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Marie, femme de la chambre haute

Texte extrait du livre de Tonino Bello : " Marie, femme de nos jours " édité par Médiaspaul 1998 (ISBN 2-7122-0688-6). Mgr Tonino Bello (1935-1993), évêque de Molfetta, dans les Pouilles, fut président du Mouvement Pax Christi d'Italie. Livre traduit de l'italien par Maria Malinowski et ses amis.

 

115 Icône. Par ce terme, on désigne les images sacrées peintes sur bois, que les Orientaux vénèrent avec une dévotion particulière. Enveloppées de lumière, elles renferment une étincelle de mystère divin. C'est pour cela justement que quelqu'un les a définies comme les fenêtres du temps, ouvertes dur l'éternité.

Icône. Par ce terme, peut-être à cause de la netteté des traits qu'on emploie pour leur esquisse, on désigne aujourd'hui les scènes bibliques qui renferment un message important de salut, avec la force immédiate des images.

Eh bien, le premier chapitre des Actes enregistre une de ces icônes d'une splendeur extraordinaire, lorsqu'il dit qu'après l'Ascension, les apôtres, qui attendaient l'Esprit Saint, montèrent à la chambre haute, où ils se tenaient habituellement (Ac 1,13). Et il y avait aussi avec eux Marie, la mère de Jésus.

C'est le dernier épisode biblique où l'on voit apparaître Marie. Elle se soustrait définitivement de la sorte, aux feux de la rampe. Du haut de cet emplacement. De l'étage supérieur. Comme pour nous indiquer les niveaux spirituels sur lesquels  doit se dérouler l'existence de chaque chrétien.

En vérité, toute la vie de Marie s'est développée, pour ainsi dire, à haute altitude.

Non pas qu'elle ait méprisé le domicile des pauvres gens. Bien au contraire. Les femmes des bergers échangeaient avec elle des laines et des fromages contre un drap cousu de ses mains. Ses voisines 116 ne s'aperçurent jamais du mystère caché dans cette vie apparemment si simple. Les paysannes de Nazareth ne firent pas non plus avec elle l'expérience de cette distance avec laquelle souvent celui qui fait carrière mortifie ses amis d'autrefois. Elles allaient au marché ensemble. Elle marchandait comme elles. Elle sortait avec les autres dans la rue, après les averses de l'été, pour endiguer les torrents de pluie. Et, les soirs de mai, sa voix résonnait dans la cour, jointe aux chœurs des anciennes mélopées orientales, mais sans dépasser les autres.

Bref, Marie, même consciente de son extraordinaire destin, n'a jamais voulu vivre dans les beaux quartiers. Elle ne s'est jamais élevée sur un piédestal de gloire. Elle a toujours refusé les pinacles qui l'auraient privée de la joie de vivre au même niveau que les gens communs.

Toutefois elle s'est certainement réservée un très haut observatoire d'où elle pouvait contempler non seulement le sens ultime de son aventure humaine, mais aussi les longues trajectoires de la tendresse de Dieu. (...)

Sainte Marie, femme de la chambre haute, splendide icône de l’Église, tu avais déjà vécu ta propre Pentecôte au moment de l'annonce de l'Ange, quand l'Esprit Saint descendit sur toi et que la puissance du Très-Haut étendit sur toi son ombre (...)

Donne à l’Église l'ivresse des hauteurs, la patience du long terme. (...) Préserve-la de la tristesse de s'enliser, sans issue, dans les périmètres étroits du quotidien. Fais-lui regarder l'histoire selon les perspectives du Royaume.

Sainte Marie, femme de la chambre haute, aide les pasteurs de l’Église à habiter ces régions élevées de l'esprit (...). Attendris leur esprit pour qu'ils sachent dépasser la froideur d'un droit sans charité, d'un syllogisme sans fantaisie, d'un projet sans passion, d'un rite sans illumination, d'une procédure sans génie, d'un logos sans sophia. (...)

Sainte Marie, femme de la chambre haute, fais-nous contempler de ta fenêtre les mystères joyeux, douloureux et glorieux de la vie (...) ce n'est qu'à cette hauteur que le succès ne donnera pas le vertige, et à ce niveau seulement les défaites nous empêcheront de nous laisser précipiter dans le vide (...) 

 

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