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jean

  • grillade de poissons au bord du lac

    66. (...) La veille au soir Pierre était passé dire aux Zébédée : " Je reprends la pêche. " Thomas et Nathanaël, venus chez les Zébédée et bien qu'inexperts, s'étaient joints au groupe. Toute la nuit on avait jeté et ramené le lourd filet pour rien. Nathanaël n'en pouvait plus. Thomas s'exaspérait à relever le défi. Pierre, miné dans l'âme, se sentait réprouvé par le ciel. Seuls les Zébédée travaillaient comme à la manoeuvre. A l'aube la barque rentrait, mais quand un bourgeois matinal leur demanda cavalièrement des nouvelles tous répondirent par un grognement. 67. Or le bourgeois insistait : " Essayez sur votre droite." Pierre et Thomas qui étaient aux rames regrognèrent, mais les Zébédée qui tenaient le filet le jetèrent avec la désinvolture des coeurs comblés. Et voici qu'ils ne purent retirer leur filet tant il était plein. Les autres vinrent à l'aide. Jean dit à Pierre dans un murmure : " C'est lui." Pierre qui était nu et suant sortit donc de son enfer : il attrapa son sarrau, s'en fit un pagne qu'il se noua sur les reins et se jeta à l'eau pour aller à Jésus plus vite, tant pis pour la pêche, les camarades se débrouilleront.

    Jésus le renvoya tirer le filet avec les autres et s'occupa de ses braises. Le messie avait de la farine dans ses poches, il la délaya sur une pierre creuse et, les mains pleines de pâte, il attrapait au bord du feu des galets brûlants qui lui cuisaient des petites coupoles de pain dans les paumes.

    Les pêcheurs arrivaient. Ils tirèrent sur le rivage le filet qu'ils n'avaient pu remonter dans le bateau. " Apportez de vos poissons ", dit le messie et il en faisait griller. Jean compta les gros poissons du coup 68. de filet : un et deux : trois, et trois : six, et quatre dix (...)

    Une brume était montée des flots avec le jour et baignait le monde d'une vapeur rosâtre. Recrus de fatigue, les cinq disciples vinrent s'asseoir autour du feu et le messie leur servait à manger. On le reconnaissait bien et pourtant il avait un drôle d'air, comme s'il était quelqu'un d'autre. Mais personne n'osait lui poser de questions de peur de rompre le charme. (...)

    Jean Grosjean - Le Messie - Gallimard 1974 

     

  • Au départ il y a eu Ephèse

    (...) Nous avons jusqu'ici regardé le premier chapitre de l'Evangile de saint Jean. Il reste donc encore beaucoup à découvrir. Il faudrait continuer cette lecture de l'Evangile selon saint Jean jusqu'au bout et ensuite, regarder la première épître [de Jean] et l'Apocalypse (puisqu'il faut regarder l'Apocalypse dans la lumière de l'Evangile de Jean). Si on faisait cela, on pourrait renouveler toute la théologie, car toute la théologie doit être renouvelée à travers Jean. N'est-ce pas précisément ce que Vatican II réclame de nous ? Il nous faut reprendre tout dans la lumière johannique, et c'est peut-être le rôle très particulier de la France - c'est pour cela qu'elle est tellement secouée - puisque le premier évêque de Lyon, saint Irénée, était disciple de saint Polycarpe, lui-même disciple de saint Jean. Il est important de regarder ces choses-là, car cela montre que nous sommes reliés à Jean d'une manière très particulière. Au point de départ il y a eu Ephèse, l'Eglise de Jean, qui est l'Eglise de la ferveur (cf. Ap 2,4). Mais l'Eglise de Jean ne doit-elle pas demeurer jusqu'au retour du Christ ? "S'il me plaît qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe ?"...

    M-D. Philippe - Suivre l'Agneau - Ed Saint Paul 2005 p. 231 - ISBN : 2-35117-001-6