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paradoxes 24

Il fut et il demeure  indispensable, contre les illusions d'un apostolat en l'air, faussement surnaturel, aussi bien que contre le pharisaïsme des privilégiés, d'insister sur les conditions économiques et sociales sans lesquelles il serait vain de prêcher à la masse la pratique des vertus chrétiennes. Plus profondément, il est bon de réagir contre certaines structures sociales qui déshumanisantes, sont les ennemies naturelles de toute foi.  - Mais qu'on ne pense point que la foi et les vertus chrétiennes fleuriront automatiquement dans une société dont ces obstacles seraient écartés ! Un germe vivace fructifie dans le sol le plus ingrat, et, sans semence, le meilleur terrain sera toujours stérile. La question du germe sera donc toujours la question essentielle. Le problème religieux, partout et toujours, est essentiellement un problème d'ordre spirituel. Les causes profondes de déchristianisation et les facteurs profonds de rechristianisation seront toujours d'ordre spirituel. 

C'est quand le germe spirituel perd de sa vigueur, quand le principe religieux se dérobe, que la théorie marxiste de religion devient vraie. Aux époques de moindre vitalité religieuse, même si la religion tient en surface une place importante, elle est plus vraie que toute autre. La vie spirituelle est une création continue : dans la mesure où elle fléchit, les explications matérialistes ont raison contre elle. 

 

Henri de Lubac - Paradoxes - Cerf 2007

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