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Comment prier le Rosaire (3) : Marie (1/3)

Dans la sphère créée par la parole sainte, c'est Marie qui se présente immédiatement, figure centrale du rosaire.

Dès les origines, elle a été chère au cœur chrétien. Déjà les disciples de Jésus l'entouraient tout spécialement d'amour et de respect en même temps. On le sent quand on recherche les textes des Évangiles et des Actes des apôtres où il est question d'elle en passant, mais, dans l'ensemble, à des reprises vraiment nombreuses. Le peuple chrétien a toujours aimé Marie d'un amour réservé à elle seule, et ce ne fut pas une heure favorable que celle où, pour honorer le Fils, des chrétiens crurent devoir rompre le lien très ancien qui les unissait à sa mère. 

Qui est-elle ?  

Disons-le aussi simplement qu'on peut le dire : elle est celle dont la vie de femme a été toute remplie par Jésus-Christ, Fils de Dieu, et notre Rédempteur. Fait aussi simple et qui, en même temps, dépasse autant toutes les mesures terrestres que l'incarnation même de Dieu. 

Il existe deux possibilités de grandeur. L'une consiste à être grand soi-même : un créateur, un héros, le porteur d'un grand message, un homme d'une destinée particulière. L'autre consiste à aimer un tel être et cette grandeur semble de même nature que la première. Car, pour que l'on puisse embrasser et porter la destinée d'un autre, il faut que la force de son propre cœur soit à la mesure de l'être aimé et de sa destinée...

Jésus-Christ a rempli la vie de Marie : qu'est-ce que cela signifie donc ? Prenons-y garde, il est vrai. 

Jamais un cœur humain  fut-il le plus profond, ne pourra entrer avec le Christ dans le même rapport qu'avec un autre être aimé. Une limite se dresse entre eux : le Christ ne peut se comparer à personne, car bien qu'il soit notre frère, la racine la plus profonde de son être est en Dieu. 

Bien plus : tout ce qui vient d'être dit sur la mesure et la grandeur devient inexact quand il est en cause et doit donc être repris. Cependant, le fait demeure que Marie fut sa mère, et chaque fois que l’Évangile parle d'elle, elle n’apparaît pas seulement comme celle qui a mis au monde l'Enfant rédempteur et l'a élevé, indispensable et cependant étrangère à l'essentiel ; tout au contraire, elle est là, vivante, connaissante, aimante,   dans ce domaine saint entre tous. 

En soi, déjà, le récit du message de l'ange doit suffire à tout croyant qui sait lire ; ce message ne signifie pas, en effet, qu'elle apprend que le dessein divin s'accomplira en elle ; c'est une demande qui lui est adressée : veut-elle qu'il en soit ainsi ?  

Cet instant est un abîme qui peut donner le vertige, car voici Marie, avec sa liberté, décidant initialement de tout ce qui sera la rédemption.

Or la question : "Veux-tu collaborer à la venue du Rédempteur ? " est identique à cette autre : " Veux-tu devenir mère ?"

Que faut-il entendre par là ?

Et qu'est-ce que cela signifie qu'elle ait conçu le Fils de Dieu, le Rédempteur du monde, qu'elle l'ait porté et enfanté ? qu'elle ait craint pour sa vie et soit partie en exil à cause de lui ? qu'il ait grandit à côté d'elle dans le silence de la maison de Nazareth, puis l'ait quittée pour accomplir sa mission, mais que, comme nous l'apprennent les allusions de l'Ecriture , elle l'ait suivi avec son amour et, à la fin, ait été debout au pied de sa croix ? qu'elle ait appris la Résurrection, qu'après son Ascension, elle ait attendu parmi les disciples la venue de l'Esprit et que les torrents de sa puissance soient descendus sur elle? qu'elle ait ensuite continué à vivre auprès de l'apôtre "que Jésus aimait", à qui il l'avait lui-même confiée, jusqu'à ce que son Fils et Seigneur l'appelât ? 

A suivre...

+Romano Guardini

 

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