie elle-même que nous entendons là. Car autrement, comment donc les évangélistes auraient-ils été renseignés sur le mystère de l'Incarnation, sur les premiers événements de l'enfance et sur le voyage à Jérusalem ? Si nous ne voulons pas considérer les premiers chapitres des Évangiles comme appartenant à la légende (mais chacun doit comprendre ce qu'il fait en ce cas : il prétend décider quelles paroles de l'Ecriture sont des paroles de Dieu et, par là, il supprime radicalement la révélation), nous sommes bien obligés de dire que les souvenirs de Marie, les événements de sa vie, Marie elle-même, sont à l'arrière-plan des Évangiles de l'enfance. Et non seulement à l'arrière-plan, car il est absolument inconcevable qu'ayant vécu près de trente ans avec le Seigneur, elle n'ait pas parlé de lui après son départ. 

Quelle influence ses récits et, par là, les expériences de sa propre vie ont exercé sur la compréhension du Christ et sur la prédication de l’Évangile en général, il est impossible de le mesurer.

Cette existence n'a rien de fabuleux, rien de légendaire. Elle est toute simple, toute réelle - mais de quelle réalité ! La légende a souvent un accent de piété, un sens profond, mais il n'est pas rare qu'elle manque de sérieux, qu'elle soit même quelquefois extravagante. Et même lorsqu'elle est vraiment pieuse, elle peut présenter un danger. Elle raconte des choses merveilleuses, mais, par là, elle fait perdre facilement le sens de ce qui est beaucoup plus beau, beaucoup plus pieux, beaucoup plus merveilleux que toute légende c'est-à-dire la réalité. La vie de Marie, telle que la raconte l'Ecriture, est d'une vérité aussi humaine qu'elle peut l'être, mais le mystère d'une communion avec Dieu, d'un amour de Dieu, dont nous ne pouvons imaginer la profondeur, comble cette humanité. C'est vers ce mystère qu'est orientée la prière du rosaire. 

Ainsi Jésus remplit cette vie de femme comme l'enfant remplit la vie de la mère pour qui il est l'Unique, le Tout. Mais, en même temps, il est aussi son rédempteur, ce qu'aucun enfant ne peut devenir pour sa mère. Lorsqu'on parle de l'enfant et de la mère en de tels termes, il s'agit la plupart du temps de paroles vides, mais si on les prononce sérieusement, on blasphème. Or, par sa relation à Jésus, Marie accomplit non seulement son existence maternelle dans son humanité, mais aussi sa rédemption. En devenant mère, elle devient chrétienne. En vivant avec son enfant, elle vit avec le Dieu dont il est la révélation vivante. Tandis qu'elle grandit humainement par son enfant comme le fait toute mère qui aime vraiment, tandis que, au prix de tous les renoncements, de toutes les douleurs que cet effort implique, elle rend libre la voie où l'existence de son Fils l'appelle, non seulement elle devient elle-même humainement libre, mais elle mûrit dans la grâce et la vérité divines. C'est pourquoi Marie n'est pas seulement une grande chrétienne, une sainte parmi tant de saints ; elle est la Seule, l'Unique. Personne n'est semblable à elle parce qu'il n'est arrivé à personne ce qui lui est arrivé.  (...) 

Marie est celle à qui s'adresse le Rosaire, celle qu'il considère sous des aspects toujours nouveaux. Réciter cette prière, c'est demeurer dans la sphère où vécut Marie, sphère toute remplie du Christ. Ainsi, à regarder au fond des choses, le rosaire est une prière christologique. (...) Dans cette prière, on contemple la personne de Jésus et sa vie en Marie. C'est là ce qui fut le centre de sa vie, ce qu'elle a vu, ressenti, "conservé dans son cœur" (Lc 2,51)

 +Romano Guardini

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