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supplication

  • conversions, réconciliation et purification de la mémoire (3)

    Suite des deux posts précédents.

    Je retranscris ici un enseignement oral (enregistré) donné par le Père Marie-Dominique Molinié (dominicain).

    Il a écrit plusieurs ouvrages dont : " Le courage d'avoir peur" et " Je choisis tout".

    [mes commentaires figurent entre crochets et en italique

     

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     Voyez l'usage des sacrements. Pour commencer je peux vous proposer de demander cette grâce d'essayer de promettre l'attitude qui en résulte [voir poste précédent] pour chaque confession.

    Chaque fois que vous recevez "ce nouveau baptême" [c'est une comparaison car le baptême est un sacrement qu'on reçoit qu'une seule fois, mais la confession renouvelle en quelque sorte la grâce du baptême] Est-ce que vous recevez le sacrement de pénitence comme un baptême ? Dans la foi, le sacrement de pénitence devrait être comme un nouveau baptême. Il faut qu'il y ait une espèce de regret à la base. Et on sort de ce réalisme chrétien si on essaye de se dispenser de ce regret. Et de ce regret qui va loin, qui est très douloureux, faites attention ! Je ne vous dispense pas du regret, surtout le regret de freiner, de ralentir, de vous attarder, de vous apesantir sur vous-mêmes alors que le Souffle (l'Esprit Saint) est là qui pourrait vous emporter si loin et si vite ! Alors regrettons ! regrettons ! mais de plus en plus [M.D Molinié parle du regret que nous éprouvons face à notre résistance à la grâce, à tous nos refus d'une réelle conversion. Voir les posts précédents] !  car plus nous regrettons, plus immédiatement nous renaissons, en nous plongeant  dans le sang du Christ  et alors cela ce n'est pas seulement le sacrement de pénitence qui peut le faire c'est l'Eucharistie. Il faut que je vous rappelle cet enseignement traditionnel de l'Eglise : l'Eucharistie a tout ce qu'il faut pour accomplir les effets de tous les sacrements y compris le sacrement de pénitence, par conséquent y compris le pouvoir d'effacer les péchés mortels. De telle sorte que, si quelqu'un, de bonne foi, et  n'étant pas en état de grâce (mais ne le sachant pas, car il n' a pas moyen de le savoir) mais de bonne foi (ou n'ayant pas appris qu'il fallait se confesser parce qu'on n'a pas su le lui dire ) communie avec une intention droite, l'eucharistie, parce que c'est le sang du Christ qui pénètre en lui, efface ses péchés mortels et lui redonne la vie de la grâce, tout comme le sacrement de pénitence. Alors bien entendu, à éviter [ce qui est à éviter - semble dire M.D Molinié c'est la communion eucharistique sans le préalable du sacrement de pénitence-réconciliation] . Et l'eucharistie a la puissance d'effacer les péchés véniels.  Parmi les moyens d'effacer les péchés véniels autre que le sacrement de pénitence, l'Eucharistie est le premier, avant le Notre-Père, avant le Confiteor, avant l'acte de charité, toutes choses qui suffisent pour effacer les péchés véniels donc à nous per-mettre-de-les-ou-blier ! Non pas les oublier pour mieux recommencer ! Je suppose que vous comprenez ce que je veux dire. Les oublier pour mieux penser à Dieu !  Puis à la joie d'être sauvé car c'est toujours de là qu'il faut partir. [sauvé en espérance, car notre salut n'est pas une certitude de foi mais objet d'espérance] De la joie d'être sauvé, sinon vous ne ferez rien de bon en vie spirituelle. Le regret doit être immédiatement donné dans le sang du Christ, c'est la matière du sacrement. Alors, entre temps, il peut y avoir des rechutes. Je vous repète que ce sont les états d'âme dont il ne faut pas se souvenir. Surtout. Ce ne sont pas les souvenirs du passé qu'il faut oublier, comprenez-moi bien. Et alors ? Et alors pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? La communion a lieu une fois par jour parce qu'il faut bien qu'on vive, qu'on fasse autre chose ! [on ne peut pas passer toute la journée à communier veut dire le Père Molinié] Mais l'Eglise voudrait bien ne pas cesser de communier et elle ne cesse pas de communier. L'adoration eucharistique c'est la manifestation extérieure et publique de la part de l'Eglise, de son désir que la messe dure toujours et que, par conséquent que la conversion n'arrête pas ! Mais ce qui peut ne jamais cesser non plus c'est le regret fécond et positif suivi d'une conversion et d'un point de départ à zéro qui peut arriver à devenir aussi permanent que la faute : c'est ça ce qui s'appelle la sainteté : "mon Dieu ayez pitié de moi, mon Dieu j'ai confiance en vous, mon Dieu merci... mon Dieu ayez pitié de moi, mon Dieu j'ai confiance en vous, mon Dieu merci. Mon Dieu ayez......." Une âme religieuse plante sa tente dans cette attitude. Voilà le fond de l'affaire c'est que ce désordre (mon Dieu ayez pitié..) eh bien Dieu peut tirer le bien d'un mal ! [cette formule peut choquer, elle aurait besoin d'une explication, d'un développement] Il faut que ce désordre soit le moteur de notre conversion perpétuelle, par le regret. Ce qu'il y a de plus opposé à cette attitude c'est la tentation de construire sa vie spirituelle, pierre après pierre, étage après étage ! Non ! La sainteté ça ressemble à la ré-éducation de ceux qui doivent apprendre à respirer de nouveau parce qu'ils se sont noyés et à qui ont fait la respiration artificielle et lentement, lentement, lentement ça revient. Ceux-là ils ne construisent rien. Ils font un premier mouvement et, après ce premier mouvement ils refont le même mouvement. Il n'y a plus qu'à recommencer. Et ce sera toujours à refaire. Et précisément une des résistances les plus lourdes que nous opposons à l'amour de Dieu c'est cette obstination avec laquelle nous voudrions pouvoir nous dire : cette fois et depuis 5 ans je commence tout de même à faire quelque chose pour l'amour de Dieu [regard en arrière et auto satisfaction !!!]  : nous interrompons le mouvement ! Le saint est celui qui découvre qu'il n'a encore rien demandé ! Alors il se dit : je vais m'y mettre et il prend encore conscience qu'il n'a toujours rien demandé etc... un mouvement permanent où Dieu agit et va de plus en plus vite. Mais on ne s'installe pas dans la supplication perpétuelle. C'est un mouvement, un mouvement de conversion permanent, en suppliant de plus en plus souvent [jusqu'à 80 000 tours minute...: c'est à peu près le régime de la sainteté !] et à l'aide des sacrements [réconciliation-eucharistie] qui sont des temps forts qui rythment le mouvement, et les sacramentaux aussi.

