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Lectio divina (2)

La table est dressée pour toi : le Livre est écrit pour toi. (...) Voilà précisément la différence fondamentale entre ce Livre-là et tous les autres. Ce Livre-là est tout spécialement écrit pour moi, et tout entier ! Il m'est, il t'est adressé à toi en particulier.

(...)

Il faut absolument acquérir et entretenir en nous, pour parvenir à la véritable lectio divina, une mentalité de destinataire, c'est-à-dire être bien persuadé que l'Ecriture nous est personnellement adressée. Tant qu'une telle persuasion ne s'est pas développée en nous, il n'y a pas de vraie lectio divina, ou celle-ci ne se dégage pas encore vraiment d'une lecture profane. La lectio divina en effet, comme la réception des sacrements, comme l'oraison mentale, quoique d'une façon qui lui est spécifique, est le lieu d'une rencontre personnelle avec "Celui-qui-te-parle" (Jn 4, 26 ; 9,37). A la lecture livresque, superficielle, doit alors se substituer une lecture-contact, une lecture-rencontre.  (...)

Le Seigneur nous ouvre chaque matin le jardin de ses Ecritures et une voix intérieure nous y crie, comme à Augustin dans le jardin de Cassiciacum : " Prends, lis ! Prends, lis !" Bien mieux encore que saint Benoît au Prologue de sa Règle, le Seigneur peut nous dire : " Ad te ergo nunc mihi sermo dirigitur..." Il quête de nous un regard d'attention : " C'est à toi que Je parle".

"Ecrit pour moi", cela veut dire encore que je suis la matière du livre ; il me raconte ma propre histoire, depuis ma genèse jusqu'à mon apocalypse. Abraham, Moïse, David, les prophètes et les apôtres me sont, après tout, plus contemporains que les grands noms de l'actualité, car je ne fais qu'apercevoir ces noms dans les journaux, tandis que pour les premiers, je vis chaque jour avec eux et je lis dans leur histoire éternellement neuve et vraie, l'histoire de ma vocation, de mon péché, de mon repentir.

"Ecrit pour moi", cela veut dire enfin que Dieu a pris la peine d'user d'un langage qui me fût accessible.

Au début de son ministère public, Jésus entra dans la synagogue de Nazareth et on lui présenta, à lui aussi, le "rouleau du livre". Jésus nous a donné alors une magistrale leçon de lectio divina : tout d'abord par la gravité et la majesté de ses gestes sur lesquels le récit évangélique s'arrête avec une complaisance manifeste (Lc 4, 17 et 20). Pour chacun de nous comme pour Jésus, l'ouverture et la fermeture de la Megillah, du rouleau, doivent être des actes solennels. Mais remarquons surtout le commentaire que fait immédiatement Jésus du passage qu'il vient de lire :

"Aujourd'hui s'accomplit à vos oreilles ce passage de l'Ecriture" (Lc 4,21)

Jésus avait pleinement conscience de ce que la prophétie d'Isaïe trouvait aujourd'hui en lui son accomplissement pour ceux qui l'écoutaient ; et auparavant, en lisant lui-même le texte, il avait eu nettement conscience de ce qu'il s'accomplissait pour lui. Ainsi en va-t-il pour nous chaque fois que nous ouvrons l'Ecriture ; chaque matin, à l'heure festive de la lectio divina, nous devons avoir la certitude qu'aujourd'hui ce passage de l'Ecriture s'accomplit pour nous en Jésus Christ, qu'il n'est pas un seul mot de ce que nous lisons qui ne soit écrit pour nous. (...)

 

  François Cassingena-Tréverdy - Quand la Parole prend feu -

   Ed Abbaye de Bellefontaine 1999/2002

   ISBN 978-2-85589-086-9

 

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