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Troisième mystère glorieux : la Pentecôte

Le jour de la Pentecôte étant arrivé, ils se trouvaient tous ensemble dans un même lieu, quand, tout à coup, vint du ciel un bruit tel que celui d'un violent coup de vent, qui remplit toute la maison où ils se tenaient. Ils virent apparaître des langues qu'on eût dites de feu; elles se partageaient, et il s'en posa une sur chacun d'eux. Tous furent alors remplis de l'Esprit Saint et commencèrent à parler en d'autres langues selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer.

Ac 2, 1-4

 

 

 

Méditation du Père Romano Guardini :

 

Le soir précédant sa Passion, le Seigneur avait dit aux siens : " Je ne vous laisserai pas orphelins." (Jn 14,18). Lorsqu'il s'en alla, ils furent réellement orphelins. Car Dieu n'était plus désormais auprès d'eux comme il l'avait été en lui.

Mais au jour de la Pentecôte, Dieu revint dans l'Esprit Saint que le Seigneur  leur avait envoyé. Ils n'étaient plus orphelins désormais ; l'ami, "le secours", le guide céleste était auprès d'eux. mais son opération était de les "conduire à toute la vérité" et de leur " donner le Christ" (Jn 16,13-14).

Parmi ceux sur qui descendit l'Esprit Saint, Marie était aussi présente ; l'Ecriture le dit expressément et nous pouvons peut-être deviner quelque peu ce que furent pour elle le souffle et les flammes venus de Dieu. Chaque fois que l’Évangile parle d'elle, on perçoit sans cesse comme une distance entre la mère selon la chair et la nature incompréhensible de son Fils divin. La phrase : " et ils ne comprirent pas ces paroles " (Lc 2,50) est partout en corollaire. 

Mais lorsque vient le Saint-Esprit, il la conduit, elle aussi, "à toute la vérité" ; "il prend ce qui est au Christ et le lui donne". Désormais les énigmes se résolvent Elle reconnaît l'action de Dieu et chaque événement trouve son sens. 

A nous aussi le Saint-Esprit est envoyé. Il fait que nous ne sommes pas orphelins. Il est près de nous pourvu que nous-mêmes voulions rester près de lui. Il dirige notre vie à travers tout ce qu'elle a d'incompréhensible, mais aussi il faut que nous nous en remettions à lui. 

Quand nous le prions en lui donnant accès dans notre pensée et dans notre amour, il nous apprend à comprendre le Christ et, dans le Christ, notre propre existence. Mais là où l'obscurité reste impénétrable parce que l'existence terrestre est fermée de toutes parts, il nous donne, en un "quand même" divin, ainsi que le dit saint Paul, le "témoignage que nous sommes enfants de Dieu" et la certitude " que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu." (Rm 8,16.28)

Les deux mystères suivants (Assomption et Couronnement de la Vierge) ne sont plus empruntés aux récits de l'Ecriture, mais à la tradition chrétienne. La parole de Dieu est la source de notre foi, mais nous ne devons pas oublier que la "parole de Dieu" n'est pas seulement la parole écrite, elle est aussi la parole vivante, annoncée par ceux qui avaient reçu mission "d'enseigner toutes les nations ... jusqu'à la fin du monde." (Mt 28,19-20). C'est d'après cette tradition que l'Eglise raconte la fin de la vie de Marie. 

Après le départ de son Fils, sa vie a certainement été remplie d'un silence, d'une présence indicible et, en même temps, d'une indicible absence à la terre. Nous ne savons pas combien de temps s'écoula encore, peut-être un temps très long, car elle avait à peine cinquante ans lorsque le Seigneur mourut. Comment exprimer le mystère de ce temps qu'elle passa en la garde du "disciple que Jésus aimait " ? (Jn 19,26-27). Nous dirons peut-être qu'elle ne voulait plus rien, ne désirait plus rien, ne craignait plus rien, et que plus rien ne lui manquait, car tout était accompli.

Lorsque l'Esprit descendit sur les disciples, il les arma pour leur grande mission ; lorsque, à la même heure, il descendit sur Marie, la sienne était déjà accomplie. Sans doute n'aura-t-il rien fait d'autre en elle que de mettre tout en lumière. A partir de ce moment, elle dut vivre dans une lumière inexprimable et dans une inexprimable paix. Sans doute, attendant l'heure où son Fils frapperait à la porte, mais de telle sorte que son attente était déjà un accomplissement. Elle aurait attendu cent ans comme un jour, dans la même paix.

Venues de la pureté de ce silence, ses paroles devaient tomber comme des gouttes de lumière dans le cœur de ceux  qui allaient à elle et voulaient entendre parler de Jésus, et personne, et personne ne peut mesurer ce qui a flué de là pour toujours dans le message sacré. 

L'image que nous offre les dernières années de Marie nous est une promesse et un gage. Elle nous enseigne à ne pas prendre le temps trop au sérieux, car si nous sommes croyants, l'éternité vit déjà en nous. Elle nous dit encore que nous ne devons pas estimer au-dessus de leur valeur les misères de la terre, "car les souffrances du temps présent sont sans proportion avec la gloire à venir qui sera manifestée en nous " (Rom 8,18). 

Et aussi que nous devons prier Dieu de bien vouloir nous faire comprendre que l'éternité est déjà là, incluse dans le temps.  

+ R.G

 

 

 

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