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  • Confession ou psychanalyse (3)

    Je poursuis la retranscription de la conférence du Père Varillon. Si vous n'avez pas suivi depuis le début, je ne peux que vous inviter à lire "Confession ou psychanalyse" 1 et 2.

     

    Vous comprenez bien que de nos jours, nous connaissons mieux qu'autrefois la part de la subjectivité et de tout ses conditionnements. Tous ses conditionnements que  précisément, à la suite de Freud, la psychnalyse étudie.  Aujourd'hui, nous savons beaucoup mieux qu'autrefois que l'homme n'est pas seulement nature, mais histoire. Il n'est pas seulement ce qu'il est : nature, nature humaine, mais histoire, dynamisme, en mouvement. En marche. En marche vers des valeurs que l'on ne peut pas atteindre d'un seul coup.

    Et c'est pourquoi nous sommes beaucoup plus sensibilisés qu'autrefois à l'orientation d'une vie. L'orientation, c'est cela qui est intéressant. Comment une vie est-elle orientée ? Est-ce qu'elle est orientée vers le triomphe des valeurs : justice, liberté, fraternité...? C'est à cela que l'homme moderne s'intéresse,  beaucoup plus qu'à une nomenclature d'actes envisagés isolément, à part de la trame vitale dont ils font partie.

    C'est l'orientation d'une vie qui importe.

    Etes-vous dans la bonne direction ? Marchez-vous d'un pas alègre vers cette bonne direction ? Et qu'en cours de route il y ait des chutes, des faux pas :  ça n'a pas tellement d'importance.  C'est l'orientation qui importe.

    Et d'autre part, nous avons appris, grâce aux travaux de la psychologie et de la psychanalyse, nous avons appris à ne pas être "chosistes" : nos actes ne sont pas des choses.

    Nous avons appris à considérer chacune de nos décisions ou de nos actions  comme ayant sa part de valeur et de non-valeur. Autrement dit, dans chacune de nos actions, il y a une part de lumière et une part de ténèbre. Nous ne croyons plus qu'il y ait des actes purement lumineux et des actes purement ténébreux. Nous répugnons, toujours grâce aux travaux de la psychologie et de la psychanalyse, à classifier systématiquement les actes humains dans des catégories sans nuances d'actes bons ou d'actes mauvais. Nous hésitons à dire : ceci est un péché, cela n'en est pas un. Nous disons beaucoup plus volontiers : dans tel acte il y a du péché, des éléments de péché, ou, comme dit très bien Claudel "une température continuelle de péché", même dans nos actes les meilleurs et les plus généreux. Et réciproquement :  aucun de nos péchés n'est purement péché.

    Dans tout acte vertueux il y a une température de péché : le repli sur soi, l'égoïsme, le fait de se mettre en avant, et à l'inverse, aucun péché n'est purement péché. Dans tout péché il y a une part de valeur. Cela concorde parfaitement avec la doctrine de saint Thomas d'Aquin : il n'y a pas de péché à l'état pur.

    Alors vous comprenez que dans cette optique d'une morale dynamique des valeurs, on ne peut plus juger sa propre conduite à la manière légaliste du pharisien de l'Evangile : il ne trouvait rien à se reprocher. Cet homme (pour qui le Christ s'est montré très sévère) avait réellemnt respecté son code, le code des prescriptions, le code des défenses, c'est un homme qui était pur aux yeux de la Loi et le Christ nous dit qu'à ses yeux, il est foncièrement pécheur.

    Celui qui prend les valeurs comme critère de moralité ne peut plus être pharisien. Mais par contre alors, tout en se sachant pécheur, il risquera de ne rien trouver de précis à accuser en confession selon le code établi. Perpétuellement, j'entends des hommes, des femmes me dire : " faut-il que je me confesse car je ne sais pas quoi vous dire : je ne sais qu'une chose c'est que je suis égoïste dans toute ma vie."

    L'égoïsme est répandu partout. Selon le code très précis des prescriptions et des défenses il n'y a rien de particulier.   [à suivre]

                                                                    Père Varillon