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Marthe Robin

  • O Mère bien Aimée - Prière de Marthe Robin

    O Mère bien Aimée, vous qui connaissez si bien les voies de la sainteté et de l'amour, apprenez-nous à élever souvent notre esprit et notre cœur vers la Trinité, à fixer sur Elle notre respectueuse et affectueuse attention. Et puisque vous cheminez avec nous sur le chemin de la vie éternelle, ne demeurez pas étrangère aux faibles pèlerins que votre charité veut bien recueillir ; tournez vers nous vos regards miséricordieux, attirez nous dans vos clartés, inondez-nous de vos douceurs, emportez-nous dans la lumière et dans l'amour ; emportez-nous toujours plus loin et très haut dans les splendeurs des cieux.

    Que rien ne puisse jamais troubler notre paix, ni nous faire sortir de la pensée de Dieu, mais que chaque minute nous emporte plus avant dans les profondeurs de l'auguste mystère, jusqu'au jour où notre âme pleinement épanouie aux illuminations de l'union divine, verra toutes choses dans l'éternel Amour et dans l'Unité.

    Ainsi soit-il

    Marthe Robin 

  • Jean Guitton parle de Marthe Robin

    (...) [30] Je passe maintenant, si vous le permettez, à un second aspect, qui est plus important.

    Cette petite paysanne [M.Robin] est une femme supérieure. Cela m'a frappé dès notre première rencontre, et plus encore à ma seconde visite. La maladie a concentré Marthe. Il faut que je vous rappelle un détail que j'avais omis : c'est que Marthe ne dort pas. Elle pense donc, sans arrêt. Elle est un cerveau - peut-être un des cerveaux les plus exercés de notre planète. Elle n'est que cerveau, mais c'est un cerveau réfléchi. Quand je dis qu'elle "réfléchit" ou qu'elle "médite", je prends ce mot dans le sens le plus originel. La [31] plupart d'entre nous disent qu'ils réfléchissent ou qu'ils pensent, ou encore qu'ils prient, mais leur pensée est un vague rêve ; leur prière n'est pas une méditation : c'est un ronronnement. Marthe approfondissait. Et cette petite paysanne française a longuement réfléchi aux moyens qu'elle pouvait avoir, malgré son immobilité, d'agir sur la planète.

    Alors, elle a compris qu'elle ne pouvait pas être seule, qu'elle avait besoin d'un compagnon qui lui apporterait non pas tant un secours matériel que la culture, qu'elle n'avait pas. Par cet ange, elle a pu acquérir, peu à peu un langage remarquable par sa netteté, sa fermeté, sa densité, son exactitude.

    Je vais vous étonner : savez-vous à qui je pense quand je suis avec elle ? J'ose à peine le dire ; je pense à Pascal. Elle est un esprit du même type, avec plus de simplicité. Ce qu'elle dit est net de contours, sobre, juste ; frappé. 

    Avec cela, une mémoire d'éléphant sur les petits détails. Et toujours ce qu'en France nous appelons "l 'esprit", et qui n'est pas amer, mais épicé d'humour et d'enjouement. 

    Marthe a une extrême défiance pour ce qu'on peut appeler le "merveilleux". Et pourtant ce merveilleux pousse autour d'elle comme une herbe folle, qu'elle voudrait couper. Elle ne peut l'empêcher de pousser : ceux qui sont autour d'elle cultivent cette ivraie.

    Mais à mon point de vue, le merveilleux chez Marthe est précisément qu'il n'y a pas de "merveilleux", au sens propre du terme. Ou plutôt, je puis, comme le conseille Husserl, mettre ce "merveilleux" entre parenthèses. Je ne retiens chez Marthe que sa pensée. Or, celle-ci est raisonnable. Elle est ingénieuse ; elle est efficace ; elle cherche le vrai bien des [32] hommes

    Jean Guitton - Portrait de Marthe Robin - Grasset, 1985