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Tu veux prier mais tu ne sais pas trop comment faire : un chemin sûr (1)

"Le monde est en feu ! Ce n'est pas le moment de traiter avec Dieu d'affaires de peu d'importance" Ste Thérèse d'Avila. 

Cette parole traverse les siècles et nous percute aujourd'hui alors que  le monde et l'institution "église" vacillent. Où allons-nous ? Sommes-nous embarqués sur le titanic ? 

Écoutons encore Thérèse :

"Que rien ne te trouble

que rien ne t'effraie

tout passe,

Dieu ne change pas,

la patience obtient tout ;

celui qui possède Dieu

ne manque de rien :

Dieu seul suffit."

Mais pour trouver Dieu, faut-il encore avoir de "grands désirs" et trouver le bon chemin.  Beaucoup de livres paraissent chaque année sur la prière, la méditation (la méditation de pleine conscience est très en vogue). Mais le chrétien ne prie pas d'abord pour trouver le vide en soi mais pour rencontrer le Christ. L'oraison nous dispose à cette rencontre qui débouchera sur une amitié divine appelée à croître infiniment. Thérèse d'Avila (1515-1582) a rédigé un vrai guide pour nous aider à prier, à faire oraison. Ce petit livre est une merveille et s'intitule : "Le Chemin de perfection". Avec son autobiographie (La Vida), c'est  une bonne porte d'entrée dans l'oeuvre théresienne. Mais pour être à l'aise avec le texte de sainte Thérèse il est préférable d'être accompagné. C'est pour cette raison que je vous livre mes notes de lecture du livre "En chemin avec Thérèse d'Avila" de Luc-Marie Perrier, paru en 2013 aux Editions du Carmel. L'auteur est carme et pédagogue remarquable. Je vous invite, si vous avez le temps" à le lire. Ainsi vous pourrez aborder sans difficulté "Le chemin de perfection" et marcher sur ce Camino aux côtés de Thérèse, jusqu'au eaux vives du Salut. 

 

 

 

EN CHEMIN AVEC THERESE D'AVILA
De Luc-Marie Perrier ocd 
Éditions du Carmel 2013
notes de lecture
 
 
[important > la référence C 1, 5 renvoie à  Chemin de Perfection chapitre 1 paragraphe 5]
 
Chapitres 1-3 : Pourquoi est-il utile et nécessaire de s'adonner à l'oraison 
Chapitres 4-21: pré requis > réformer sa vie selon l’Évangile 
Chapitres 22-42 : la pratique de l'oraison et ses finalités 
 
POURQUOI FAIRE ORAISON ? 
 
Je me prends à rire, mais je m'attriste aussi, quand je vois des personnes qui viennent nous charger de prier Dieu pour leur obtenir de Sa Majesté des rentes et de l'argent C 1,5
 
Le monde est en feu !... Non mes sœurs, non, ce n'est point l'heure de traiter avec Dieu d'affaires de peu d'importance. C 1,5
 
PRÉ REQUIS 
 
  • Conscience libre
 
La mise à distance est une nécessité. Le guide [spirituel] ne doit pas être invasif dans la conscience de l'accompagné pas plus qu'il ne doit l'être dans son affectivité. Il doit s'intéresser exclusivement au bien de l'âme et de cette relation à Dieu qu'il sert, qu'il promeut. C'est une tentation permanente pour un guide spirituel d'attirer son disciple vers lui, tant par la séduction, les attentes et les exigences de fidélité que par le contenu des entretiens qu'il oriente vers ses propres centres d'intérêt : préoccupations particulières et passions de tous ordres. (...) C'est principalement à la personne accompagnée d'apprécier tous ces éléments quelles que soient les bonnes dispositions de celui qui accompagne (...) À tout moment elle doit pouvoir décider de s'en aller parce qu'elle ne s'y retrouve pas ou plus.  
 
  • Formation solide 
 
La science est chose très importante pour donner lumière en tout. C 5,2
 
Thérèse ne veut pas que la vie contemplative soit un refuge pour l'ignorance et nourrisse une forme d'anti-intellectualisme. (...) Thérèse connaît les grands théologiens d'Avila. Elle aime les entendre. (...) Il est périlleux de prendre pour argent comptant les affirmations d'un prêtre, d'une religieuse, d'un religieux, sous prétexte qu'ils sont des autorités ecclésiales. (...) L'esprit critique est de mise (...) particulièrement lorsqu'un dilemme de conscience ne trouve pas d'issue.  
 
  • Avoir du jugement 
 
Selon la Sainte, une religieuse qui raisonne mal, qui n'a pas de jugement et qui sème la zizanie dans la communauté par ses commentaires dépourvus de bon sens ne peut être admise à la profession. Thérèse ira jusqu'à dire qu'il vaut mieux une personne remplie d'imperfections mais capable de discuter et d'argumenter sainement qu'une personne zélée (...) mais qui interprète tout de travers et trouble sans cesse l'entourage.  voir C 14,2
Il apparaît difficile de former une religieuse qui ne peut pas comprendre les rouages de la vie spirituelle, les éléments indispensables au bon discernement, les enjeux d'une conversion personnelle et les chemins qui y conduisent. (...) La formation appelle une structure mentale saine qui soit le socle et la bonne terre de la grâce divine.
 
