compteur de visite site web

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Les renards ont des terriers

" Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids, mais le Fils de l' Homme n'a pas d'endroit où reposer sa tête" : je disais que cette phrase s'ouvrait aussi sur les perspectives plus mystérieuses d'une condition  librement choisie. Refusé par les siens, rejeté par Jérusalem, Jésus ne trouvera chez les hommes, au lieu de repos, que la Croix. Mais nous affirmons que de cette tragédie, il a tiré une bénédiction : que par son errance d'exclu, il nous a ouvert le chemin vers une demeure qui déborde les horizons de la terre et de la mort. Le Fils de l'homme n'a pas d'endroit où reposer sa tête : pas simplement parce qu'il ne trouve que refus et porte close, mais aussi parce que sa mission l'entraîne à n'avoir nulle part d'arrêt jusqu'à ce qu'il l'ait tout accomplie dans la gloire de son Père.

Avez-vous remarqué le caractère curieux de la parole que nous commentons ? Entre les renards ou les oiseaux qui ont terriers ou nids, et le Fils de l'Homme qui n'a pas d'endroit où reposer sa tête, il y a les hommes tout court, qui, eux, ont des maisons, et c'est justement à eux que s'adresse Jésus. Qu'a-t-il voulu leur dire par sa parole énigmatique ? Que, pour devenir son disciple, il fallait se faire clochard ? (...) Jésus aussi a eu des maisons : à Nazareth longuement ; à Capharnaüm un certain temps ; à Béthanie à l'occasion. Mais il n'en a pas fait un terrier pour y cacher des peurs et éluder sa mission. Pas d'avantage un nid douillet pour y savourer son bonheur en se désintéressant du reste. Telle est la leçon qu'il nous donne. (...)

Il est nécessaire d'avoir un toit, mais sous le toit y aura-t-il un terrier empesté par l'odeur de l'argent par exemple, ou bien un nid garni de duvet tiède, ou alors un espace d'amitié et de liberté où le Fils de l'homme peut aller et venir, entrer, reposer et sortir, conduire les hôtes de la maison chacun vers sa destinée authentique, qui a toujours à faire avec ce qui se passe dans le plein vent du monde.

Et il n'y a probablement pas une mais dix, mais cent manières de répondre à la question  et de faire de sa maison une maison où il ne serait pas hypocrite et malséant d'inscrire en grosses lettres dans le vestibule comme devise : " Souviens-toi que le Fils de l'Homme n'a pas d'endroit où reposer sa tête."

Albert-Marie Besnard - Du neuf et de l'ancien - Cerf 1979. pp 47-49

 

Les commentaires sont fermés.