                                           fin de cette conférence.

     

                                            père M.D Molinié, o.p

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Puisons à la Source Jaillissante de Vie

    On peut lire l'Ecriture pendant l'oraison, parce que c'est la parole de Dieu ; il faudrait du reste avoir toujours l'Evangile avec soi, pour le lire un peu quand, de fait, c'est plus difficile. Mais si on peut répéter intérieurement certaines paroles de Jésus : "Donne-moi à boire", "j'ai soif", "si tu savais le don de Dieu", "voici l'Agneau de Dieu", "Demeurez en moi et moi en vous", c'est mieux que de lire ; ces paroles s'inscrivent alors dans notre coeur, elles sortent des profondeurs de notre coeur et nous font entrer dans ce contact direct avec Jésus, ce contact personnel avec l'époux, qu'est l'oraison. Jésus époux veut et réclame de nous cette intimité profonde, parce qu'il veut nous communiquer ses secrets. Le propre de l'Epoux est de communiquer ses secrets à l'épouse ; et les secrets de l'Epoux, c'est la parole qu'il nous adresse comme une parole d'amour qui doit s'inscrire au plus intime de notre coeur et le transformer.

    La rencontre avec la Samaritaine nous montre donc admirablement comment nous devons répondre à l'appel de l'Epoux. La rencontre de Jésus avec le fonctionnaire royal de Capharnaüm  nous fait comprendre comment nous devons exposer à Jésus Epoux les désirs les plus profonds de notre coeur. Nous devons lui dire nos angoisses, nous devons le supplier de nous redonner vie et de nous donner la possibilité de vivre tout proches de lui. L'Eglise insiste aujourd'hui sur la prière de demande pour que nous entrions dans cette pauvreté. Ne pensons pas qu'exposer les désirs de notre coeur ne fait pas partie de l'oraison. Evidemment, il ne s'agit pas de faire une litanie de nos désirs (ou des désirs de ceux que nous aimons), que nous écririons pour la débiter pendant une demi-heure... Non, cela ne ferait pas partie de l'oraison. Ce qui en fait partie, ce sont les désirs profonds qui nous font supplier Jésus de nous donner une nouvelle vie. L'Epoux donne une vie nouvelle, il ressuscite les morts : voilà ce que fait l'oraison.

    Marie-Dominique Philippe - Suivre l'Agneau t.2 -Ed. St Paul 1999. pp 210-211

    ISBN : 2 85049 781 9

    Les ouvrages ainsi que les conférences  de Marie-Dominique Philippe sont disponibles à Notre-Dame de Rimont (71390 Fley. Site internet : www.stjean.com)