  • Un engagement vrai et entier pour une vie d'oraison
 
Thérèse connaît très bien la raison profonde pour laquelle certaines personnes cherchent à être admises dans une communauté, en dépit de leur absence de dispositions et de leur peu de vocation : le placement social. (...) Le phénomène est bien compréhensible en Vieille Castille à l'époque de Thérèse où règne une grande pauvreté. voir C 14,1 et 14,3
 
Il est pour ceux qui veulent suivre le chemin de l'oraison d'une importance extrême, et même capitale, de prendre la résolution ferme et énergique de ne point cesser de marcher qu'ils ne soient arrivés à la source de vie. Ainsi donc, qu'ils avancent malgré toutes les difficultés, malgré tous les obstacles, malgré tous les travaux et malgré tous les murmures ; que leur ambition soit d'atteindre le but.  C  21,2
 
C'est éminemment très vrai dans la société fortement religieuse de Thérèse où l'oraison est considérée comme une voie dangereuse réservée à des illuminés, une voie hasardeuse qui conduit tout droit à l'illusion spirituelle et finalement à l' hérésie. voir C 21,2
 
Celui qui viendra vous dire qu'il y a à cela quelque danger, regardez-le comme étant lui-même un danger pour vous et fuyez-le. N'oubliez pas ce conseil ; peut-être vous sera-t-il utile. C 21,7
 
Le Malin laisse tranquilles ceux qui s'enferment sur l'horizon de ce monde dont il est le Prince. Il a l'art d'endormir la conscience humaine, de la distraire pour qu'elle tourne le dos à la transcendance, à celui qui seul peut apporter le vrai bonheur. voir C 40,6 
 
Le tentateur ne cherche rien d'autre que notre démission. (...) La plupart de nos chutes sont liées à notre fatalisme, à nos abdications et nos désertions. Le démon aime nous voir battus d'avance, résignés, afin que nous jetions l'éponge avant même de nous être engagés dans le combat. Dieu est-il notre allié ? Est-il pour nous ou bien contre nous ? S'il est pour nous, rien ne doit pouvoir nous empêcher de tracer la route pour relever les défis de la vie spirituelle. La chose est capitale dans la doctrine de la Sainte.  voir C 16,12.
 
Nul ne peut s'élancer vers le Christ s'il néglige une vie de prière assidue, quotidienne et fidèle. 
 
  • 4 raisons d'être fidèle à l'oraison 
 
  1. La persévérance dans l'oraison est une justice due à la fidélité de Dieu. Jamais il ne nous a abandonnés. (...) Au regard d'un tel zèle, ne devons-nous pas lui offrir au quotidien ce que nous sommes, un peu de présence à sa présence ? (...) Pour la Sainte c'est la moindre des choses, à moins de nous moquer de lui.  voir C 23,1
  2. L'exposition constante au Seigneur dans l'oraison nous protège du tentateur. Elle construit un rempart autour de nous.  voir C 23,4 
  3. L'oraison nous communique la force de Dieu dans le combat spirituel.  (...) L'oraison est comparable au goutte à goutte d'une perfusion qui nous remplit d'énergie et nous approvisionne de lumière et d'amour pour rester fermes dans notre obéissance à Dieu.  voir C 38,2
  4. Pratiquée chaque jour, l'oraison ouvre notre cœur à celui qui est notre vrai nourriture. Elle creuse notre désir, et ce faisant, elle adapte notre capacité de Dieu à la générosité infinie de son amour.  voir C 23,5-6
 
  • Fondement 
Thérèse n'aborde pas cette pratique de l'oraison quotidienne de façon légaliste. (...) L'oraison n'est pas une convocation émanant du commissariat, ni une embauche nécessitant d'aller pointer. Elle est par essence un rendez-vous d'amour. Si la nécessité nous la fait manquer, le Bien-Aimé sait nous attendre sans faire de reproches. (...) Cette présence à Dieu n'est pas un carcan mais un point de repère intangible, une constante qui pose les principes d'un mode de vie ordinaire. Dieu n'est pas pinailleur, quelqu'un qui tient des comptes de manière tatillonne. Si le devoir d'état, la fatigue, l'impuissance, les conditionnements d'une journée nous amènent à ne pas pouvoir faire oraison, cela ne discrédite en rien cette détermination.  voir C 23,3 
Il suffit que la volonté soit dans l'intention de prier dès que possible, sans se mentir à elle-même ni chercher des prétextes. Que notre oui soit oui dans les dédales des contingences de l'existence. Thérèse a trop expérimenté ses atermoiements, les hésitations de ses choix qui n'en finissent pas de se décider. C'est pourquoi, elle demande instamment de trancher dans le vif et d'être résolu à ne plus regarder en arrière, dès lors que nous nous sommes engagés dans cette amitié qui sait parler au Seigneur, et passer du temps en sa compagnie. Sans cela il est impossible de prétendre à quelque progrès que ce soit.  voir C 13,7
 
En conclusion, l'oraison est un bienfait pour l'âme. (...) Thérèse est convaincue de cette fécondité. Nul n'a jamais fait oraison en vain, ne serait-ce qu'un peu de temps. Les fruits de lumière et de force sont toujours là (voir C 20,3). Son appel vibrant à la détermination n'est pas de l'endoctrinement mais le cri d'une femme qui a vu et expérimenté où se trouvait la vie. Elle veut l'offrir à tout le monde par-delà les frontières des cloîtres. Elle exhorte ses sœurs à être apôtres comme elle, à diffuser son message, à glaner les âmes pour qu'elles entrent sur le chemin de l'oraison et ne plus jamais en sortir. Il y va du salut du genre humain. Il y a urgence. 
 
Aussi mes filles, lorsque des personnes viennent s'entretenir avec vous, et que leurs dispositions ou l'amitié vous le permettent, appliquez-vous à leur ôter toute crainte de s'adonner à la recherche d'un bien si précieux. C 20,3
 
 
                        à suivre ...

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