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Cinquième mystère douloureux : Jésus meurt sur la Croix

Puis ils le crucifient et se partagent ses vêtements en tirant au sort ce qui reviendrait à chacun. C'était la troisième heure quand ils le crucifièrent. 

L'inscription qui indiquait le motif de sa condamnation était libellée : " Le roi des Juifs."

Et avec lui ils crucifient deux brigands, l'un à sa droite, l'autre à sa gauche. Les passants l'injuriaient en hochant la tête et disant : 

- Hé ! Toi qui détruis le Sanctuaire et le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même en descendant de la croix !

Pareillement les grands prêtres ricanaient entre eux avec les scribes et disaient :

- Il en a sauvé d'autres et il ne peut se sauver lui-même ! Que le Messie, le roi d'Israël, descende de la croix : alors nous verrons et nous croirons.

Même ceux qui étaient crucifiés avec lui l'insultaient.

Évangile selon st Marc (Mc 15,24-32)

Après cela, sachant que tout, désormais, était achevé pour que l'Ecriture s'accomplisse jusqu'au bout, Jésus dit :

- J'ai soif.

Il y avait là un vase remplie d'une boisson vinaigrée. On fixa autour d'une branche d'hysope une éponge imbibée de vinaigre et on l'approcha de sa bouche. Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : 

- Tout est accompli. 

Puis, inclinant la tête, il remit l'esprit. 

Évangile selon st Jean (Jn 19,28-30)

 

 

Méditation du Père Romano Guardini

"Tout est accompli" (Jn 19,30) 

Ce mystère nous dit comment " tout s'achève".

Ce qui se passe ici a son prélude dans la création du monde : toutes choses furent. Puis le péché a tout entraîné à sa perte.

Maintenant, le Seigneur reprend tout dans sa vie et le subit dans des douleurs que lui seul connaît.

Par là, il atteint les sources les plus profondes de la grâce et nous les ouvre. La nouvelle création en jaillit.

Le nouveau commencement qui nous est donné, les forces grâce auxquelles l'homme nouveau doit croître en nous et monter à l'éternité, les cieux nouveaux et la terre nouvelle qui surgiront un jour autour de lui ; tout cela a son origine dans cette heure. Il faut que nous le sachions. Nous devenons chrétien dans la mesure où cette "science" qui consiste à vivre de la Passion du Christ s'éveille en nous et nous accompagne, sous-jacente à tout. 

A partir de là, notre propre souffrance se transforme aussi. Alors qu'auparavant elle n'était que la conséquence de la faute et de l'état de disgrâce dans lequel celle-ci nous a mis, elle est désormais unie au mystère de la croix. Elle participe au pouvoir de transformer l'existence ancienne en existence nouvelle. 

Dans son fond, la souffrance humaine ne saurait recevoir du monde aucune consolation. Rien ne peut réellement lui apporter secours. La plupart du temps, nous ne le remarquons pas parce qu'elle ne dure pas tellement longtemps ou que l'attention en est détournée. Mais si elle grandit et que nous ne puissions faire autrement que de la regarder en face, nous voyons qu'il n'y aurait un secours pour la souffrance que s'il naissait d'elle-même. Depuis la Passion du Christ, il en est ainsi.

Si nous souffrons avec le Christ, l'existence ancienne se transforme en vie nouvelle. Quand l'homme comprend ce mystère et lui fait confiance il pénètre au centre des choses et tout rentre dans l'ordre. 

Mais où est Marie dans tout cela ? Nous n'avons pas parlé d'elle parce que l'Ecriture n'en parle pas non plus dans son récit des derniers jours de Jésus. Elle le fait seulement à la fin, lorsqu'il est dit qu'elle "était debout au pied de la croix" (Jn 19,25) Mais cette parole vaut pour tout ce qui précède. Toujours Marie est demeurée "debout au pied de la croix". Jamais elle ne s'est écartée du domaine terrible et sacrée où avait lieu la Passion du Christ.

Son cœur étant ce qu'il était, il est tout naturel qu'elle ait été présente partout où elle pouvait l'être. Tout naturel aussi qu'elle ait tout su. Chaque souffle du Seigneur était son propre souffle, chaque battement de son cœur à lui, le battement de son cœur à elle, et rien ne l'atteignait, lui, qui ne "traversât aussi son âme" comme Siméon l'avait un jour prophétisé. Ainsi, nous devons la voir partout présente, elle aussi.

Marie nous rattache aux événements. Elle fait que non seulement nous les regardons et y réfléchissons, mais aussi qu'ils nous concernent. Nous-mêmes. Chacun d'entre nous. Moi. Elle fait que je ne me dérobe pas dès qu'ils sont trop lourds pour la lâcheté de mon cœur, mais que je reste. 

Marie est restée "jusqu'à ce que tout fût accompli". Il faut donc que je reste aussi. 

+R.G

 

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